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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

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Articles avec #la sante : un droit pour tous !

Une affaire qui mousse de plus en plus ! Mais est-ce donc une affaire ?

 

Il y a quelques jours l'Obs, dernier rejeton du Nouvel Obs bien réputé autrefois pour certaines de ses petites annonces publiait un article se voulant objectif et honnête, à propos de dérives incroyables et de propos inadmissibles d'une page privée de Facebook intitulée le Divan des Médecins.

 

Depuis on ne peut que constater que cela fait le buzz et quel buzz.

D'autres medias de la presse écrite s'y sont engouffrés sans forcément faire leur propre enquête mais ne faisant qu'un copier-coller de ce qui avait été déjà écrit.

Et puis des radios se sont également engouffrées dans la brèche à l'instar de RTL et cerise sur le gâteau ce midi diffusion au journal de France2 de ce sujet .. ile ne manque plus que BFM et son acolyte TF1!

Que dire !

France Assos Santé, une association ayant pour objectif de défendre « tous les patients » est montée au front vaillamment pour dénoncer ce qu’elle nomme le « Divan Gate  ou quand des médecins exposent et stigmatisent leurs patients sur les réseaux sociaux ».

Cette association relèverait ainsi plusieurs manquements à plusieurs articles du Code de Déontologie Médicale ayant force de loi, du code pénal, et du code de la santé publique.

Je suis moi-même membre de ce groupe privé « Le divan des médecins – L’Ordre du Divan » qui regroupe plus de 11 000 membres.

Ce groupe en toute certitude est privé et nécessite pour y entrer une cooptation voire une présentation par un autre médecin.

Ce groupe a vocation de confronter les différents vécus et aussi de permettre aux uns et aux autres de confronter leurs expériences et cas cliniques et aussi d’exprimer librement certains ras le bol.

Bien sûr certains commentaires sont, comment dire d’une trivialité particulière et bien incompréhensibles de ceux qui ne participent pas de la culture et du jargon de carabin se situant au deuxième voire nième degré !

Mais quand même pour lire régulièrement ce qui y est posté, je dois dire que je n’ai jamais été bien choqué.

Au contraire, certains cas cliniques présentés notamment en dermatologie nécessitant évidemment quelques photos jointes ont été sources comment dire de fmc et m’ont pour ainsi dire appris des choses.

Le ton de cette page est sans ambages, clair.

D’autres posts de cette page relatent les souffrances endurées au quotidien par nombre de médecins, exprimant leur ras-le bol, signifiant un épuisement que d’aucuns veulent bien nommer « burn-out » !

Et alors s’exprime une belle solidarité redonnant du sens au mot si souvent galvaudé de « confraternité ».

Les exemples repris dans l’Obs et les autres média se veulent flagrants de ce qui est innommable dans un pays nourri au politiquement correct : « raciste – homophobe- grossophobe – méprisant des pauvres ! »

Ah ?

On pourrait aussi reconnaître au travers des photos de cas cliniques des patients, car mal floutées.

Pour ma part, ayant vu ces images, je dois dire qu’il faut être bien astucieux pour deviner tel ou tel visage !

Et puis en toute franchise, je crois que nous médecins ne plaçons pas le curseur de ce qui peut paraitre choquant comme le reste de la population.

Il eût été bien que cette association et plus encore les media qui font le buzz s’approchent davantage de la réalité du contenu de l’ensemble des posts des membres de ce groupe plutôt que de vouloir à tout prix sortir deux ou trois commentaires en boucle et les mettre en exergue d’un politiquement correct.

Il semble que deux ou trois membres de ce groupe auraient été gravement choqués par certains commentaires.

Il semble même que l’un de ces médecins ayant ressenti l’outrage ait rapporté ceci : « petit ramassis d’hommes blancs hétéros qui se pensent au-dessus de tout le monde ». Nous y voilà !

Mais quand même pourquoi avant d’ameuter la horde médiatique, n’ont-ils pas ce courage d’exprimer leur gêne, leur ressenti directement ou de signaler un contenu qui leur paraissait non conforme à la déontologie ?

Espérons que des journalistes consciencieux iront explorer tout ce qui a été mis en ligne et ramèneront quelque vérité !

Le divan des médecins doit rester un espace de liberté et je sais que la quasi-totalité de ses membres a toujours eu à cœur de respecter les fondamentaux de la déontologie médicale.

 

 

 

 

 

 

Divanesque ! "Divan Gate ?"

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La presse dite médicale et naturellement par extension dite générale se fendent ce jour d'un article dit de presse.

Elle  indique avec moult moulinets de poignet  que les patients en ALD ont un reste à charge élevé obérant ainsi la qualité de leurs soins !

La dite Haute Autorité de santé en profite et ne manquant pas d'air, se demande si le dispositif ALD a encore du sens !

Je vais dire un gros mot, (maman si tu m’entends encore ? …)

Putain mais pourquoi les laisse -t-on encore s'exprimer ?

Putain mais allons-nous les laisser continuer à nous pendre pour des cons ?

 

Je  croyais que la presse selon Françoise Giroud était le quatrième pouvoir !

Pouvoir doté d’un esprit fin et critique ?

Pouvoir sachant s’appuyer sur la mémoire des faits anciens pour réfléchir à l’avenir à défaut du présent ?

Hélas non, cette presse qui nous abreuve de fausses vérités et/ou d’enfonçages de portes ouvertes, n'est que maquée et ce de manière ostentatoire et irrévencieuse à ceux qui se disant politiques n'en sont que leurs étrons !

ALD : malgré le 100 %, des restes à charge coûteux pour les malades

25.10.2016

In Le généraliste (25-10-3016)CRÉER
UNE ALERTE

Le dispositif ALD est-il efficace ? "Globalement oui", répond l'étude intitulée "Les frais cachés des affections longue durée", présentée mardi et menée parl'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, composé du Collectif interassociatif sur la Santé (CISS), 60 millions de consommateurs et le réseau de soins Santéclair. L'étude souligne cependant que les soins qui ne sont pas pris en charge par l'assurance maladie sont parfois difficiles à assumer pour les malades, malgré la prise en charge à 100 %.

Base de remboursement de l'assurance maladie qui ne correspond pas aux tarifs facturés, médicaments non remboursés, transport, hospitalisation… Le reste à charge moyen d'un patient en ALD en 2013 était de 752 euros par an, avant le remboursement par une complémentaire santé, pour un total de dépenses de 6 300 euros par an. En comparaison, une personne sans ALD a une moyenne de dépenses annuelles de 1 800 euros par an, dont 673 euros de reste à charge. Selon l'étude, le dispositif semble donc bien jouer son rôle, puisque le reste à charge des malades en ALD se rapproche de celui des patients hors ALD, pour des dépenses en moyenne 3,5 fois plus importantes. 

Pour autant, chaque patient ne reçoit pas les mêmes soins et les disparités en termes de reste à charge sont importantes selon la gravité de la maladie. Ainsi, pour le décile enregistrant les plus grosses dépenses de santé, le reste à charge grimpe à 1 700 euros par an et peut atteindre plusieurs milliers d'euros. D'où l'importance, pour un malade en ALD, de bien choisir sa mutuelle.

Des patients pas toujours bien informés

Or, c'est là que le bât blesse : "Le système n'est pas parfait dans la mesure où le malade ne comprend pas toujours le système complexe de l'ALD et a parfois du mal à lire de façon efficace les contrats de complémentaire", explique Marianick Lambert, représentant le Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Résultat, les patients en ALD, dont les parcours professionnels sont heurtés par la maladie et les revenus en baisse, renoncent parfois à certains soins, trop onéreux. 

Laurent Pallot, membre de l'association Aides, a commenté l'étude en rappelant que "seulement 28 % des personnes interrogées ont affirmé avoir été présentes lors de la rédaction du protocole de soins par le médecin traitant. C'est pour cela que le malade ne comprend pas toujours ce qui entre en compte dans le calcul du 100 % ou non", explique-t-il.

Afin d'identifier les principaux postes de restes à charge, l'étude s'est penchée sur quatre ALD : le cancer du sein, le diabète, l'insuffisante rénale chronique et le VIH. Il en ressort que les frais d'hospitalisation figurent à plusieurs reprises parmi les dépenses les plus importantes. Le forfait journalier, la chambre particulière ou encore le transport étant à la charge du patient hospitalisé.

D'autres soins reviennent de manière récurrente dans le calcul des restes à charge. Il s'agit, entre autres, des dépassements d'honoraires, des frais dentaires et optiques, des soins dits "de confort" comme les crèmes hydratantes post-chimio, de la nécessité de consulter un psychologue, un diététicien, un podologue, etc. 

Autant de soins que les patients en ALD négligent parfois, faute d'une bonne complémentaire ou de revenus suffisants.

 

Sidération

devant l’incroyable (non ?) réflexion de celles et ceux qui se prétendent journalistes !

Ah que voilà la belle vérité !

Les patients « bénéficiant » du cent pour cent au titre d’une ALD (affection longue durée au nombre de 30) auraient un Reste A Charge plus élevé et par corollaire un Reste A Vivre plus faible !!! Incroyable non ?

Et dire que cela me paraissant d’une évidence évidente ! Trop forts celles et ceux qui écrivent cela et dit-on bien qui en ont provoqué une étude ! Encore une dite d’enfonçage de portes ouvertes !!!

Grincheux ? peut-être mais quaand même rappelons nous l’istoire !

2004 : la loi instituant à côté de la connerie manifeste de la Déclaration de médecin traiatnt n’ayant d’ailleurs aucune portée opposable et donc juridique, l notion imécile portée par l’homme à la longue mèche de l’euro sybolique !

 2007 : Et puis  les franchises dites sarkozy qui de fait empêchent  toute couverture optimale déversant de fait un ver malfaisant dans la couverture sociale des plus malades !

 Il me semble inutile de s’exclamer plus et de crier ainsi !

 Juste suffit la dénonciation de ces iniques franchises !

Juste suffit la dénonciation de la loi de 2004 !

Mais remarquons simplement que  celui qui disait « le changement c’est maintenant » a dû manger son chapeau pour peu qu’il en ait un jour, porté !

 Il convient n’est-il pas,  d’abroger les lois iniques votées comme un seul homme tant de la ci-devant droite et de la ci-devant gauche !

Abrogation de la loi du 13 août 2004

Abrogation de la loi portant franchises qui pénalisent de fait les malades

Abrogation de la loi Bachelot autrement nommée HPST

Abrogation de la loi Touraine (MST) qui reprend naturellement les autres lois !

 

Après on peut réfléchir !

Et pitié Journalistes faites votre job, ce pour quoi vous vous êtes formés un jour !

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La modernité c’est bien, l’industrialisation aussi mais la connaissance aussi voire surtout !

Je me demande ce matin, l’air un peu taquin, si nos pharmaciens savent encore réaliser des préparations magistrales …et en corollaire si la jeune génération médicale a appris ce genre de choses !

Au hasard me revient une des formules les plus simples à retenir : le soluté de Milian  qui était souvent utilisé (avant bien sûr !) pour les dermatoses des plis :

- vert de méthyle : 0.25g

- violet de gentiane : 0.25

- eau ou alcool à 30° : 100 ml

Tiens je me demande si je ne vais à la prochaine occasion prescrire cette préparation ?

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Ce gouvernement n’est pas formidable, il est juste inconséquent et dogmatique.

J’ai envie de dire au premier ministre Manuel VALLS et à sa ministre des Affaires Sociales et de la Santé : « Pourquoi tant de haine vis-à-vis des médecins que nous sommes ? »

D’un ton péremptoire le premier ministre a déclaré qu’il mettrait de toutes façons en application ce Tiers Payant Généralisé.

Il existe pourtant un moyen pour permettre l'avance des frais qui ne mette pas les médecins sous coupe réglée de l'assurance-maladie.

Il existe pourtant un moyen qui ne fasse que les médecins passent un contrat particulier avec chacune des mutuelles de France, ce qui veut dire au moins 300 mutuelles avec l'incroyable temps nécessaire pour contrôler les remboursements !!

Ce moyen c'est la CARTE D'AVANCE SANTE que certaines mutuelles (MTRL) et certaines banques (CREDIT MUTUEL) proposent déjà à leurs assurés ou clients.

Si le gouvernement pense que le tiers payant est l'arme au retard à l'accès aux soins, il se trompe !

Le retard à l'accès aux soins est lié en premier lieu à cette iniquité de la loi du 13 août 2004 avec soi-disant un médecin traitant (administré) et un soi-disant parcours de soins qui n'a objectivement de sens que de rembourser moins, largement moins les assurés au cas d'un non-respect de cette bizarrerie,

Mais aussi le retard à 'accès aux soins est lié à l'iniquité de cette loi portant la mise en place des franchises médicales Sarkozy en 2007.

Voilà pourquoi en cas d'alternance, la droite a déclaré qu'elle ne reviendrait pas sur la mesure !

Si le gouvernement croit que le tiers-payant généralisé doit absolument passer par les fourches caudines de l'assurance-maladie, c'est que ce gouvernement veut mettre sous cloche les médecins et les faire dépendre du bon vouloir de caisses pour être rémunérés de leur activité en temps et en heure

Si le gouvernement veut que les médecins de ville soient dépendants financièrement de l'assurance-maladie, alors qu'il aille au bout de sa logique et passe alors à un système par capitation comme en Angleterre. Les médecins y ont une qualité de vie professionnelle et personnelle bien meilleure qu'en France !

Toutes ces complications administratives font que les médecins en ont plus que RAS LE BOL, dévissent leur plaque, sont en burn-out croissant, craquent, subissent des Accidents Vasculaires ou Infarctus du Myocarde Aigus avec un taux de mortalité non négligeable, et  se suicident (profession où l'on rencontre le plus fort taux de suicides réussis !)

 

MOBILISATION GENERALE DES MEDECINS - GREVE TOTALE LE 13 NOVEMBRE 2015 !

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Bah !

Je n'avais pas envie d'évoquer une énième fois,  l'anniversaire d'une loi perverse,  source de bien des maux des médecins spécialistes en médecine générale, médecins de famille comme on disait à l'époque!

Mais après avoir entendu à la radio, quelque reportage ou magazine dit de santé animé bien sûr par un grand spécialiste de maladie d'organes, je ressens un petit coup d’énervement.

Bien entendu, je ne critiquerai pas le contenu de l'émission, bien que ce ne soit que de l'enfonçage de portes ouvertes, le bon sens près de chez vous !

Non ce qui est très irritant, c'est comme la mention "obligatoire" sur les bouteilles d'alcool ou les paquets de cigarettes qui justifie le propos des grands spécialistes d'organes..

« et surtout, n'oubliez pas d'en parler à votre médecin traitant … Demandez lui de vous surveiller les paramètres comme la tension artérielle etc » (sic)

Ainsi ce sacré bon médecin de famille est réduit pour les uns, à une notion de surveillant de paramètres et pour les autres à une simple portion administrative !

Naïvement j'espérais que celui qui assénait «  le changement c'est maintenant » aurait à cœur de corriger les perversités de cette loi.

Cela comme dans d'autres domaines n'a pas été le cas ! 

 

http://www.jcjos.com/2014/08/dix-ans-et-le-changement-c-est-pour-quand.html

 

 

 

Parfois je rêve bien naïvement de rencontrer telle ou tel haut dignitaire de la gouvernance pour leur dire simplement que quand même, le changement cela pourrait être maintenant !

Mais je garde quand même à l'esprit cette petite phrase de Jean Moréas :

"C'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve" 

 

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Ou lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les députés de France

jcjos

Bien surpris hier par le discours du premier ministre Manuel Valls !

On aurait dit un discours de politique générale alors qu'il ne devait s'agir que de commenter un échec électoral aux étiologies multiples.

Encore plus surpris en l'entendant déclarer, avec un semblant de fermeté que le tiers-payant serait bien généralisé.

Cet entêtement dépasse l'entendement !

Le fait d’avancer les frais liés à une consultation au titre conventionnel de secteur 1 n’est pas la garantie d’un accès aux soins facilité.

N’oublions jamais que c’est la mise en place de franchises dites médicales qui est une des sources du retard à l’accès aux soins.

Si ce gouvernement avait un tant soit peu, l’âme équitable à défaut d’être charitable, il devrait au préalable abroger la loi du 19 décembre 2007 instaurant les franchises médicales.

Je rappelle que cette disposition est contraire à l’idée même du principe de répartition dans l’assurance-maladie tel que défini par Pierre Laroque (père de la sécurité sociale) qui veut que les bien-portants cotisent pour les malades.

Aujourd’hui et cela est scandaleux, les malades paient plus parce qu’ils sont malades !

Ne pas remettre en cause ces dispositions prises sous l’ère Chirac-Sarkozy est pour moi une faute et une faute encore plus grave s’agissant d’un gouvernement qui se dit socialiste !

 

Mais aussi :

Quid du temps passé aux tâches administratives souvent sans fondement et souvent itératives pour la même cause ?

Quid de la réflexion sur ce temps administratif qui obère largement sur le temps nécessaire aux soins ?

Quid de l’épuisement des médecins face à ces tâches administratives bien souvent ajoutées par délégation sous prétexte de l’informatisation des cabinets ?

Quid alors sur la difficulté des assurés sociaux à trouver rapidement réponse à leurs maux et consulter sans un délai trop grand un médecin ?

 

Et puis, si malgré tout :

Quid des franchises ? Seraient-elles alors à charge du praticien ?

Quid de la capacité réelle du praticien de pointage et contrôle des remboursements ?

Quid de la rapidité du paiement des actes effectués n’entravant pas la vie même des praticiens (et si la caisse ne payait qu’en fin de mois !)?

Quid de la liberté d’exercer la médecine avec cette épée de Damoclès, représentée alors par la mainmise de l’assurance-maladie sur les remboursements des actes réalisés et sur les revenus des médecins ? Le ROSP n'en est-il pas déjà l’avatar !

 

Or :

Le premier ministre peut, s’agissant de sa volonté à permettre aux assurés sociaux de France, la dispense d’avance des frais, rendre les choses très simples, faciles d'exécution et donc acceptables par les médecins comme le rappelle cet article tiré du magazine Mutuelle et Santé dans son numéro de ce mois de mars !

Mutuelle et Santé agazine de la MTRL, n°85 - mars 2015

Demain démarre la discussion de ce projet de loi à l’Assemblée Nationale !

Mesdames et Messieurs les députés, il est de votre devoir :

de lire vraiment ce projet de loi,

de le remettre dans le contexte actuel du mille-feuilles législatif depuis la loi du 13 août 2004,

de l’analyser article par article,

de réfléchir sans passion sur la portée de chacun des articles de cette loi,

de mesurer alors les conséquences réelles à court et moyen terme, 

de comprendre qu’une solution existe pour permettre l’avance des frais santé, sans pour autant faire des médecins de ville appelés encore « libéraux », des médecins administrés tant dans leur pratique quotidienne que dans la perception de leurs revenus liés aux soins des malades et des souffrants !

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J’ai bien écouté Madame le Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et du Droit des femmes, ce  petit matin du 10 mars, lors de l’émission de Jean-Michel Apathie sur RTL, qui l’avait invitée.

J’ai été surpris malgré tout par le manque de convictions du ministre et son obstination à ressasser les mêmes poncifs, notamment sur l’idée que le tiers-payant était une mesure de justice sociale favorisant l’accès aux soins et au médecin « référent ».

Quand même depuis la loi du 13 août 2004 le médecin référent n’existe plus et a été remplacé en sémantique par l’expression « médecin traitant ».

Poussée par Jean-Michel Apathie sur le débat concernant le Tiers Payant, j’ai remarqué que Marisol Touraine a tenté d’éviter le sujet en rappelant les grands axes de loi dite Santé.

Elle a dit qu’elle avait entendu les craintes des professionnels et a essayé d'argumenter pour indiquer qu’au-delà de 7 jours, si le paiement n’avait pas eu lieu, il y aurait une sorte d’indemnité pour réparer le préjudice.

Or le sujet n’est vraiment pas là !

Le problème pour les médecins de ville et notamment celles et ceux exerçant seul au cabinet est qu’il est matériellement impossible de pointer, vérifier, contrôler les remboursements des actes effectués en tiers payant. Souvent est pris l’exemple des biologistes et des pharmaciens qui réalisent le tiers payant depuis de nombreuses années. Mais il est simplement omis de dire que ces professionnels par leur structuration ont fait appel à des sociétés tierces dites concentrateurs qui font ce travail et qui sont aussi un contrepoids à l’administration.

Dans un article précédent j’avais évoqué cet aspect du tiers payant avec image à l’appui. Il serait bien que Madame le Ministre s’en inspire afin de proposer un système simple.

Ce système simple existe déjà au travers de la carte avance santé (une sorte de carte de crédit dédiée) délivrée par certaines mutuelles.

Je suggère à Madame le Ministre des Affaires, sociales, de la Santé et du Droit des Femmes, d’inciter voire obliger l’ensemble des mutuelles à fournir cette carte avance santé à tous leurs assurés. Ainsi le professionnel de santé aura la garantie d’être rémunéré de son acte en temps et en heure et l’assuré social d’être bénéficiaire de la rapidité du remboursement avec aussi l’avantage de remarquer que l’acte santé a un coût !

Cela me parait simple à mettre en œuvre et je crois que ce serait aussi de l’intérêt des mutuelles (dont certaines en font déjà la publicité à la TV ou sur les ondes).

J’ai reçu aujourd’hui via mail le communiqué du Conseil National de l’Ordre des Médecins qui soutient la manifestation prévue dimanche 15 mars 2015 à Paris.

 

 

 

Communiqué du CNOM du 12 mars 2015

Des groupes de travail se sont constitués suite aux mouvements d’humeur des professionnels. Mais le ministre des Affaires Sociales, de la santé et du Droit des femmes, animée de son dogmatisme sans faille ne veut plus attendre la fin de leurs travaux pour lancer le débat parlementaire sur sa loi.

A quoi cela rime-t-il de ne pas attendre la fin de ces réflexions et la synthèse des propositions ?

Incohérence ! Stupidité ! Péché d’orgueil !

J’apprends ainsi que le Premier Ministre veut organiser une Conférence Santé. Mais celle-ci aura lieu après la discussion parlementaire de la loi santé portée par Marisol Touraine.

A quoi cela rime-t-il d’annoncer cela ?

Incohérence !

Dimanche 15 mars une grande manifestation est organisée à Paris.

Je ne pourrais y être car le même jour, je serai sur le gazon avec les équipes de rugby de l’EMS Bron XV.

J’espère toutefois le plus grand nombre de participants et pas seulement des professionnels, car cette loi concerne aussi et naturellement l’ensemble des assurés sociaux.

Nous allons, si cette loi se fait jour, passer à une médecine totalement administrée et cela peut avoir n’en doutons pas, des effets délétères sur la qualité des soins notamment sur le temps passé à soigner celles et ceux qui souffrent.

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Attention ce texte va être très long !

 

Après la fermeture des cabinets médicaux de ville du 23 décembre 2014 avec une petite grève jusqu’au 31 du même mois, les médecins généralistes sont à nouveau appelés à fermer leur cabinet ce jeudi 5 février 2015.

 

Ce mouvement n'est guère sous-tendu par quelque volonté de voir  le tarif de la consultation être augmenté, même si il n'y a pas eu de revalorisation depuis 2011.

 

Il tient juste compte de l’exaspération croissante des praticiens face au poids des tâches administratives obérant sur le temps propre médical.

 

J’ai pris la peine de lire le projet de loi présenté par Madame Marisol Touraine (surnommée affectueusement MST), ministre des affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.

 

Je dois dire ma perplexité.

 

 

On se souviendra que lors de la mise en place de la loi dite du 13 août 2004, portée par le Gouvernement Raffarin  (Chirac étant président de la république) avec Xavier Bertrand et Philippe Douste-Blazy, l’un ministre des Affaires Sociales, l’autre chargé de la santé, nombreuses avaient été les critiques des médecins mais aussi l’opposition d’alors et notamment les socialistes.

 

On se souviendra qu’avant même l’officialisation de l’UNCAM, un directeur avait été nommé en conseil des ministres : Frédéric Van Roekeghem, ancien directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy et passé par le groupe d’assurances AXA (comme Xavier Bertrand d’ailleurs), suscitant aussi l’ire des socialistes.

 

On se souviendra que cette loi mettait en place la notion du médecin traitant sensée améliorer la continuité et la coordination des soins.

 

Chaque patient devait alors pour être remboursé normalement avoir déclaré au préalable un médecin traitant et devant respecter ainsi un parcours de santé.

 

J’ai personnellement participé aux divers mouvements de contestation et à la manifestation parisienne en janvier 2005.

 

En effet, je me disais que par la mise en place de cette DMT, le médecin dit traitant était de fait un médecin traitant administré.

 

On a vu ainsi fleurir des charges supplémentaires d’ordre administratif, entrainant ipso facto moins de temps de soin et une montée de l’exaspération des médecins devenus parfois, (souvent ?),  des secrétaires d’autres structures en particulier hospitalières, et réalisant des tâches d’opération de saisie. Ainsi seul le médecin traitant pouvait assurer  la rédaction des protocoles pour permettre l’obtention de l’exonération du ticket modérateur concernant les affections de longue durée, comme si les autres médecins notamment hospitaliers et spécialistes n’avaient guère cette faculté !

 

Et puis pour les patients, obligation leur était désormais faite de consulter d’abord le MTA (médecin traitant administré) pour qu’il rédige le petit mot qui va bien pour pouvoir consulter des médecins spécialistes.

 

Tout cela était bien ubuesque mais au final renforçait le contrôle sur l’organisation et l’exercice libéral. Les promoteurs de cette loi évoquaient avec emphase la notion de régulation.

 

Au lieu d’imaginer une réforme structurelle, il ne s’est agi que de mesures conjoncturelles et ennuyantes pour tous, assurés sociaux et professionnels de la santé.

 

Le slogan d’alors était « dépenser moins pour soigner mieux ». On en a vu le résultat.

 

Le déficit étant toujours là et pour cause. Le dernier rapport de la Cour des Comptes en  fait d’ailleurs le constat. Cette loi a été inopérante sauf à asservir davantage médecins et assurés sociaux.

 

Mais au travers de cette loi et par l’obligation de la déclaration d’un médecin traitant,  le ver était mis dans le fruit !

 

Et celui qui à cette époque avec son parti politique avait manifesté quelque mécontentement assénant plus tard « Le Changement, c’est maintenant ! » n’a rien modifié et a gardé à la tête de l’Uncam le directeur Van Roekenghem !

 

En 2007, Sarkozy est élu président de la République.

 

Je me souviens que lors d’un de ces meetings en novembre 2006, il avait déclaré avec sa verve habituelle et son haussement d’épaule significatif, pour expliquer sa volonté de mettre en place les « franchises médicales » :

 

«  On paye bien une franchise malgré son assurance automobile, pourquoi pas pour l’assurance maladie… Il y a bien le mot assurance non ? »

 

J’ai à cette époque soutenu avec force l’initiative pétitionnaire des Docteurs  Christian Lehman et Martin Winckler, tous deux écrivains de talent.

 

Cette démarche n’a pas eu hélas le succès espéré.

 

Cette loi inique sera votée sans réelle opposition le 19 décembre 2007.

 

Cette idée de franchise est pour moi une vraie négation de l’égalité d’accès aux soins et tourne le dos aux principes fondateurs de la sécurité sociale mise en place par Pierre Laroque, alors président du Conseil National de la Résistance.

 

En effet, le principe de répartition en matière de protection santé est  que les « biens portants » cotisent pour les malades.

 

Avec les franchises médicales les malades paient davantage parce qu’ils sont malades. Cela est toujours pour moi inadmissible.

 

Avec ces franchises médicales était ainsi permis un vide !

 

Avec ces franchises médicales, il est indéniable que retard à l’accès aux soins, il y a.

 

Et cela est pour moi grave, très grave !

 

Un deuxième ver s’est ainsi glissé dans le fruit.

 

Et celui qui à cette époque avec son parti politique avait manifesté quelque mécontentement assénant plus tard « Le Changement, c’est maintenant !» n’a rien modifié, ne supprimant surtout pas l’iniquité des franchises et gardant  à la tête de l’Uncam son directeur nommé sous Raffarin !

 

 

 

Le 21 juillet 2009 était votée  la loi HPST, sous la houlette de Roselyne Bachelot, alors ministre des affaires sociales et actuellement pigiste dans des émissions de variétés télévisées.

 

Ce soi-disant gouvernement soucieux des libertés avait aussi émis une exigence particulière pour les médecins de ville, que l’on appelle libéraux.

 

Il fallait désormais que les médecins déclarent à l’avance leurs moments de congés. Cela a été heureusement retoqué par le Conseil Constitutionnel.

 

 A ce sujet et c’est très amusant, plus d’une dizaine d’articles seront retoqués.

 

Mais là n’est pas le plus important. Cette loi va créer les ARS (Agences Régionales de Santé) regroupant entre autres DDASS, DRASS et URCAM.

 

Ainsi les médecins passaient sous le joug administratif de ces ARS.

 

Puis par la convention suivant cette loi, était mis en place une sorte de P4P (Paiement à la Performance) appelé ROSP (Rémunération  sur Objectifs de Santé Publique).

 

Il fut quasi impossible aux médecins de refuser cette clause en raison du peu de temps pour exprimer son refus. (quelques jours fin décembre 2011 !).

 

Un autre ver s’était alors glissé dans le fruit.

 

Celui qui allait permettre de mettre sous cloche administrative les médecins au travers de la puissance sans contre-pouvoir des ARS.

 

Et celui qui à cette époque avec son parti politique avait manifesté quelque mécontentement assénant plus tard « Le Changement, c’est maintenant ! » n’a rien modifié, gardant le principe sans contre-pouvoir des ARS, la carotte du ROSP, et toujours  à la tête de l’Uncam son directeur nommé sous Raffarin !

 

 

Le mercredi 15 octobre 2014, sous les feux des caméras et des micros tendus, Madame Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes va alors présenter son projet de loi santé.

Lecture et Analyse !

 

« … Ce projet de loi, je l’ai construit et conçu pour que chaque Français, dans sa vie quotidienne, pour lui-même ou pour un proche, soit informé, accompagné, épaulé..

… Je l’ai construit en ayant à l’esprit les questions concrètes que se posent nos concitoyens : qui j’appelle à 11h du soir si je suis malade ? Est-ce que je peux faire quelque chose pour éviter de tomber malade ? Pourquoi n’y a-t-il pas de médecin à côté de chez moi ? Est-ce que je suis obligé d’aller à l’hôpital si je ne peux pas payer ? » (MST)

 

 

 

Ces questions sont jolies, même si elles relèvent plus d’une conversation digne de café du commerce.

 

Trois axes devraient guider cette réforme : renforcer la prévention, faciliter la santé au quotidien et innover pour garantir l’excellence du système de santé !

 

 

 

Titre I. Renforcer la prévention et la promotion de la santé

 

 

 

« D’abord, il faut prévenir avant d’avoir à guérir

 

Un bon système de santé ne s’évalue pas seulement à sa capacité à guérir les maladies ; il doit également savoir les prévenir en amont. C’est en prévenant les risques que nous pouvons garantir une bonne santé aux Français. Voilà pourquoi je veux faire de la prévention une priorité. » (MST)

 

 

 

Pour cela la loi prévoit le choix d’un médecin traitant pour les enfants !

 

N’oublions pourtant pas que la mise en place du médecin traitant  pour garantir le bon usage du parcours de soin (loi du 13 août 2004), a d’abord été un moyen de rembourser moins celles et ceux qui ne l’ont pas déclaré.

 

N’oublions pourtant pas que la mise en place du médecin traitant  pour garantir le bon usage du parcours de soin (loi du 13 août 2004), a été pour les médecins généralistes une source d’amoncellement paperassière chronophage au possible comme par exemple la rédaction des protocoles pour permettre l’obtention de l’exonération du ticket modérateur concernant les affections de longue durée!

 

Par ce biais le ministre des affaires sociales prétend prévenir l’obésité, les troubles dits de l’apprentissage et l’usage des drogues.

 

Pourtant, une question mérite d’être posée. Comment évoquer la santé au sens large quand figure dans l’intitulé de l’organisme actuel le seul mot d’assurance-maladie ? Ne convient-il pas de modifier ce concept et parler clairement d’assurance santé ?

 

Comment évoquer la prévention et notamment l’éducation sanitaire quand les actes de prévention ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie (et pour cause puisque seul figure en clair le mot maladie !) ?

 

Comment évoquer la prévention s’agissant des enfants et notamment ceux qui sont scolarisés, quand rien n’est mentionné pour permettre à la médecine scolaire d’être efficiente ?

 

Si les pensées du ministre sont louables s’agissant de la lutte contre l’alcool et le tabac chez les jeunes, je reste perplexe quant à l’absence de mention sur l’usage presque banalisé du THC. Concernant les drogues il ne s’agit que de proposer une politique de réduction des risques. Or il ne s’agit que de la réduction du risque de contracter une maladie transmissible liée à des virus comme ceux de l’hépatite B, C ou le VIH !

 

Quelle politique de véritable prévention contre l’usage des drogues, de toutes les drogues ?

 

Et bien sûr comme il s’agit bien d’un trait socialiste, une nouvelle institution sera mise en place !

 

 

 

 

 

Titre II. Faciliter au quotidien les parcours de santé

 

«  Je veux faciliter la santé au quotidien

 

Il n’est pas acceptable que les Français les plus précaires diffèrent leurs soins faute d’argent. La santé doit être vraiment, concrètement, accessible à tous, et pas seulement sur le papier. Cette vision, c’est celle qui m’anime personnellement, qui guide mon action depuis que je suis ministre de la santé. J’assume cet engagement.

 

La loi améliorera l’accès aux soins pour tous en généralisant le tiers payant »(MST)

 

 

 

Ce titre II est sans aucun doute celui qui alimente au possible l’ire des médecins libéraux, avec les articles 12 et 18

 

L’article 12 indique la mise en place de Service territorial de santé au public sous haute gouvernance des ARS (agences régionales de santé, mise en place par la loi HPST en 2009).

 

Il est quand même amusant de constater que dans le dossier de presse expliquant le projet de loi santé Madame le ministre fustige cette loi HPST alors que in fine, elle ne fait que s’appuyer dessus en conservant les ARS et leur pouvoir décisionnel si important.

 

Quant à l’article 18, la chose étant d’importance, il me semble utile d’y revenir en détail pour mieux comprendre les réserves  et les craintes bien fondées  des praticiens d’exercice libéral.

 

Le Tiers-Payant Généralisé ou la Dispense d’Avance des Frais en matière de santé !

 

Le principe est généreux et louable. Il permettrait dit-on une amélioration de l’accès aux soins.

 

Tout d’abord dans quelle situation voit-on le plus de difficultés dans l’accès aux soins ?

 

N’est-ce pas dans ces consultations spécialisées aux dépassements d’honoraires trop lourds pour certains ?

 

Le tiers payant permettra-t-il d’y remédier ?

 

Et bien non, puisqu’il ne concerne que le montant fixé par l’assurance-maladie !

 

Madame le ministre de la santé indique dans son discours :

 

« La loi améliorera l’accès aux soins pour tous en généralisant le tiers payant. Cette mesure de simplicité et d’efficacité est déjà une réalité à l’hôpital, dans les laboratoires de biologie, chez beaucoup de radiologues en ville, et bien sûr dans les pharmacies. Concrètement, lors d’une visite médicale, les Français n’auront plus à payer avant de se faire rembourser. L’assurance maladie paiera directement le professionnel. C’est un gage de sécurité pour les usagers et d’efficacité pour les professionnels de santé. Le tiers payant se mettra en place en 2 étapes : il se mettra en place au 1er juillet 2015 pour les bénéficiaires de l’ACS et avant 2017 pour tout le monde. »(MST)

 

 

 

Cela étant, qu’est-ce que le tiers payant ?

 

Il s’agit d’éviter l’avance des frais, ce qu’on appelait il y a quelques années la Dispense d’Avance des Frais.

 

Aujourd’hui, les frais de santé sont couverts par l’assurance-maladie obligatoire (AMO) pour une certaine part. Le reste était normalement couvert par l’assurance-maladie complémentaire volontiers appelée mutuelle.

 

Or depuis de nombreuses années, un reste à charge non pris en compte par les mutuelles s’est mis en place et a pris une proportion de plus en plus grande depuis l’instauration des franchises médicales. C’est ainsi qu’une sorte de niche s’est ouverte pour permettre, n’en doutons pas l’intrusion d’un système assurantiel privé dans le système de protection sanitaire.

 

Je crois que c’est par ce mécanisme d’un reste à charge de plus en plus élevé non couvert par les mutuelles,  que retard à l’accès aux soins il y a et donc inégalité aux soins, notamment de premier recours.

 

Un exemple valant mieux que tout discours, je vous le livre :

 

Je consulte Madame X  pour une lombalgie aigue !

 

L’ordonnance comporte  comme il se doit :

 

Anti-inflammatoire

 

Antalgique simple

 

Myorelaxant    

 

Vu le conditionnement des boites, il se trouve que le pharmacien va délivrer dans l’exemple qui est le mien :

 

1 boite d’anti-inflammatoires

 

3 boites d’antalgiques

 

2 boites de myorelaxant

 

Le coût total de mon ordonnance est de 12.16 euros

 

Cout de la consultation : 23 euros

 

Quelques jours plus tard, un courrier de l’assurance-maladie vient indiquer à l’assurée ce qui a été pris en charge par son organisme et celui de la complémentaire.

 

Et là un calcul savant doit être réalisé. par l'assurée pour comprendre son remboursement .

 

En effet, apparaissent les franchises non prises en charge par la complémentaire !

 

Pour la consultation c’est moins 1 euro. Pour chaque boite de médicament, c’est moins 0.5 euro.

 

Soit dans cet exemple un total non remboursable de 4 euros !

 

Si l’on rapporte cela à l’ensemble de la dépense, il s’agit d’un reste à charge de 11%.

Et ce reste à charge ne peut être couvert par la complémentaire !

 

Ce chiffre me semble considérable et je crois que c’est contre cela qu’il aurait d'abord fallu agir pour faire en sorte que les assurés sociaux soient en égalité d’accès aux soins.

 

Croire que la mise en place d’un tiers-payant résoudra l’affaire, c’est juste faire preuve de démagogie sous-tendu par un dogmatisme imbécile.

 

Je plaide pour l’abolition des franchises médicales et une meilleure transparence des remboursements effectués par l’assurance-maladie.

 

Il faut aussi noter que l’assurance-maladie peut faire état d’un non-respect du parcours de soins, pour peu que la déclaration dit de médecin traitant ne soit pas dans ses archives.

 

Et alors son remboursement sera diminué fortement tel que le patient ne se verra remboursé qu’à hauteur de 15% sans que sa complémentaire puisse couvrir ce manque.

 

Il est curieux ainsi de voir les organismes d’assurance-maladie indiquer de plus en plus l’absence de médecin traitant et par ricochet rembourser moins.

 

Les exemples sont nombreux !

 

Mais quid pour le médecin ?

 

Il faut savoir que le tiers payant est déjà d’actualité pour les patients en ALD (affection de longue durée) bénéficiant d’une exonération du ticket modérateur et des patients bénéficiant de la CMU et de l’AME.

 

Il se trouve qu’aujourd’hui, il est quasi impossible de vérifier si les remboursements ont bien été effectués par l’assurance maladie.

 

En effet, si le retour Noemie permet de savoir sur son logiciel quels actes sont au remboursement, il n’est pas possible sur les relevés bancaires de les pointer puique les noms des assurés n'y figurent pas a fortiori. et que les lots ne correspondent pas !

 

En voici l’illustration  en deux images !

 

Un projet de Loi Santé à revoir !Un projet de Loi Santé à revoir !

Et puis, il se trouve que depuis quelques mois, les caisses trouvent prétexte à ne plus rembourser les professionnels  d’actes pourtant réalisés. Ainsi j’ai reçu notification de refus de remboursement parce que la caisse n’avait plus le souvenir que j’étais encore le médecin traitant de tel ou tel patient. (déclaration dans le cas présent  pourtant faite en 2006 !).

Un projet de Loi Santé à revoir !

Il est vraiment impossible au généraliste de contrôler, vérifier et réclamer.

 

Avec la généralisation du tiers-payant telle que désirée par l’actuelle ministre de la santé, il faudra aussi passer convention avec les centaines de mutuelles.

 

Cela sera impossible à gérer et à contrôler.

 

Ces tâches liées à la généralisation du tiers payant seront tellement chronophages qu’elles diminueront d’autant le temps de soin.

 

Et pourtant une solution existe quant à cette volonté de dispense d’avance des frais.

 

Il existe des mutuelles qui offrent à leurs clients une carte avance santé qui se présente comme une carte de crédit.

Un projet de Loi Santé à revoir !

Le patient puise dans son « compté dédié aux frais santé » et le professionnel a la certitude d’être payé de ses actes de soins.

 

Pourquoi ne pas alors inciter fortement toutes les mutuelles à offrir à leurs assurés cette carte de crédit « avance santé » ?

 

A moins que l’arrière-pensée de mettre sous coupe réglée et administrée,  les médecins exerçant en libéral ne soit que la seule volonté du ministre et du gouvernement auquel elle appartient !

 

 

Madame le Ministre dans ce titre II évoque la nécessite d’une meilleure lisibilité  du système de soins. Pour cela une nouvelle structure sera créée. Encore une !

 

S’agissant de la permanence des soins, il est proposé un numéro unique d’appel. Je veux rappeler que cette proposition de numéro national unique sur tout le territoire avait déjà été faite il y a une dizaine d’années quand se mettaient en place les outils de la PDSA et avait été portée par François Bayrou alors député. Le numéro était simple : le 33 33 !

 

Enfin dans ce titre II est permis la mise en place des « class action » et explicité dans le titre IV du projet de loi.

 

Je salue vraiment cette initiative, mais je me dis toutefois que cette proposition devrait être étendue à tous les domaines et pas seulement en santé.

C’est aussi,  rappelons-le avec malice l’une des propositions phares du candidat François Bayrou lors de la campagne présidentielle de 2007.

 

Il est surprenant de constater que le ministre de la santé évoque la continuité de loi du 13 août 2004, alors que celle-ci a tant été décriée lors de sa mise en place par le parti auquel elle appartient.

 

 

 

Titre III. Innover pour garantir la pérennité de notre système de santé

 

Le texte du projet de loi définit des tâches nouvelles pour les sage-femmes, infirmières et pharmaciens d’officine qui seront désormais habilités à procéder aux vaccinations.

 

Je dis simplement pourquoi pas ?

 

 

TITRE IV. Renforcer l'efficacité des politiques publiques et la démocratie sanitaire

 

En bref, est renforcé  le pouvoir des ARS dans l’organisation territoriale de l’offre et des besoins de soins.

 

Il a été dit que Madame le Ministre grâce à son projet allait améliorer l’état de désertification médicale.

Il semble que lorsque l’on parle de désertification médicale, on évoque surtout les zones rurales et que l’on mélange bien tout. Aujourd’hui nous remarquons aussi une désertification des cabinets en centre-ville.

 

En effet, une récente étude de l’INSEE montre qu’il existe un cabinet médical  à moins de 20 mn de tout assuré.

 

Mais il est vrai que la prise de rendez-vous en milieu spécialisé demande désormais des semaines voire des mois.

 

Pourquoi, alors que le nombre de médecins formés a augmenté ?

 

Pourquoi les jeunes médecins ne souhaitent pas trop s’installer en exercice libéral ?

 

Quelle est l’incidence de la féminisation de la profession médicale dans ce processus dit de désertification médicale ?

 

Il eût été bien que le ministre de la santé se pose ces questions !

 

Dans ce titre IV est mis en place un système d’accès aux données santé (Open data).Le risque  est grand de voir ces données échapper au contrôle et à la protection.

 

Qui n’a en mémoire les différents hackings de structures nationales ?

 

 

TITRE V. Mesures de simplification

 

Ce chapitre aurait pu être celui de la simplification administrative pour les médecins généralistes exerçant en libéral.

 

Ainsi il aurait été intéressant de faire en sorte que les protocoles soient accordés  une fois pour toutes pour des maladies de longue durée dont on sait bien qu’elles le sont ad vitam aeternam.

 

Il aurait été intéressant de faire supprimer les multiples demandes abusives de rédaction de certificat médical comme par exemple celui d’aptitude à vivre en collectivité pour les tout petits admis en crèche ou ceux pour justifier d’une absence ou encore ceux demandés pour faire une activité physique comme la randonnée !

 

Il aurait été intéressant de supprimer la notion administrative de médecin traitant et revenir sur la base de la confiance entre un médecin et son patient.

 

Il aurait été bien de revoir le mode de rémunération du médecin généraliste et permettre, pourquoi pas un paiement par capitation, ce qui aurait eu le mérite de la cohérence.

 

Il aurait été bien de repenser le mode de financement de la sécurité sociale en ne le faisant plus reposer sur l’emploi et les cotisations.

 

 

Mais ce gouvernement en a-t-il seulement l’imagination, la volonté et le courage ?
 

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Nous avons in fine un président qui n'oubliant pas ses classiques se prend pour Sganarelle !

Le remède trouvé est naturellement à base de purge !

 

 

Sganarelle !

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Il y a dix ans jour pour jour était promulguée une loi qui allait transformer radicalement l’organisation du mode de distribution de notre système de soins.

loi du 13 août 2004

Deux articles méritent d’être rappelés.

L’article 7 qui met en place le dispositif dit du « médecin traitant » et l’article 20 qui met en place « une participation forfaitaire aux soins » de l’assuré. belle expression pour annoncer les franchises médicales.

Je me souviens aussi qu’en juillet 2004, l’architecture de l’assurance-maladie allait être modifiée avec la création de l’UNCAM et que fut nommé en conseil des ministres pour en occuper la direction, le directeur de cabinet du ministre de la santé d’alors Philippe Douste-Blazy, Frédéric Van Roekeghem (qui avant d’occuper cette fonction œuvrait chez AXA : CQFD ?).

Nous étions sous le gouvernement Raffarin et Chirac était président de la République.

Nous avions été peu nombreux à réagir.

Après tout cela est bien normal puisque au mois d’Août les « forces vives » sont en vacances.

Remarquons toutefois que les grandes réformes accouchées au forceps sans discussion ou débat ou les mesures impopulaires surviennent à cette période dite de vacances.

En janvier 2005, la convention nationale entre l’assurance maladie et les médecins allait être signée. Ce n’est qu’alors que nombre d’organisations de salariés et d’organisations professionnelles commencèrent à entrevoir la signification profonde de cette réforme. Une grande manifestation eût même lieu fin janvier à Paris.

Mais on nous expliquait avec la foi du charbonnier que grâce à cette fabuleuse loi, le déficit de la sécurité sociale ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Dépenser moins pour soigner mieux était alors le slogan retenu !

En analysant ce texte plus avant et notamment sur les deux articles rappelés, il était pourtant facile de penser que le médecin de famille allait subir une lourde charge administrative et de secrétariat qui de fait entamerait le temps nécessaire aux soins de ses patients.

Il était avec un peu plus d’acuité, imaginable également que notre système de protection sanitaire basé sur le principe de la répartition tel que défini en 1945 par Pierre Laroque, (créateur de la sécurité sociale) allait en prendre un coup avec l’écriture de l’article 20 permettant de fait une franchise telle qu’elle existe dans n'importe quel système assurantiel.

En 2007, Nicolas Sarkozy est président de la République et comme il l’avait annoncé au cours de sa campagne, le principe de franchises était adopté par voie législative. La porte était donc désormais ouverte en toute légalité aux désirs de profit des assurances privées. Et l'ancien employé du groupe d'assurances AXA était naturellement aux commandes.

Tout au long de ces périodes (de Raffarin à Sarkozy), la gauche d’alors n’eût de cesse à dénoncer ce glissement de notre système de solidarité basé sur le principe de répartition vers un système ouvert aux assurances privées.

Le candidat de cette gauche n’avait lui de cesse à s’époumoner : « le changement... c’est maintenant ! »

Et pourtant Rocky est toujours aux manettes et ces lois tant celle de 2004, que de 2007 ou encore celle dite HPST concoctée par Roselyne Bachelot, ministre des affaires sociales de Sarkozy, n’ont pas été abrogées.

Ainsi peut continuer tranquillement le glissement vers une autre forme de prise en charge du soin où le malade continuera à payer de plus en plus parce qu’il est malade.

Je veux rappeler que le principe de la répartition concernant la maladie indiquait que le bien portant cotise pour le souffrant !

Dix ans après, rien n’a été résolu et je le crois rien ne sera résolu tant que ne sera pas mis à plat notre système de santé tant dans son financement que dans son mode de distribution.

En effet, il me semble que tant que les recettes resteront basées pour l’essentiel sur l’emploi et que tant que notre taux de chômage sera si élevé, le déficit perdurera.

Il me semble que l’outil au travers de la CSG qui touche tous les revenus est le meilleur moyen pour permettre le changement de financement.

C’est un impôt ?

Et bien oui. L’impôt est pour moi le meilleur outil pour assurer l’équité entre tous.

Par ailleurs il serait peut-être temps afin de garantir un meilleur accès aux soins (et cela n’en déplaise à l’actuelle ministre et ses technocrates conseillers, ne passe pas par une généralisation du tiers payant), de repenser le rôle et les missions des différents acteurs et notamment médecins.

Il me semble juste de dire que la médecine générale doit être la charpente du système de distribution de soins. Cela impliquerait naturellement un autre mode de rétribution qui ne devrait plus être fondé sur le paiement à l’acte. Celui-ci garderait du sens pour les médecins exerçant une spécialité puisqu’ils interviennent en général en deuxième intention.

Dix ans après nous en sommes toujours au même stade et avec les mêmes questions.

Alors le changement c’est maintenant ?

Mais encore, c’est pour quand, vraiment?

Et peut-on aboutir au changement quand les mêmes sont gardés depuis déjà dix ans ?

13-08-2014

jcj

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