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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

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Ce jeudi 8 mars, François Bayrou était l'invité de l'émission "Des paroles et des Actes" sur France 2.
 
Je n'ai pas vu l'émission car j'assistais accompagné de mon fils, à la soirée "Ensemble pour l'égalité" organisée au Conseil de la Région Rhône Alpes.
La table ronde ayant pour thème "Femmes, diversité et medias" a été très intéressante et j'ai bien retenu l'intervention très juste de Elé Asu (journaliste sur Canal+) concernant son droit à l'indifférence et ne pas se cantonner dans un rôle déjà pressenti. Comme le disait aussi Sylvère-Henry Cissé il ne faudrait pas céder à la paresse morale et se gargariser de clichés.
Plus que des quotas, il faut ainsi développer des compétences.
Ainsi sans être dit, il convient de se méfier de ce que certains nomment la discrimination positive ou ce que d'autres souhaitent en évoquant des qulconques quotas.
Cette soirée s'est poursuivie avec le "Jamel Comedy Club".
Ce fur une belle soirée intéressante et rafraichissante !
 
Voici pour celles et ceux qui comme moi ne l'ont pas suivie en direct,  la vidéo de l'émission "Des paroles et des Actes".
 

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Epidémie d’une nouvelle maladie ?

 

 La  qualité première d’un médecin est  l’observation.

Ainsi durant son cursus universitaire, l’étudiant en médecine va au cours du DCEM (deuxième cycle des Etudes médicales) apprendre à observer et rendre compte de son observation par écrit.

C’est à ce stade qu’il devient externe des hôpitaux.

Personnellement, j’ai toujours adoré observer et par cela m’interroger, me questionner.

Ma chère mère a raconté tout dernièrement à mes enfants déjà adultes, comment je m’arrêtais dans la rue vers l’âge de 4-5 ans pour regarder les plaques des rues parisiennes et lui poser des questions. « C’est qui ? Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter son nom sur une plaque de rue ? »

J’ai gardé l’habitude de l’observation et je dirai même que cette capacité est très importante pour moi et dans mon exercice quotidien.

Etudiants en médecine : Observez ! Observez ! Observez ! C’est le  « primum movens »  de l’examen clinique.

 

Mais revenons à nos moutons (jeu de mots ? que nenni ! quoique ce serait facile si on se réfère à la baignoire !)

 

J’avais observé l’étrangeté du discours d’Azouz Begag quand on m’avait demandé de l’accompagner  pour ce qui concernait les questions de santé lors des législatives de 2007 !

Et puis j’ai été étonné par  l’étrangeté du discours de Rama Yade quand elle fut éconduite du gouvernement ! Et puis encore quand j'ai entendu ces discours étranges  de ceux, issus de ce qu’ils appellent avec une sorte de misérabilisme et de chagrin les « minorités visibles ».

Et tout dernièrement ne voilà-t-il pas que le secrétaire d’Etat aux personnes âgées, Nora Berra affirme qu’elle n’a pas eu son investiture sur la 4ème circonscription en évoquant le même discours étrange !

Vraiment tout cela est étrange !

 

Je suis, si on emploie leur discours, un « visible » mais je ne me sens guère minoritaire ni visible car je n’ai jamais fait cas de ma couleur de peau ni de mes origines pondichériennes dans ma vie de tous les jours, ni dans mon activité professionnelle ou sociale.

Je connais mon histoire, celle de mes parents, de mes ancêtres, celle de Pondichéry, de l’Inde et naturellement celle de mon pays, la France.

 

Je sais au plus profond de moi-même que je suis français, attaché à mon pays qu’est la France et que je suis, comme l’ont fait au cours des dernières guerres mes aïeux et mon père, prêt à servir verser mon sang pour ma patrie, la France et cela sans rien vouloir jamais demander en retour. je considère qu'il ne s'agit là que de faire mon devoir de citoyen français.

Je suis un français comme les autres et je sais l’histoire de mon pays et je la revendique dans toutes ses facettes. Il m’énerve ainsi  de voir çà et là tant de personnalités ou d'institutions prôner quelque repentance.

Il ne s’agit certes pas d’oublier mais il ne s’agit pas non plus de juger car nous ne vivons pas à la même période et nos connaissances ou notre évolution ne peuvent être les mêmes. On peut toujours refaire l'histoire mais cela ne mange pas de pain ! Bref, on pourrait en débattre longtemps.

 

Mais revenons donc au fruit de mon observation.

Madame le Docteur Nora Berra affirme qu’à cause de ses origines on ne lui a pas « donné la quatrième circonscription ».

Ce discours m’intrigue et métonne. Ainsi il suffirait d’être sur l’affiche pour être élu ?

Ne faut-il pas déjà faire l’effort de connaître la sociologie de la circonscription, observer ce qui va et ce qui ne va pas, aller à la rencontre des gens qui y vivent,  les entendre  et débattre avec eux en expliquant alors ce à quoi on croit et convaincre l’Autre du bien-fondé de l’idéal défendu ?

Telle est du moins ma conception du « combat politique ».

Pourquoi se réfugier derrière une origine quand on n’a pas ce dont on rêve comme destin ? Un peu à cette façon des enfants gâtés en bas âge qui veulent tout, tout de suite et disent « c’est pas juste » au lieu de comprendre qu’il faut faire l’effort avant d’avoir.

Je trouve que se retrancher derrière une quelconque origine ou une couleur de peau est pathologique. Je crois vraiment qu’une véritable maladie se fait jour.

 

Cette maladie,  je la nommerai volontiers la « Norazouzite ».

Et comme,  il n’existe pas de traitement à la « Norazouzite »,  il faudra donc la classer parmi les maladies orphelines et sans doute la signaler à l’HAS et à Orphanet.

 

Cela étant, à observer les diverses circonscriptions, je trouve que Madame Nora Berra pourrait en raison de ses compétences et de son actuelle fonction se faire parachuter sur la 3ème circonscription.

Cette circonscription dont le député est aussi un médecin, le Professeur Jean-Louis Touraine.

Il est dit d’ailleurs que ces deux confrères se connaissent bien, l’une ayant été dans le service de l’autre.

 

Et c’est ainsi que je me dis que vraiment les débats sur la santé au sens large et plus pratiquement sur l’organisation actuelle du système de soins en France, son mode de distribution, son financement actuel (qui ne respecte plus depuis les années 80, les principes de la Sécurité Sociale édictés par Pierre Laroque), sont vraiment pauvres voire absents, sinon au travers de discours creux et mille fois entendus.

Rappelons quand même l’exposé des motifs de la loi portant création de la sécurité sociale :

« EXPOSÉ DES MOTIFS DE L'ORDONNANCE DU 4 OCTOBRE 1945 (extraits)

 

" La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d'infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. "

 

" Envisagée sous cet angle, la Sécurité sociale appelle l'aménagement d'une vaste organisation nationale d'entraide obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu'elle englobe et quant aux risques qu'elle couvre. Le but final à atteindre est la réalisation d'un plan qui couvre l'ensemble de la population du pays contre l'ensemble des facteurs d'insécurité ; un tel résultat ne s'obtiendra qu'au prix de longues années d'efforts persévérants, mais ce qu'il est possible de faire aujourd'hui, c'est d'organiser le cadre dans lequel se réalisera progressivement ce plan. "

 

Ne serait-il pas formidable, au travers de cette circonscription que soit mise en lumière l’une des préoccupations essentielles de nos concitoyens ?  Leur Santé ?

Je me sens  naturellement prêt à porter ce débat-là dans cette 3ème circonscription.

Je la connais depuis plus de trente ans !

Mais surtout  dans le débat qui aura lieu, j’y retrouverai avec plaisir l’actuel député qui devrait sans nul doute se représenter, le Professeur Jean-Louis Touraine.

Il me revient que  lors du mandat municipal de Michel Noir, Jean-Louis Touraine  avait fait cause commune avec la COMERLY (coordination des médicaux de la région de Lyon dont j’étais le président)  pour marquer  une belle  opposition contre la restructuration des Hospices Civils de Lyon, et ce fameux-fumeux plan « Duber-Noir ».

 

Il me revient aussi que Jean-Louis Touraine pour bien montrer son opposition farouche à ce plan tripolaire et la disparition de l'activité médicale à l'Hôtel Dieu, avait créé l’association « Sauvetage et Promotion des HCL ».

 

Nous avions ainsi partagé le même combat dans ces années 90.

Je me rappelle ainsi  la manifestation à l’Hôtel Dieu où Jean-Louis Touraine s’était retrouvé tout contre moi, bousculé par les forces de l’ordre. Je dois avoir dans mes archives une photo de cet épisode. Et oui, à cette époque il était vraiment opposé au démantèlement de l’Hôtel Dieu !

Il me parait tout autant étrange qu’il fasse partie de l’équipe municipale actuelle qui  ose faire disparaître du champ médical, l’Hôtel Dieu, édifice historique, glorieux et si prestigieux de l’univers médical français voire mondial ?

 

Ainsi il y aurait matière à débattre ! 

 

J’appelle ainsi mon confrère le Docteur Nora Berra à venir se présenter sur la troisième circonscription qui sera ainsi « la circo des docteurs » !

 

Alors chiche ?

Portons enfin  la lumière sur les questions de santé… osons enfin discuter de la gestion actuelle de l’assurance maladie, osons discuter de la dérive assurantielle du régime d’assurance maladie avec la mise en place sans vraie opposition des franchises médicales dites sarkozy,

 

Alors chiche ?

Exposons tous trois,  la vision que nous avons  en matière de protection sociale et sanitaire et  ce dont nous sommes capables pour assurer un "libre et égal accès de tous à des soins d’égale qualité assurés dans la dignité !

 

J’y suis prêt !

 

Et que puisse exister, le temps d’une campagne législative,  « la circo des docteurs » pour que ce débat là soit vraiment porté et entendu!

 

 

ce mercredi 7 mars 2012

jean-claude joseph

 

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Depuis quelques jours cette question m'est posée :

"Dites-moi Docteur ! Pour qui voter ?"

 

Ainsi je perçois comme un frémissement dans la campagne qui s’annonce, même si la plupart de ces personnes ne savent pas forcément quand aura lieu le premier tour.

Et puis comme une curiosité, ces personnes me disent :

 

" Bah, il ne faut pas se faire d'illusions, Sarko sera réélu. Et pourtant on ne peut pas dire qu'il ait fait grand-chose pour nous... On n'arrête pas depuis qu'il est là, de payer toujours plus et on ne reçoit rien en échange..."

 

"… Et puis c'est normal qu'il soit réélu, Hollande n'inspire pas confiance et surtout on va revoir les mêmes qu'avant du temps de Jospin..."

 

Je me dis alors qu'il est difficile d'être un médecin de famille, le confident de ces personnes, de ces familles (trois générations pour certaines..), de ces enfants que j'ai vus nourrisson et qui pour certains ont déjà donné vie, que j'accompagne dans leur santé depuis tant d'années.

Ai-je le droit moral de mêler mon exercice médical avec mon sentiment politique, mon orientation politique même si elle est depuis plus de trente ans connue dans ce quartier de Monplaisir?

En même temps, je me dis que c'est quand même formidable de recevoir tant de confiance et que j'ai bien de la chance d'être ainsi considéré.

 

Alors je me prends à rêver à haute voix d'une société plus humaine, vraiment équitable où chacun serait considéré dans ce qu'il est et avec dignité.

Toutefois, mon expression verbale n'est pas modérée, ne peut être modérée.

Je ne puis en fait être modéré.

Je me considère dans mon expression et ma pensée comme un révolutionnaire, un de ceux qui firent partie de La Plaine lors de la Convention, mais quand même assez utopiste, j'en conviens.

La presse locale ne m'avait-elle pas qualifié affectueusement dans les années 90 de "Don Quichotte exotique" ?

 

Alors, pour qui voter ?

 

J'expose alors ce à quoi je crois !

Cette volonté d'aider l'être humain à vivre mieux qu'hier, cette volonté de partager avec l'autre ce que j'ai appris, cette volonté d'aller vers le progrès.

Oui c'est bien cela mon orientation politique : faire que notre société progresse, et tous ensemble, en faisant en sorte de tendre chaque fois la main vers celui ou celle qui à un moment donné de sa vie est laissé au bord du chemin commun.

 

Voilà ce qui m'anime chaque jour et depuis si longtemps.

 

Je crois à ce que Emmanuel Mounier appelait le "personnalisme communautaire".

Cette expression me parait tellement juste :

Une personne avec toutes ses différences dans une Communauté de destin !

 

Je mesure alors que mon propos participe de la pensée et de la philosophie.

 

Alors pour qui voter ?

 

Et bien pour celui ou celle qui pourra le mieux incarner cette pensée philosophique, pour celui ou celle qui saura redonner du sens à la dignité de l’être humain, qui le mettra au centre de ses préoccupations, qui n'aura de cesse à permettre le progrès, la progression de chacun dans son quotidien.

 

C'est sous ce seul angle que je veux voir les débats de cette drôle de campagne présidentielle qui semble comme en 2002 être déjà jouée avec la superbe complicité des mass-médias.

 

Alors pour qui voter ?

 

Mon respect de celui ou celle que j'ai en face de moi dans cette question posée, m'impose de faire réfléchir à ce que l'on souhaiterait, mais aussi à regarder les choses comme elles sont.

Le chemin vers l'idéal n'est jamais facile et c'est cette difficulté qui fait aussi le sel de l'action politique, n'est-ce pas ?

Alors effectivement, dans ce que je vais dire, la lumière se fait et je me dis que j'amène à la "lucidité".

 

Ce ne peut être Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon, brillants orateurs ou tribuniciens quoiqu'il en soit !

Ce ne peut être Philippe Poutou, joker de Besancenot !

Que dire d'Eva Joly qui navigue dans les méandres d'un futur à cent ans !

Déjà on m'expose l’hypothèse de la chevelure argentée de Monsieur Galouzeau de Villepin et ses fameux discours. Mais attendons son jet d'éponge qui sera sans conteste très enthousiasmant dans la geste.

 

Alors François Hollande ?

Mais quoi... que dit-il ? Que propose-t-il de si différent dans la logique comptable de  ce qui a été fait depuis 20 ans ?

 

Nicolas Sarkozy ?

En toute franchise, j'étais persuadé qu'il ne se représenterait pas comme j'étais persuadé que Dominique Strauss Khan ne se présenterait pas et ce dès 2007 !

(Ces deux personnes me paraissant si proches dans leur façon de penser).

 

Sarko-Hollande ? SarkHollandisation !

 

Alors pour qui voter ?

Je crois en toute sincérité que ce qui doit être l’essentiel pour la prochaine décennie est l’Instruction.

Arrêtons de parler d’éducation mais abordons simplement l’instruction, le partage des connaissances, la transmission du savoir.

 

Il suffit de confisquer l’esprit critique !

Il suffit de confisquer la capacité à comprendre ce qui est dit et écrit !

 

Je ne suis pas loin de penser qu’à dessein la capacité critique de nos concitoyens a été gommée par les pouvoirs en place depuis les années 80 tout en faisant croire que malgré tout on apprenait.

 

N’est-il pas curieux, alors que la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, nombre de nos compatriotes n’arrivent pas à déchiffrer, à comprendre le sens des mots et encore moins à savoir écrire ?

 

Je me dis que depuis 20 ans, il y a eu une sorte de « désinstruction volontaire» par un saupoudrage de connaissances sans toutefois faire posséder aux écoliers la racine et le tronc de l’arbre.

 

Je me dis aussi que nous versons dans un monde « d’oralité » et que nous perdons l’écrit !

 

Et cela me semble extrêmement grave !

Ne sommes-nous pas en train de régresser et faire en sorte que comme au Moyen Age, le peuple fasse rédiger les écrits  nécessaires par ceux qui savent  ?

 

Je dis cela avec force et inquiétude, car depuis peu, je suis surpris par le fait de devoir rédiger des courriers de nombre de mes patients à destination  de diverses administrations (Sécurité sociale, Cotorep, pôle emploi, caisse d’allocations familiales, caisse de retraite).

Mon rôle de médecin n'est-il pas aussi de les aider dans les méandres de l'administration ?

 

Et pourtant n'ont-ils pas suivi leur scolarité jusqu’à 16 ans au moins !!!

 

N’avons-nous pas perdu le sens du message de Jules Ferry dans sa volonté révolutionnaire de l’instruction publique?

 

Alors pour qui voter ?

 

Mon  choix ne peut se porter que vers le candidat qui sera animé de cette volonté d’instruire !

 

Je le dis avec sincérité, cette volonté d’instruire et de faire ainsi que le faible devienne fort, est portée par le candidat François Bayrou !

Alors pour qui voter ?

 

Dès le premier tour, le 22 avril 2012, le choix « éclairé » doit se porter sur

François Bayrou

afin qu’il puisse être au second tour.

 

La révolution des esprits  pourra alors commencer !

 

 

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Interview de François Bayrou à Respect Magazine, mercredi 29 février 2012.

 

 

Respect Mag - À deux mois de la présidentielle, Respect Mag tend le micro à François Bayrou.

Le candidat, qui souhaite créer un ministère de l’Egalité, dit vouloir lutter contre toutes les discriminations. Emploi, police, politique : il réagit ici à trois des propositions lancées par Respect Mag et Terra Nova pour "faire bouger la République".

François Bayrou - Depuis 2001, la loi sur les Nouvelles Régulations Economiques (NRE) demande aux entreprises cotées en Bourse de rendre compte de leur impact social, en communiquant notamment sur l’égalité hommes-femmes et l’insertion des personnes handicapées. Sans aucun référentiel commun. Nous proposons donc d’insérer dans la loi NRE des indicateurs précis et comparables sur le genre, l’âge, le handicap et l’origine, et d’obliger les entreprises de plus de 500 salariés comme les administrations à faire des progrès chiffrés sur ces critères. Pour que leurs effectifs soient représentatifs de la population de leur bassin d’emploi. Votre avis ?

RM - C’est une nécessité, et même une urgence, qu’il y ait du concret sur ces sujets, parce qu’il y a beaucoup de mots et peu de choses qui changent. Les populations frappées par les discriminations, qu’elles soient liées au sexe, à l’origine, au nom, à la religion ou à la couleur de peau, vivent ça avec des frustrations énormes. De ce point de vue, je trouve très bien d’aller vers des référentiels concrets et opposables, pour que les entreprises se disent "l’année prochaine, il faut qu'on ait progressé de tant de pourcents", ça me paraît juste que l’entreprise ressemble à son bassin d’emploi.

FB - Mais je suis plus réservé sur l’idée qu’il faille tout le temps des contrôles. Parce qu’en vérité, on l’a vu sur le handicap, ça ne change rien. Ce qu’il faut, ce sont des référentiels nationaux de progression, avec une adaptation locale en fonction des populations.

RM - Avec une question liée à l’origine ?

FB - Même si on les appelle "ethniques"- ce que je ne partage pas - je n’ai jamais compris qu’on refuse les enquêtes sur la diversité. Il m’a fallu vingt ans pour comprendre les frustrations et les découragements de nos compatriotes dont la couleur de peau les rend "visibles", comme vous dites. J’ai depuis compris que c’était un problème violent pour eux. Donc je ne vois pas pourquoi on refuse les statistiques de cet ordre.

RM - Vous reconnaissez qu’il y a des discriminations raciales ?

FB - Il y en a beaucoup. Dans le travail, le logement, les responsabilités. Même si je ne suis pas tout à fait sûr que le terme "racial" soit approprié… C’est vrai qu’il y en a et c’est contre ça qu’il faut se battre.

RM - Comment peut-on vérifier les progrès de l’entreprise si personne ne regarde objectivement ce qu’elle fait ?

FB - Grâce aux gens qui sont à l’intérieur. Je suis pour que les représentants des salariés soient dans les conseils d’administration. Pour qu’on ait, dans toutes les branches, une stratégie à laquelle les syndicats soient associés. On peut faire des choses sans augmenter perpétuellement la contrainte sur les entreprises.

RM - La contrainte a pourtant été nécessaire pour faire avancer la parité homme-femme…

FB - Et bien ça ne marche pas. Ni dans le monde politique, ni dans le monde de l’équité salariale. En revanche, sur l’équité salariale, je pense qu’il faut des amendes s’il y a des manquements à la loi. Et quand vous aurez des représentants des salariés dans les conseils d’administrations, alors vous aurez un contrôle par ceux qui sont sur le terrain.

RM - Mais chacun, sans même le vouloir, peut être porteur de préjugés et être à l’origine d’une discrimination…

FB - Je pense qu’il est très difficile d’effacer, dans une communauté, le repérage et le rejet de l’Autre. ça fait partie des pentes naturelles de l’être humain de dire : "regarde l’autre".

RM - Justement, les salariés censés contrôler la progression de l’entreprise peuvent eux aussi être sujets à ce genre de réactions. Faut-il les sensibiliser ?

FB - Non, il suffit d’en parler. Par exemple, je suis pour qu’à l’école il y ait des courts programmes sous forme de films, pour faire comprendre qui est l’Autre. Comment est ressenti le Noir chez le Blanc et le Blanc chez le Noir, avec toute la gamme entre les deux, qui est très hiérarchisée. Ce qui prouve qu’il y a encore des pas à faire vers l’égalité.

RM - Sans contrainte…

FB - On ne doit pas chasser les discriminations par obligation, mais pour que l’entreprise se porte mieux.

RM - Et si, dans dix ans, l’entreprise ne se porte pas mieux ?

FB - Mais elle se portera mieux, je n’ai aucun doute là-dessus ! Vérifions-le, faisons des enquêtes… Il faut que ça soit un mouvement interne, de même que la sécurité en banlieue ne doit pas venir de l’extérieur mais de l’intérieur, avec des forces de sécurité internes au quartier.

RM - Justement, notre deuxième proposition concerne la police. Le lien de confiance avec les citoyens s’est détérioré, en partie à cause des contrôles au faciès. Pour les éliminer, nous proposons que les policiers délivrent un récépissé à chaque contrôle, mentionnant le matricule de l’agent, l’objet du contrôle et la signature de la personne contrôlée. Nous suggérons aussi de renforcer la formation à l’antiracisme et la lutte contre les discriminations lors de leur formation. Qu’en pensez-vous ?

FB - Qu’il y ait des contrôles au faciès, j’en suis persuadé. Qu’ils soient une part de l’exaspération, des jeunes en particulier, aussi. Mais je ne veux pas tomber dans un racisme anti-flics. Je ne suis pas opposé à ce qu’on donne aux personnes contrôlées un document. En revanche, je trouve inacceptable d’être obligé de signer avec son matricule : ça signifie "donnes-moi tes papiers" à l’envers. Or les forces de police sont investies d’une mission par la société, elles ne sont pas dans un rapport individuel. Elles ne sont pas là non plus pour qu’à chaque instant on leur demande des comptes. L’idée que "toi, je te repère et je t’aurais un jour", c’est vraiment détestable, dans les deux sens. Je ne veux pas plus de racisme anti-policier que de racisme anti-couleur. Ce qu’il faut, c’est faire naître la compréhension réciproque.

RM - L’idée d’une formation renforcée à l’antiracisme et à la lutte contre les discriminations ?

FB - Oui, une formation renforcée aux valeurs républicaines élémentaires. Et l’antiracisme l’anti-discrimination, la recherche de l’égalité et de la fraternité, ce sont des valeurs républicaines élémentaires.

RM - Face au manque de diversité dans les instances démocratiques, nous proposons que chaque parti réserve soixante circonscriptions à des citoyens issus des minorités, durant trois législations, puis de supprimer cette mesure.

FB - Tout ça, c’est de la blague et ça ne marchera pas. Aucun parti n’est propriétaire des circonscriptions. Et de toute façon, les partis mettront ces personnes dans des circonscriptions où elles ne seront pas élus, comme ils le font pour les femmes. Réserver des circonscriptions ne sert à rien. Il suffit de regarder la parité à l’Assemblée Nationale : nous somme au-delà de la soixantième place des pays démocratiques du monde. Il n’y a qu’une chose à faire, changer la loi électorale et mettre suffisamment de proportionnelle.

RM - Cela suffira-t-il à faire progresser la diversité ?

FB - J’en suis sûr ! Lorsque vous faites une liste pour les municipales, vous représentez tous les quartiers. Là, c’est la même chose. Vous serez obligés de représenter les origines, sensibilités, religions ou sexes pour aller chercher les voix des différents groupes humains

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Marielle de Sarnez a rappelé que le seul "vote utile, c'est François Bayrou" au micro de France Info, lundi 27 février.
Marielle de Sarnez rappelle que l'élection présidentielle n'est pas uniquement une élection entre deux candidats : "Si notre présence dérange le Parti socialiste et l'UMP, ils vont devoir s'y habituer", a-t-elle affirmé, "le combat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy ne portera pas ses fruits".

Pour l'eurodéputée, le seul "vote utile" est celui pour François Bayrou "si on veut que ça change vraiment dans ce pays". Elle est par ailleurs convaincue que "les Français donneront une majorité parlementaire à François Bayrou s'il est élu, constituée d'un centre large".

La directrice de campagne de François Bayrou a également déploré la pauvreté des débats de la campagne présidentielle. "Il y a une absence de contenu dans la campagne, qui m'attriste, la présidentielle doit être un moment de prise de conscience et de mobilisation civique". Seuls "des efforts justes et partagés" permettront de "redresser le pays", a-t-elle revendiqué en rappelant que "la seule solution" pour le pays "c'est de retrouver le 'Produire en France' et de reconstruire notre appareil industriel".
 

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François Bayrou était l'invité du Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro, dimanche 25 février.

Le candidat à la présidence de la République est d'abord revenu sur sa visite au Salon de l'Agriculture : "Le monde agricole à longtemps été très fort parce qu'il représentait une part importante de la population. Tous les politiques montaient à la tribune pour en parler, le soutenir, faire des salamalecs. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Quand une exploitation ferme,ce ne sont que des chiffres et des dossiers pour la plupart des politiques. Pour moi, qui fut éleveur dès vingt ans et qui suis resté exploitant, ce sont des visages. Ce n'est pas tout à fait la même chose".

"Arrêtons le blabla et moralisons enfin la vie publique !"

François Bayrou a ensuite réaffirmé sa proposition d'un "référendum sur la moralisation de la vie publique, dès le 10 juin 2012" : "Le référendum doit être utilisé pour des grands sujets et surtout il ne doit pas monter une moitié des Français contre l'autre. La moralisation de la vie publique est un sujet abordé depuis des années, qui a donné lieu à des dizaines de commissions et de rapports, à des protestations de bonne foi, mais jamais suivis d'effets", a-t-il déploré.

"Non-cumul des mandats, vote blanc, réduction du nombre de parlementaires : tout cela traîne depuis des décennies ! Arrêtons le blabla. Je mènerai, dès le 10 juin, date du premier tour des élections législatives, un référendum fondé sur une dizaine de règles qui changeront profondément les pratiques et la philosophie politiques", a détaillé le député des Pyrénées-Atlantiques.

Si "l'UMP et le PS ne sont pas exactement sur la même ligne en matière de moralisation de la politique, chacun de ces deux partis à ses erreurs et ses dérives. Du côté de l'UMP, nous constatons chaque jour le mélange des genres entre pratiques du pouvoir et intérêts privés. Au PS, ce mélange est celui où des élus sont souvent les salariés d'une autre collectivité, tandis qu'ils perdent ainsi leur liberté de parole. Ils ont aussi une dérive commune que de vouloir que l'appareil d’État soit rendu partisan, qu'on y progresse parce qu'on a la carte du parti ou qu'on est sympathisant. Si on veut changer les choses, permettre aux citoyens d'avoir à nouveau confiance, il faut que ces deux partis principaux n'aient pas la majorité les 22 avril et 6 mai prochains", a-t-il pointé.

"La bipolarisation recule chez les Français"

Enfin, François Bayrou s'est dit convaincu que "la bipolarisation est en train de reculer". "Il y a une enquête sortie samedi, qui dit que 60% des Français trouvent qu'on parle de trop de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Cela démontre que les Français ne veulent pas aller là où vous voulez les emmener", a-t-il déclaré à l'attention des journalistes qui l'interrogeait. "On voit à quel point les temps de parole dans les médias sont particulièrement déséquilibrés. Mais le monde médiatique se trompe. Comme ils l'ont fait en 2007, comme ils l'ont fait en 2002 et en 1995, les Français vont sortir de ce duo car ils n'ont envie d'aucun des deux choix qu'on tente de leur imposer", a-t-il ajouté.

 

François Bayrou était l'invité du Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro, dimanche 25 février.

Le candidat à la présidence de la République est d'abord revenu sur sa visite au Salon de l'Agriculture : "Le monde agricole à longtemps été très fort parce qu'il représentait une part importante de la population. Tous les politiques montaient à la tribune pour en parler, le soutenir, faire des salamalecs. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Quand une exploitation ferme,ce ne sont que des chiffres et des dossiers pour la plupart des politiques. Pour moi, qui fut éleveur dès vingt ans et qui suis resté exploitant, ce sont des visages. Ce n'est pas tout à fait la même chose".

"Arrêtons le blabla et moralisons enfin la vie publique !"

François Bayrou a ensuite réaffirmé sa proposition d'un "référendum sur la moralisation de la vie publique, dès le 10 juin 2012" : "Le référendum doit être utilisé pour des grands sujets et surtout il ne doit pas monter une moitié des Français contre l'autre. La moralisation de la vie publique est un sujet abordé depuis des années, qui a donné lieu à des dizaines de commissions et de rapports, à des protestations de bonne foi, mais jamais suivis d'effets", a-t-il déploré.

"Non-cumul des mandats, vote blanc, réduction du nombre de parlementaires : tout cela traîne depuis des décennies ! Arrêtons le blabla. Je mènerai, dès le 10 juin, date du premier tour des élections législatives, un référendum fondé sur une dizaine de règles qui changeront profondément les pratiques et la philosophie politiques", a détaillé le député des Pyrénées-Atlantiques.

Si "l'UMP et le PS ne sont pas exactement sur la même ligne en matière de moralisation de la politique, chacun de ces deux partis à ses erreurs et ses dérives. Du côté de l'UMP, nous constatons chaque jour le mélange des genres entre pratiques du pouvoir et intérêts privés. Au PS, ce mélange est celui où des élus sont souvent les salariés d'une autre collectivité, tandis qu'ils perdent ainsi leur liberté de parole. Ils ont aussi une dérive commune que de vouloir que l'appareil d’État soit rendu partisan, qu'on y progresse parce qu'on a la carte du parti ou qu'on est sympathisant. Si on veut changer les choses, permettre aux citoyens d'avoir à nouveau confiance, il faut que ces deux partis principaux n'aient pas la majorité les 22 avril et 6 mai prochains", a-t-il pointé.

"La bipolarisation recule chez les Français"

Enfin, François Bayrou s'est dit convaincu que "la bipolarisation est en train de reculer". "Il y a une enquête sortie samedi, qui dit que 60% des Français trouvent qu'on parle de trop de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Cela démontre que les Français ne veulent pas aller là où vous voulez les emmener", a-t-il déclaré à l'attention des journalistes qui l'interrogeait. "On voit à quel point les temps de parole dans les médias sont particulièrement déséquilibrés. Mais le monde médiatique se trompe. Comme ils l'ont fait en 2007, comme ils l'ont fait en 2002 et en 1995, les Français vont sortir de ce duo car ils n'ont envie d'aucun des deux choix qu'on tente de leur imposer", a-t-il ajouté.

 

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12 propositions qui se traduiront dès le 10 juin par un référendum consacré à la moralisation de la vie publique.

"Cette moralisation de la vie publique qui traîne depuis trente ans, dont tout le monde parle depuis trente ans sans que jamais rien ne change, cette moralisation de la vie publique, je considère qu'il est vital, vital pour la France, de la conduire maintenant à son terme. Je considère qu'il s'agit d'un objectif de tout premier plan du mandat que les Français me confieront que de rendre honnête et insoupçonnable ce qui n'aurait jamais dû cesser d'être honnête et jamais prêter le flan aux soupçons.

Je ferai une vie politique honnête et insoupçonnable parce que je serai un président libre, lié à aucun réseau, ne trimbalant aucune affaire lointaine et que j'aurai pour le faire le soutien des Français. Ayant réfléchi depuis des années à ce sujet, ayant rompu des lances, ayant combattu toutes les affaires dont j'ai eu connaissance, n'ayant jamais cédé à aucune intimidation, j'ai pris mes résolutions.

J'en suis arrivé à une certitude : le monde politique tel qu'il est dominé par les deux partis du monopole du pouvoir est incapable de se réformer lui-même. Or la réforme est vitale pour retrouver l'estime du peuple envers ses élus et ses dirigeants et pour que cessent les manipulations et les manoeuvres. Elle est nécessaire en particulier et surtout pour redresser la France et la sortir de la crise, car la condition du redressement, c'est la confiance retrouvée. Pour rétablir les principes de la République, les simples principes de l'éducation civique, il faut donc en passer par la seule autorité qui vaille, qui est l'autorité directe des Français.

Elu Président de la République le 6 mai, j'organiserai donc le 10 juin, jour du premier tour de l'élection législative et en même temps que celle-ci, un référendum de moralisation de la vie publique en France. Je soumettrai aux Français directement avec le gouvernement que j'aurai nommé une loi-cadre, conformément à l'article 11 de la Constitution de la République. Ainsi, en quatre semaines et un dimanche, nous règlerons et trancherons ces questions qui demeurent insolubles depuis des lustres et des décennies faute de volonté."

Mes 12 propositions

1/ Fixation des règles de composition d'un gouvernement resserré de moins de 20 ministres.

2/ Cumul des mandats "interdit" pour les députés dès les législatives de juin, "limité" pour les sénateurs.

3/ Délégation de vote supprimée et donc présence obligatoire des députés pour voter les lois; tous les votes seront publics.

4/ Fixation des principes d'une nouvelle loi électorale et d'une nouvelle composition de l'Assemblée nationale: nombre des députés diminué d'un tiers, "de l'ordre de 400" au lieu de 577 aujourd'hui. Elus pour trois-quarts au scrutin majoritaire actuel et pour le quart restant à la proportionnelle. Réduction du nombre de sièges applicable au Sénat.

5/ Reconnaissance du vote blanc à toutes les élections.

6/ Obligation effective de parité hommes-femmes.

7/ Suppression de "la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance".

8/ Définition du conflit d'intérêts pour les responsables politiques, pour les hauts fonctionnaires (obligation de déclaration publique des intérêts privés avant l'entrée dans la fonction et lors de toute modification, fixation des incompatibilités), création d'une Autorité de déontologie de la vie publique pouvant être saisie par les citoyens.

9/ Interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption.

10/ Indépendance de la justice. Le ministre de la Justice aura un statut particulier. Sa nomination, proposée par le duo exécutif, devra être soumise à l'approbation d'une majorité qualifiée du Parlement, devant qui il sera individuellement responsable et par qui il pourra être censuré. C'est lui qui conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation.

11/ Indépendance des médias. Abrogation de la procédure "scandaleuse" qui fait de la nomination des présidents de l'audiovisuel public l'apanage personnel du chef de l'Etat.

12/ Procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une approbation du Parlement et non pas à la "pseudo-approbation" actuelle.

 

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François Bayrou a dévoilé trente orientations précises pour que la France entre, en cinq ans, dans les dix premières nations du monde pour la qualité, la réputation et l’efficacité de son système éducatif.

Il faut un contrat de progrès entre l'école et la nation. Ce contrat doit garantir les moyens existants et en même temps préciser les objectifs que la nation assigne à l'école. Le progrès que nous nous assignons doit être vérifiable par tous, c'est pourquoi je fixe un objectif que, dans les cinq ans, l'école française entre -j'aurais dû écrire « rentre »- dans les dix premiers du classement international pour la compréhension de l'écrit, le calcul, les connaissances scientifiques et la lutte contre les disparités sociales


Au lieu d'être dans la "réformite" perpétuelle, il faut un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme pour vraiment changer les choses. Il faut cesser d'aller de fausses réformes en fausses réformes qui ne changent rien sur le fond mais déstabilisent perpétuellement l'Éducation nationale et en même temps le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C'est de la fausse monnaie et il faut que cette fausse monnaie soit écartée.

Il faut refaire de l'école, j'allais dire à tout prix, un lieu d'où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l'égard des enseignants et dans la cour de récréation

Il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. Au contraire de tous ceux qui se présentent à cette élection, je ne suis pas favorable à ce que l'on remette en cause le décret qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter, si on le souhaite, une présence plus importante dans l'établissement par exemple en construisant des bureaux, mais les procès perpétuels contre les enseignants sur le temps de travail doivent cesser

Les concours de recrutements nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré. Ils sont anonymes, ils sont justes et permettent de juger réellement de la qualité d'une génération de candidats. Ils font partie de la fierté des corps d'enseignants en leur garantissant une légitimité. Je défendrai les concours de recrutements nationaux.

La reconstruction d'une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l'expérience d'autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l'Éducation nationale. Il s'agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutants avec l'expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s'agit d'armer les jeunes enseignants et de leur faire ainsi gagner des années d'expérience

La notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d'inspection ou autres), expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline que celui qui est ainsi évalué, et non par le chef d'établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant il n'y a rien à changer à l'équilibre actuel. Le chef d'établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40 % de la note attribuée. J'ajoute que plus on trouvera d'éléments objectifs pour assurer l'évaluation et plus j'approuverai cette évaluation.

Arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication des réunions, l'avalanche des livrets de compétences. À l'école comme dans tous les autres secteurs d'activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien. J'ajoute que je voudrais que l'on arrête aussi avec l'avalanche de circulaires de toute nature

D'abord les bases et les bases d'abord. Il n'est aucune chance de réussite pour un élève qui n'a pas la maîtrise des fondamentaux. Je proposerai que, tant que cela est nécessaire, 50 % du temps scolaire à l'école primaire soit consacré à la maîtrise de l'écrit que l'on dit « actif et passif », et à la langue française en sa beauté à découvrir, en ce qu'elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire. C'est un bagage pour la vie. 50 % du temps scolaire consacré à la langue française à l'école primaire.

Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d'ordre pédagogique ou de l'ordre des capacités, comme on le dit. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c'est donner une chance de les résoudre soit au sein de l'école soit par l'intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. Je trouve que ce repérage précoce des difficultés souvent affectives des élèves est un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l'échec scolaire

Le premier lieu de l'éducation c'est la famille : favoriser la mise en place -je n'ai pas trouvé de meilleur nom- d'écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît-là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants. J'ai le souvenir, je l'ai déjà raconté à quelques-uns d'entre vous, de cette école maternelle de la banlieue parisienne comme l'on dit "profonde" dans laquelle il y avait de grandes difficultés d'élèves où, notamment en tout cas à la première approche on pensait qu'il y avait de très nombreuses nationalités, origines culturelles, langues. Je parlais avec une enseignante et je l'interrogeais sur les difficultés à faire avancer des élèves dont la langue maternelle n'est pas le français et, au bout d'un moment dans la discussion, elle m'a dit quelque chose qui m'a touché infiniment. Elle a dit : « Mais monsieur, vous savez, le problème, ce n'est pas seulement que pour beaucoup d'entre eux, chez eux, on ne parle pas français, c'est que chez eux on ne parle pas aux enfants, on croit que les mettre devant l'écran de télévision cela suffit à les distraire, et c'est cet échange-là qui manque et que nous n'arrivons pas à reconstruire à l'école ».

Je dis que s'il y avait un soutien auprès des familles, je ne parle pas de cela avec sévérité… j'ai travaillé comme chacun le sait, pour écrire sur Henri IV, sur le XVIème siècle français : eh bien à cette époque, un bébé, un enfant en bas âge, on ne lui parlait pas, on considérait qu'on pouvait le laisser à part dans la maison sans avoir avec lui l'échange que les siècles passés ont produit et que nous ont appris à produire… Je crois que simplement raconter, rappeler à toutes les mamans que l'échange avec l'enfant, même s'il ne parle pas encore, c'est le moyen de développer sa sensibilité et ses attentes. Je suis sûr en tout cas, au dire de ces enseignantes, que c'est quelque chose que l'on pourrait apporter qui ne coûterait rien et qui serait d'un formidable appui pour que l'école n'ait pas à reconstruire ce que dans la famille on n'a pas réussi à bâtir.

La question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l'idéologie mais par l'évaluation des résultats. Ne croyez pas que comme tous les parents et tous les enseignants je n'aie pas une opinion que je crois solide, à laquelle je suis attaché, nourrie par l'expérience, par exemple en matière de méthode de lecture. Je pense que la question des méthodes de lecture devrait être tranchée depuis longtemps : car le clavier avec lequel désormais toute personne vit, ce n'est pas global, c'est lettre par lettre… et donc c'est mon opinion, je ne veux pas l'imposer, mais je veux rappeler que du son à la lettre, de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot, il me paraît y avoir une démarche qui devrait être désormais indiscutable. Mais c'est une opinion personnelle… que je trouve pertinente… mais que j'accepte comme personnelle. Et je considère que ce n'est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d'apprentissage, c'est à la classe, au résultat effectif, à condition qu'aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c'est donc par l'évaluation des résultats que l'on doit trancher de la question des méthodes

Aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu'il maîtrise la lecture et l'écriture. S'il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l'écrit car le but n'est pas d'exclure, mais d'intégrer les élèves qui autrement seront perdus tout au long de leur scolarité

Pour prévenir ces échecs, il faut penser le nombre d'élèves par classe en fonction, non pas de normes, mais de la réalité de la classe. À classe difficile petit nombre d'élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d'élèves

Le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l'uniformité. Pour un certain nombre d'élèves en situation de rejet de l'école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s'il le souhaite, à la voie classique.

Dans chaque discipline le "apprendre à apprendre" et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation et la simplicité de leur énoncé. Je propose qu'un débat parlementaire permette d'exposer à la nation le principe des programmes de son école et leur lisibilité

Informer les élèves sur ce qu'ils ne maîtrisent pas, par exemple, les codes de comportement, d'habillement, de langage. Les chemins de la confiance en eux-mêmes sont des choses très sensibles mais ce sont des choses qui manquent cruellement à un très grand nombre d'élèves qui sont plongés dans un monde dont ils n'ont pas les clés et pas les codes. Je considère qu'il est du devoir de l'école de la République de les leur proposer, non pas de les leur imposer, mais de les expliquer pour qu’ils comprennent un certain nombre de réactions que le monde a à leur égard ou qu'ils ont eux-mêmes à l'égard de ce monde. Démarche sensible mais qui est une démarche de vérité : informer les élèves sur les codes de la société dans laquelle ils vivent

Les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n'est pas normal que l'école française soit celle qui concentre le plus d'heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d'une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d'élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu'ils pourront élaborer

Les devoirs doivent être faits dans le cadre de l'établissement sous la surveillance de tuteurs, d'enseignants de l'établissement s'ils le souhaitent, d'enseignants à la retraite ou le plus souvent d'étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l'enseignement et servir de « grands frères scolaires », de tuteurs ou d'appuis aux élèves plus jeunes. Ces bourses de tutorat doivent être offertes à coût réduit, aisément accessibles elles pourront être offertes aussi en complément de leur retraite à des enseignants qui voudront encore servir. Elles accroîtront la présence si nécessaire des adultes dans les établissements


Donner aux chefs d'établissement des possibilités nouvelles, par exemple recrutement direct des remplaçants, gestion des volumes d'heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe. Je suis pour que cette autonomie nouvelle permette un meilleur service public au sein des établissements, de l'enseignement secondaire en particulier



L'enseignement professionnel doit reposer non pas sur l'élimination mais sur la vocation, par la découverte des métiers, par l'alternance ou l'apprentissage



L'information sur les métiers tout au long du collège, découverte des entreprises et des chantiers pour que les élèves découvrent ce que sont ces activités dont ils entendent parler, mais qu'ils n'ont jamais rencontrées. C'était déjà l'idée du stage en 3ème que nous avons créé en 1995 et dont tous les élèves et beaucoup d'entreprises sont très heureux


Il faut un plan de développement de l'apprentissage et de l'alternance. Il faut que nous élucidions cette question : qu'est-ce qui bloque pour les entreprises ? Qu'est-ce qui bloque du côté de l'éducation ? Qu'est-ce qui bloque dans la destination de la taxe d'apprentissage ? Toutes ces questions-là devront être traitées pour que soit élaboré ce plan de développement dont nous avons besoin de l'apprentissage et de l'alternance



Nous souffrons d'une double pénurie de scientifiques et de littéraires et cette double pénurie constatée dans tous les amphithéâtres est à mon sens dommageable pour la nation. Tout le monde s'accorde à reconnaître que, pour les scientifiques par exemple, cela présage d'une crise des vocations qui est extrêmement lourde. Je pense qu'il faut que nous réfléchissions à l'organisation des baccalauréats et j'avance l'idée, je risque l'idée d'une réflexion sur une nouvelle voie du baccalauréat qui sera un baccalauréat d'excellence générale, à la fois littéraire et scientifique. Je pense que l'obligation à choisir entre littéraire et scientifique pour un certain nombre d'élèves est, au fond, un choix trop difficile et qu'ils n'arrivent pas à assumer et que beaucoup d'entre eux et parmi les meilleurs, voudraient faire les deux. Je pense que ce serait un plus pour les vocations littéraires et un plus pour les vocations scientifiques. Je le propose et ne l'impose pas, mais je propose en tout cas que l'on y réfléchisse



Je suis certain que c'est une clé pour lutter en particulier contre l'échec des premiers cycles à l'université parce que ce que les élèves ne savent pas, c'est que l'université, c'est une connaissance que l'on construit soi-même autant qu’on la reçoit. C'est la recherche dès les premières années, c'est un exercice d'autonomie. Il faut former à cette autonomie en Terminale. Je propose que la Terminale soit repensée comme une véritable propédeutique, on disait cela autrefois, une véritable entrée, préparation à l'entrée dans l'enseignement supérieur


L'orientation c'est une ardente obligation. On doit y préparer tout au long de l'enseignement secondaire et à l'entrée à l'université et, pour l'entrée à l'université, je propose que cette orientation soit nourrie par une information objective sur les sorties d'études dans la formation que l'on envisage de suivre, que l'on dise aux étudiants à l'entrée : « voilà ce qui vous attend à la sortie », car ils l'ignorent dans un grand nombre de cas et cela provoque des catastrophes


Pour les enfants handicapés dans leur scolarisation, des progrès ont été faits, mais des obstacles demeurent. Beaucoup d'enseignants se sentent démunis face au handicap. Je propose que l'on aborde cette question franchement dans le cadre de la Conférence nationale sur le handicap que par ailleurs j'aborderai ici même la semaine prochaine. Enfants handicapés dans leur scolarisation, cela mérite une réflexion et un soutien nouveau de la nation


Il faut un grand plan Santé. Les élèves français sont les plus frappés d'Europe par les addictions au cannabis, à l'alcool, par un certain nombre de comportements à risques. Je pense qu'une mobilisation notamment avec les étudiants en médecine, dans tous les établissements scolaires dans l'enseignement secondaire sera bienvenue et urgente pour lutter contre ces addictions


Deux réflexion générales pour finir.

La première : réflexion générale sur l'éducation numérique. C'est très important pour l'avenir. Je vous ai dit ce que je pensais d'Internet, de ses chances et de ses risques. Moi qui le pratique quotidiennement comme beaucoup d'entre vous, je pense qu'il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, je veux dire qu'il n'y a pas d'éducation qui soit déshumanisée, il n'y a pas d'éducation qui soit entièrement dématérialisée et que les ressources de ce que l'on appelle le e-learning sont, pour l'avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu'il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre. Je propose aussi une réflexion générale sur la coopération entre l'enseignement numérique et l'enseignement classique traditionnel dans les classes


Je pense qu'il faut ouvrir les établissements scolaires en dehors des heures de cours à la demande d'éducation de la société. Une école du soir « à la demande » avec une contribution modeste des apprenants doit être ouverte dans tous les établissements du second degré. L'initiative viendra de la demande de ceux qui veulent apprendre quelque chose. Il y a des pays entiers, je pense aux États-Unis, qui se sont construits sur l'école du soir. Il est légitime et nécessaire de l'offrir en France. Il n'est pas normal que nos établissements soient fermés un jour sur deux dans l'année et ne servent à rien d'autre. Je pense que la société a besoin qu'on lui propose une offre de formation générale

Téléchargez les 30 propositions de François BAYROU !

 

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 La France a besoin de réunir les bonnes volontés du pays dans un projet d'union nationale.

20 propositions pour 'Produire en France' (05 décembre 2011)

CONTRE LE SURENDETTEMENT, LE RÉTABLISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES

Le redressement des finances publiques de la France suppose baisse des dépenses autant qu’augmentation des recettes
Cinquante milliards d’économies : comment les obtenir sans rompre l’élan du pays ?
Cinquante milliards de recettes : comment les obtenir ?


Un vrai programme d’économies passe par un principe : la France ne dépensera pas un euro de plus dans la sphère publique, comprenant l'État et les collectivités locales dans leurs ensemble, pendant deux années qu’elle n’aura dépensé en 2012
Ce principe « augmentation zéro en valeur » est exigeant, mais il est rassurant. Il oblige à des redéploiements à l’intérieur des trois grands ordonnateurs de la dépense publique : l’État, la Sécurité Sociale, les collectivités locales, et peut-être entre ces trois ordonnateurs. En effet, les salaires et les retraites doivent respirer. Il faudra donc compenser sur les interventions. Mais au bout de ces deux années, les économies sont acquises : après on peut à nouveau tenir compte de l’inflation. Ce principe permet de donner aux Français la vraie mesure de l’effort à accomplir pour se débarrasser des déficits.


Trois grandes décisions sur les recettes
• « coup de rabot » sur les niches fiscales. Certaines devront disparaître, comme non fondées : c’est le cas de l’exonération des revenus issus des heures supplémentaires. Ce coup de rabot devra atteindre 20 milliards en trois ans, dont dix milliards la première année. Total au terme des trois années : 20 Milliards.
Augmentation modérée de la TVA affectée au budget de la nation. Un point en 2012, un point (si la croissance n’est pas au rendez-vous) au 1er janvier 2014. Total au terme des trois années, par la TVA ou par le retour de la croissance : 20 milliards.
Mesures d’équité pour l’impôt sur le revenu : deux tranches supplémentaires, la tranche marginale actuelle à 41 % portée à 45 % ; et une tranche de solidarité pour les revenus supérieurs à 250 000 € par part portée à 50 %. Mesures d’équité et de simplification pour l’impôt sur la fortune (Contribution de solidarité sur le patrimoine CSP) Pour tout patrimoine au-dessus de 1 million d’euro, compte tenu des abattements actuels inchangés, un revenu théorique de 1 % est intégré dans la base de l’Impôt sur le Revenu. Ainsi la progressivité est assurée et la solidarité aussi. Ajoutés à une revue des avantages fiscaux infondés, à la croissance espérée, même modeste, ces mesures approcheront les 10 milliards.
Cette contribution pendant les trois années est équilibrée. Elle touche pour plus de 50 % les plus aisés de nos concitoyens.


Inscription de la « règle d’or » dans la Constitution
J’ai été le premier responsable politique à évoquer l’idée de l’inscription dans la Constitution du principe d’équilibre des finances publiques, véritable principe de protection des générations à venir. À l’époque cette idée a été combattue, il est juste de le dire, à gauche comme à droite. L’évidence s’est ensuite imposée, non seulement en France mais dans tous les pays européens membres de la zone euro.
Je suis prêt à voter à tout moment cette règle d’or, principe d’équilibre des finances publiques, en tenant compte de la nécessité du soutien à l’économie en période de récession, et de l’idée juste du partage du poids des investissements avec les générations à venir.

Je soutiendrai donc le traité européen qui exige cette règle de tous les pays de la zone euro, avec un court délai pour en mettre en œuvre l’application.

RÉARMEMENT DE LA PRODUCTION FRANÇAISE


Architecte de ce mouvement : un commissariat national aux stratégies.
J'ai beaucoup d'admiration pour ce que le commissariat au plan a accompli au début de la Ve République. Le travail qui fut confié autrefois au Commissariat au Plan est plus nécessaire que jamais. Un pays confronté aux défis qui sont les nôtres a besoin de faire travailler ensemble tous les acteurs de son redressement. Ce Commissariat national aux stratégies doit être placé auprès du Président de la République et dirigé par une personnalité de grande autorité.


Mise en réseau des grandes entreprises et des PME
Les grandes entreprises ont la maîtrise des processus de fabrication, des brevets, de la recherche appliquée, de grands réseaux commerciaux, les PME ont la capacité d’innovation. Une récente étude de l'OCDE montre que la création d'emplois se fait pratiquement uniquement dans les PME. Incitation par la création d’un avantage fiscal lorsqu’une grande entreprise aura créé une structure d’investissement en direction des PME ou pris une participation dans une telle structure.


Un soutien au financement par la création d’une ou plusieurs banques d’économie mixte décentralisées de soutien aux PME
Cette idée avance dans tous les programmes. Je l'ai vu reprise sous des formes différentes dans les discours de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Il est des besoins de financement, notamment en fonds propres, qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui. Mais il est capital que cette structure soit décentralisée, qu’elle associe les collectivités locales à son action et qu’elle ne soit pas sous le seul contrôle de l’État. De tels établissements bancaires peuvent être soit organisés sur une base géographique, soit spécialisés sectoriellement (par exemple pour l’économie numérique). Ces banques pourront faire appel à des actionnaires nouveaux (type assurance-vie)


Création d’un livret d’épargne industrie
Il est besoin non seulement d’établissements mais de ressources nouvelles dédiées.


Négociation nationale autour de la rénovation du climat social dans l’entreprise
Ce sujet est crucial. L’adaptation de l’entreprise à son environnement, à la conjoncture, exige l’association et la participation des salariés et de leurs organisations syndicales à la réflexion stratégique dans l’entreprise. La guerre froide sociale est un facteur de blocage. J’organiserai une négociation nationale entre partenaires sociaux sur ce thème, dont l’État sera facilitateur, mais dont il ne sera pas décideur. J’ai en effet décidé de sortir du blocage qui vient de la posture de l’État dont tout le monde sait qu’il interviendra en fin de compte.


Pour faire bouger les choses, la participation : les salariés au Conseil d’administration des entreprises avec droit de vote
La culture de la cogestion est bienfaisante. C'est mon affirmation, et telle est une des principales raisons du retard français par rapport à la réactivité du tissu économique allemand. C’est d’ailleurs l’inspiration même qui fut celle du général de Gaulle lorsqu’il plaidait, à l'époque difficilement, la participation. Non seulement participation aux résultats, mais participation à la stratégie et à la décision. Nous ferons entrer dans les entreprises de plus de 500 salariés d’abord les représentants des salariés dans les conseils d’administration des entreprises avec droit de vote.


La participation par la négociation au sein des Comités d’entreprise
Les comités d’entreprise sont déjà le lieu légal et obligatoire de l’information et de la consultation des représentants des salariés sur la vie de l’entreprise. Il faut étendre leur rôle à la négociation continue des conditions de travail et des rémunérations.


La négociation d’accords particuliers au sein de l’entreprise soumise à des accords cadres dans les branches
Nicolas Sarkozy a annoncé que des accords majoritaires dans les entreprises pourraient s’imposer aux salariés minoritaires. Le risque est grand, à mes yeux, que cette possibilité, ouverte sans précaution, se révèle contraire aux principes constitutionnels. Il est encore plus grand que des pressions à l’intérieur des petites entreprises rendent ce dispositif choquant et inquiétant. Il faut donc que faute d’unanimité, de tels accords soient encadrés par des accords cadres fixant, dans les branches, le cahier des charges de ces négociations et les marges admissibles des évolutions envisageables.


Un crédit d’impôt innovation à l’image du crédit d’impôt-recherche et un encouragement au lien PME-universités
On peut imaginer que des PME pourraient faire appel à des laboratoires d'universités. La recherche est une donnée clé. Mais l’innovation, dans les processus de fabrication, dans le design est au moins aussi importante, notamment dans les PME. Je proposerai la création d’un crédit d’impôt innovation, parallèle au crédit impôt recherche.


Un statut pour les Business-angels à l’image des fonds de private equity
Dans le monde des entreprises innovantes, il existe une disparité très grande entre les avantages consentis aux fonds de private equity, dont les intérêts d’acquisition sont fiscalement déductibles et les Business angels, qui soutiennent des créations de start-up, ne reçoivent aucun avantage fiscal équivalent. Il faut donc leur permettre pendant les premières années de leur investissement de déduire les pertes éventuelles de ces entreprises en développement de leur propre revenu imposable, au moins partiellement.


L’association des consommateurs : la création d’un label indépendant
Plus de 60 % des consommateurs français souhaitent soutenir la production dans notre pays, que cette production soit le fait d’entreprises françaises ou d’entreprises à capitaux étrangers installées en France. Mais pour l’instant il est impossible pour l’immense majorité des produits de connaître la provenance, ou la part française dans le produit considéré. Or il y aura là, pour les industriels, un avantage compétitif qui peut être déterminant pour inciter les industriels à leur installation dans le pays.


Développer l’image de marque du « produit en France »
Quand les produits français ne sont pas choisis par les consommateurs nationaux, européens ou étrangers, c’est souvent, à prix égal, parce que l’image de marque de nos productions n’est pas suffisante. Nos concurrents, surtout allemands, sont considérés comme plus fiables, plus durables, même si la réalité ne confirme pas cette réputation. Il faut
donc entreprendre un travail en profondeur sur l’image de marque de la France en tant que pays producteur.

INSCRIRE LE PRODUIRE EN FRANCE DANS LE CADRE D'UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE EUROPÉENNE


Définition de priorités sectorielles, en nombre limité mais fortement structurantes

Énergies renouvelables et technologies de rupture énergétique ; biotechnologies ; nanotechnologies ; infrastructures. Je proposerai que 10 % du budget européen puissent être fléchés vers des fonds liés à ces priorités.


Pour financer ses priorités stratégiques, l’Europe devra mobiliser l’épargne des Européens et l’orienter vers des besoins d’investissements à long terme
Il y a dix ans, je me suis élevé au Parlement européen contre les normes comptables anglo-saxonnes excessivement court-termistes, trop réactives, que l’on nous imposait. Aujourd’hui la Commission européenne et un nombre croissant d’économistes reconnaissent qu’il y a là un sujet majeur pour la compétitivité de l’Europe et le financement de son industrie.


Pour sortir de la crise, une alliance entre l’Europe et les pays émergents
Je me refuse à faire des pays émergents les boucs émissaires de nos maux. Leur défi, c’est de sortir leurs populations de la pauvreté. Je proposerai à nos partenaires européens l’organisation d’un grand sommet Union Européenne / BRICS.


Il y a cinq ans, j’avais proposé deux emplois sans charges par entreprise quelle que soit sa taille. La détérioration des finances du pays ne permet plus un tel projet. Mais le besoin demeure vital de débloquer l’emploi pour deux catégories de Français : les jeunes à la recherche de leur premier emploi dont le chômage s’accroît, et les chômeurs qui se trouvent pour beaucoup bloqués dans leur recherche.

C’est pourquoi je propose à toute entreprise de moins de 50 salariés l’ouverture d’un droit à un emploi sans charges pendant deux ans, pourvu qu’il s’agisse d’un CDI (avec période d’essai) proposé à un jeune dont ce sera le premier emploi ou à un chômeur. Ce droit ne sera pas ouvert s’il y a eu préalablement suppression de poste de travail.

Le coût de cette mesure peut être estimé à 2 milliards par an, équilibrés par la suppression de l’exonération fiscale des revenus des heures supplémentaires.

C’est un coup de pouce très important pour les TPE artisanales et commerciales.

 

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François Bayrou était le premier invité de l'émission "Paroles de Candidat" présentée par Laurence Ferrari sur TF1.
Les questions posées étaient pertinentes et les réponses apportées par François Bayrou ont, je le crois,  été sincères et justes.
Trois défis pour la décennie qui vient sont à relever : Produire - Instruire - Construire !
La priorité des priorités sera ainsi, non pas l'éducation comme pseudo-réalisée depuis 20 ans mais bien l'Instruction.
Comme l'on dit à l'ESM de Saint Cyr : S'Instruire pour Vaincre ! En effet, ce gage de l'instruction permettra la capacité de production dans notre pays.
Ainsi nous relèverons ensemble ce défi du produire en france et réindustrialiser notre pays.
Rappelons nous que c'est bien sous les mandats du président socialiste et du président du RPR-UMP que le démantèlement de notre industrie a eu lieu et s'est poursuivi.
Rappelons-nous aussi que nombre d'entreprises ont pu être achetées et leurs brevets avec.
J'ai regardé un soir une émission sur la cinq où il était rapporté que l'on fabriquait désormais du Roquefort en Amériqie du Nord !!!
Ne faut-il pas préserver notre patrimoine ?
Et puis il nous faudra bien provoquer une moralisation de la vie publique et construire un véritable contrat démocratique pour la France et ses ressortissants. Ce sera le troisième défi à relever tous ensemble et ce nouveau contrat démocratique ne pourra être validé que par référendum.
Enfin mais hélas cela n'a pas été soulevé par nos précieux journalistes, il faudra s'assurer d'une vraie construction européenne avec ses fondamentaux tels qu'ils avaient pu être définis dans le traité de Maastricht et rappelés dans le TCE.
sans cette organisation positive l'Union Européenne continuera à n'être qu'une espèce de marché commun avec une monnaie commune pour peu qu'elle subsiste. N'est-il pas effrayant d'entendre et lire çà et là ces volontés politqiues réclamant le retour au Franc ? Et Après ? Que se passera-t-il ?
En somme : P.I.C !
Je conseille à ce sujet  la lecture de "2012 ! Etat d'Urgence"
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Voici la vidéo de l'émission du lundi 20 février
 

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