Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog de Jean-Claude JOSEPH

Crise majeure !

Jamais pareille situation n’avait été vue au cours de notre Vème République.

Il y a eu souvent des démissions forcées ou des prétextes servant à s’envoler de ses propres ailes comme le fit Jacques Chirac en 1976.

On se rappellera aussi de la sortie de Servan Schreiber ou celle plus exotique de Léon Schwarzenberg.

Je me souviens aussi que Jean-Pierre Chevènement avait déclaré en 2000 : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l'ouvrir, ça démissionne »

Ainsi la règle était assez simple sinon claire dans un gouvernement digne de ce nom.

Si un ministre n’est plus d’accord avec la ligne gouvernementale, il devrait, pour pouvoir s’exprimer en nom propre, le faire après avoir quitté de lui-même le gouvernement. Cela serait un signe de courage et de cohérence.

Cette fois les propos de cour d’école du désormais ancien ministre des finances sont vraiment inédits.

Cela méritait naturellement une réaction rapide afin que ce que l’on nomme « solidarité gouvernementale » soit !

Ce que fit rapidement le premier ministre Manuel Valls avec raison.

Nous voici donc rentrés dans une situation bien absurde mais ô combien grave !

Plusieurs remarques me viennent à l’esprit en réaction à ce que j’ai entendu çà et là de la part de nos commentateurs de la chose politique, ceux dont Coluche disaient qu’ils appartenaient aux milieux autorisés.

Cohérence !

Le mot le plus employé ces dernières heures et de tous côtés est celui de cohérence ! Comment amener la cohérence dans un pays qui s’englue depuis la mise en place du quinquennat dans des institutions qui sont devenues inadaptées de fait ?

Le quinquennat n’a –t-il pas perverti le sens de la Vème République, le rôle du président, celui de son premier ministre et le rôle fondamental de l’assemblée nationale avec des durées de mandat de nos députés identiques à celui du président de la république?

Une réforme constitutionnelle devrait me semble-t-il, être rapidement mise en place vu la gravité de notre situation politique et le discrédit de l’ensemble des forces politiques de notre pays.

Si le premier ministre doit conserver le rôle défini par la constitution actuelle Il serait bien de porter la durée du mandat du président de la république à 7 ans à la condition que ce septennat soit non renouvelable.

Si l’on veut garder le quinquennat alors ne faudrait-il pas supprimer ce poste de premier ministre mais comme aux Etats Unis définir un poste de vice-président ?

 

Dissolution

Mais plus encore il nous faut dans notre pays, pour notre pays renforcer la démocratie, une démocratie véritable.

Quel sens aurait une dissolution si les règles actuelles dans le mode électif de nos députés restent les mêmes ?

Ne faut-il pas proposer au Peuple une réforme structurelle profonde et sincère ?

Je pense que le mode de scrutin à choisir dans cet esprit de renouveau de la démocratie serait le mode de scrutin dit municipal à savoir un scrutin proportionnel, de liste, à deux tours avec prime majoritaire accordée à la liste arrivée en tête.

Par ailleurs je pense que pour asseoir la respiration démocratique il convient alors de limiter le renouvellement le mandat à deux fois.

Pour redonner du sens à l’engagement personnel de ceux qui souhaitent servir le pays sans arrière-pensée et avec sincérité, il convient aussi de supprimer le cumul des mandats. Pour empêcher que la fonction élective donne lieu à carrière et enrichissement, il conviendrait bien sûr de supprimer le cumul des fonctions liées au mandat.

Enfin pour que la représentation nationale soit vraiment représentative de l’ensemble des électeurs il conviendrait de relever le seuil d’éligibilité.

Nous sommes ainsi à une croisée des chemins.

Profitons-en pour réformer notre constitution et passer ainsi à une nouvelle république plus proche de nos concitoyens.

Plus qu’une dissolution avec les mêmes règles électives qui ne ferait qu’amplifier par simple arithmétique la voix des extrêmes, un référendum portant la réforme et le passage à une autre constitution serait le meilleur moyen de redonner la parole au Peuple et de fait repenser la réflexion et l’engagement politique en France avec la remise en cause naturelle de l’organisation même des partis politiques en fonction d’idéal et non de carrières personnelles.

Il m’a été amusant de constater qu’avant que le gouvernement ne se forme, nombreux ont été ceux qui ont fait appel du pied de manière plus ou moins discrète pour obtenir un maroquin. Je pense en particulier à cet appel indécent de l’ex député européen de la circonscription Sud Est passé chez les verts puis au Modem.

Je crois utile de laisser à ce nouveau gouvernement du temps au temps pour permettre une vraie réflexion sur les causes profondes de cette crise majeure et  avoir alors le courage de porter cette nécessaire réforme institutionnelle et ainsi passer d’une république inadaptée à une nouvelle république.

ce 27-08-2014

jcj

Voir les commentaires

Il y a dix ans jour pour jour était promulguée une loi qui allait transformer radicalement l’organisation du mode de distribution de notre système de soins.

loi du 13 août 2004

Deux articles méritent d’être rappelés.

L’article 7 qui met en place le dispositif dit du « médecin traitant » et l’article 20 qui met en place « une participation forfaitaire aux soins » de l’assuré. belle expression pour annoncer les franchises médicales.

Je me souviens aussi qu’en juillet 2004, l’architecture de l’assurance-maladie allait être modifiée avec la création de l’UNCAM et que fut nommé en conseil des ministres pour en occuper la direction, le directeur de cabinet du ministre de la santé d’alors Philippe Douste-Blazy, Frédéric Van Roekeghem (qui avant d’occuper cette fonction œuvrait chez AXA : CQFD ?).

Nous étions sous le gouvernement Raffarin et Chirac était président de la République.

Nous avions été peu nombreux à réagir.

Après tout cela est bien normal puisque au mois d’Août les « forces vives » sont en vacances.

Remarquons toutefois que les grandes réformes accouchées au forceps sans discussion ou débat ou les mesures impopulaires surviennent à cette période dite de vacances.

En janvier 2005, la convention nationale entre l’assurance maladie et les médecins allait être signée. Ce n’est qu’alors que nombre d’organisations de salariés et d’organisations professionnelles commencèrent à entrevoir la signification profonde de cette réforme. Une grande manifestation eût même lieu fin janvier à Paris.

Mais on nous expliquait avec la foi du charbonnier que grâce à cette fabuleuse loi, le déficit de la sécurité sociale ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Dépenser moins pour soigner mieux était alors le slogan retenu !

En analysant ce texte plus avant et notamment sur les deux articles rappelés, il était pourtant facile de penser que le médecin de famille allait subir une lourde charge administrative et de secrétariat qui de fait entamerait le temps nécessaire aux soins de ses patients.

Il était avec un peu plus d’acuité, imaginable également que notre système de protection sanitaire basé sur le principe de la répartition tel que défini en 1945 par Pierre Laroque, (créateur de la sécurité sociale) allait en prendre un coup avec l’écriture de l’article 20 permettant de fait une franchise telle qu’elle existe dans n'importe quel système assurantiel.

En 2007, Nicolas Sarkozy est président de la République et comme il l’avait annoncé au cours de sa campagne, le principe de franchises était adopté par voie législative. La porte était donc désormais ouverte en toute légalité aux désirs de profit des assurances privées. Et l'ancien employé du groupe d'assurances AXA était naturellement aux commandes.

Tout au long de ces périodes (de Raffarin à Sarkozy), la gauche d’alors n’eût de cesse à dénoncer ce glissement de notre système de solidarité basé sur le principe de répartition vers un système ouvert aux assurances privées.

Le candidat de cette gauche n’avait lui de cesse à s’époumoner : « le changement... c’est maintenant ! »

Et pourtant Rocky est toujours aux manettes et ces lois tant celle de 2004, que de 2007 ou encore celle dite HPST concoctée par Roselyne Bachelot, ministre des affaires sociales de Sarkozy, n’ont pas été abrogées.

Ainsi peut continuer tranquillement le glissement vers une autre forme de prise en charge du soin où le malade continuera à payer de plus en plus parce qu’il est malade.

Je veux rappeler que le principe de la répartition concernant la maladie indiquait que le bien portant cotise pour le souffrant !

Dix ans après, rien n’a été résolu et je le crois rien ne sera résolu tant que ne sera pas mis à plat notre système de santé tant dans son financement que dans son mode de distribution.

En effet, il me semble que tant que les recettes resteront basées pour l’essentiel sur l’emploi et que tant que notre taux de chômage sera si élevé, le déficit perdurera.

Il me semble que l’outil au travers de la CSG qui touche tous les revenus est le meilleur moyen pour permettre le changement de financement.

C’est un impôt ?

Et bien oui. L’impôt est pour moi le meilleur outil pour assurer l’équité entre tous.

Par ailleurs il serait peut-être temps afin de garantir un meilleur accès aux soins (et cela n’en déplaise à l’actuelle ministre et ses technocrates conseillers, ne passe pas par une généralisation du tiers payant), de repenser le rôle et les missions des différents acteurs et notamment médecins.

Il me semble juste de dire que la médecine générale doit être la charpente du système de distribution de soins. Cela impliquerait naturellement un autre mode de rétribution qui ne devrait plus être fondé sur le paiement à l’acte. Celui-ci garderait du sens pour les médecins exerçant une spécialité puisqu’ils interviennent en général en deuxième intention.

Dix ans après nous en sommes toujours au même stade et avec les mêmes questions.

Alors le changement c’est maintenant ?

Mais encore, c’est pour quand, vraiment?

Et peut-on aboutir au changement quand les mêmes sont gardés depuis déjà dix ans ?

13-08-2014

jcj

Voir les commentaires

Hébergé par Overblog