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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

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Mise à mort

Publié le 12 Août 2013

By Nicole Delépine

Nicole Delépine ancienne responsable de l'unité de cancérologie pédiatrique de l'hôpital universitaire Raymond Poincaré à Garches( APHP ). Fille de l'un des fondateurs de la Sécurité Sociale, elle a récemment publié La face cachée des médicaments, Le cancer, un fléau qui rapporte et Neuf petits lits sur le trottoir, qui relate la fermeture musclée du dernier service indépendant de cancérologie pédiatrique. Retraitée, elle poursuit son combat pour la liberté de soigner et d’être soigné, le respect du serment d’Hippocrate et du code de Nuremberg en défendant le caractère absolu du consentement éclairé du patient.

Elle publiera le 4 mai 2016 un ouvrage coécrit avec le DR G Delepine chirurgien oncologue et statisticien « Cancer, les bonnes questions à poser à mon médecin » chez Michalon Ed.


Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/suicide-medecins-silence-mediatique-massacre-programme-systeme-sante-nicole-delepine-800861.html#LCEgb3qs0SjiVSKL.99

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/04/pendu.jpg

Médecins libéraux et du service public, aide-soignants...toute la profession connaît une recrudescence du nombre de suicides. Crédit Flickr

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Le harcèlement quotidien des personnels de santé

Alertes répétées et à chaque fois silence ! Et le harcèlement des autorités contre le monde médical continue avec chaque jour son flot de mesures vexatoires, diffamatoires et dégradantes pour désespérer un peu plus l’ensemble de la profession. Une visite quotidienne du site Les médecins ne sont pas des pigeons vous convaincra de la gravité du harcèlement subi par les médecins libéraux qui n’a d’égal que le harcèlement des personnels hospitaliers par les restructurations conçues en dehors de tout consensus et réflexions a priori sur conséquences prévisibles avec les personnels concernés et compétents.

Les réunions dites de "concertation" ne sont que des simulacres de dialogue et ne consistent qu’à annoncer au personnel désespéré à quelle sauce il sera mangé sans possibilité de refus.

La médecine policière

La bureaucratie représentée par les Agences régionales de santé (ARS) toutes puissantes décide de la vie ou de la mort de tel service ou institution via la délivrance ou non de l’accréditation, soit de l’autorisation de traiter telle ou telle pathologie après des enquêtes, audits et interrogatoires policiers sur vos pratiques, votre obéissance aux recommandations venues d’en haut, les travaux coûteux effectués pour correspondre de nouvelles normes à chaque fois modifiées, bref du harcèlement administratif et autocrate.

ACTUALITÉ DES MARQUES

Moralité : les suicides et tentatives se multiplient, s’ajoutant aux arrêts de travail pour dépression ou équivalents aggravant la déshumanisation, conséquence de la froideur dans laquelle les personnels victimes de burn out (épuisement professionnel : on se brûle, on se consume littéralement) se réfugient avant la décompensation finale du suicide. [1]

Le nombre de suicides des médecins trois fois supérieur à celui de la population générale a été dénoncé de nombreuses fois depuis plusieurs années. En 2008 par exemple le Dr Fougeron se suicidait suite à un raté diagnostique. Le président de l’Ordre du Pas-de-Calais se déclarait "non étonné" . Selon lui, 14 % des morts de médecins chaque année sont liés à un suicide contre 4 % dans la population française globale.

Le management à la France Telecom

En 2013, le désastre des restructurations hospitalières s’aggrave, les suicides se multiplient et toujours dans le même silence médiatique. Le patron de la pneumologie de Nevers s’est suicidé le 23 avril 2013, et même le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de la Nièvre s’est indigné "du silence des autorités locales, régionales voire nationales et des médias locaux " [2]. Le président, le Dr. Badoux, insiste dans un courrier d’alerte adressé à Marisol Touraine, au préfet, à l’ARS de Bourgogne et aux instances ordinales. Quelle fut leur réponse à part le bruit assourdissant du silence ? Si elle existe, elle n’a pas inondé les ondes. Le Dr Badoux a évoqué ce médecin "pilier de la pneumologie", "apprécié de toutes et tous pour sa technicité et sa gentillesse". L’Ordre local "choqué" s’interroge : "Pourquoi une telle indifférence ? La vie des uns et des autres n’a-t-elle pas la même valeur ? Le suicide d’un médecin aurait-il moins d’importance que celui d’un employé de grandes entreprises nationales comme France Telecom ou Renault ? Ce chef de service est revenu à l’hôpital pour mettre sa blouse en cette matinée tragique avant de se taillader les veines et se sectionner la carotide. Qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a aucun lien avec le travail quotidien."


Un commentateur de ce drame nous apprend "que la même agence de consulting chargée de restructurer FranceTélécom et EDF avec les conséquences que tout le monde connait... s'occupe depuis les dernières années de restructurer la santé publique". Pas vraiment une surprise vu les conséquences communes, mais l’idée même de la voir embauchée fait frémir …

Médecins, aide soignants, infirmiers, personnel ouvrier , même galère , mêmes conséquences : leurs familles ne passeront pas leurs vacances avec eux …

Et l’épidémie chez les médecins se double de celles des paramédicaux chez lesquels les suicides devraient aussi faire la une du 20 heures.

Mais, surprise, ils sont également ignorés comme ceux des agriculteurs pendus dans leurs granges victimes de la politique agricole commune (PAC). Dans les six premiers mois de l’année en cours, l’APHP [3], cette célèbre et fière institution d’Ile-de-France, a égalé le nombre de suicides et tentatives de l’année 2012 :" Depuis 2010, avec une accélération en 2012, nous totalisons le triste chiffre de plus de trente suicides ou tentatives de suicide*, toutes catégories confondues, avec sur une période de 5 mois un nombre équivalent à celui (déjà inacceptable) d’une année entière ! " [4].

“Je ne veux plus retourner à Robert Debré. Travail inhumain. Plus la force”. Voilà les quelques mots laissés par Françoise, auxiliaire de puériculture le 22 décembre dernier, avant de mettre fin à ses jours. Depuis, près d’une dizaine d’autres membres du personnel de l’Assistance publique ont imité son geste. Rien que pour 2013, ils sont 9, dont deux ont tenté de se suicider directement sur leur lieu de travail. Le 25 mai 2013, une salariée d’Henri Mondor, âgée de 42 ans, a décidé d’en finir. [5]

L’USAP CGT avait interpellé la ministre en décembre 2012. A la date du communiqué le 29 mai 2013, "aucune réponse de la ministre, aucune mesure concrète nouvelle à l’APHP, bien que la Directrice Générale nous ait répondu favorablement. De plus les médecins du travail sont de moins en moins nombreux". Est-ce que la mise en place d’une cellule de crise et de soutien psychologique peut effacer les harcèlements quotidiens auxquels sont soumis les personnels ? Ne faut-il pas reconsidérer, comme ce fut fait finalement à France Télécom, le management choisi dans les hôpitaux et la politique de santé actuelle ? Comme le dit si bien ce communiqué : "L’hôpital est devenu une usine de production de soins avec une gestion managériale d’entreprise à la clé. Nous n’avons plus un (e) ministre de la santé mais un (e) ministre à l’économie de la santé ! "

Les médecins infirmiers, ou aide soignants, sont dans le même bateau ivre et victimes des mêmes souffrances, liés aux dysfonctionnements "organisés" dans le but de justifier restructurations de services, fusions d’hôpitaux, suppressions d’emplois utiles avec au passage casse des équipes soudées qui permettaient la joie de vivre malgré la maladie. Pendant que prolifère la bureaucratie hospitalière, les effectifs soignants fondent au lit du patient conduisant l’encadrement à sacrifier leur quotidien au nom du service public. Est -ce que changer les plannings d’un jour à l’autre, annuler des congés prévus, installer la zizanie entre les professionnels améliore le service au patient ? Non, ce type de gestion trop répandu dans les établissements de soin et apprise chez France Télécom le désintègre, entrainant le désarroi des soignants puis le syndrome d’épuisement professionnel (burn out), éloignant du patient et expliquant cette déshumanisation des hôpitaux. Enfin, dans un certain nombre de cas, sans l’aide de médecins du travail trop peu nombreux et pas toujours avertis, toujours absents pour les médecins (sûrement faits de chair et d’os différents des autres hommes), sans l’aide d’une famille attentive qui souvent rattrape le professionnel devenu patient, le pire arrive et l’on s’étonne, pas très longtemps.


Les médecins du travail eux-mêmes ne sont pas à l’abri : Marie-Magdeleine Gressé "a décidé d'en finir pour projeter ces questions taboues du suicide et du harcèlement sur le devant de la scène et dans le débat public ". Médecin du travail, elle travaillait depuis 25 ans à l’association "Alsace santé au travail" et était fortement impliquée dans l'Association d'aide aux victimes de violences psychologiques et de harcèlement moral dans la vie privée ou professionnelle (Avip).

Et ce n’est pas la réponse de l’APHP suite à l’appel au secours des personnels via leurs syndicats qui va améliorer les choses : " 522 000 euros donnés à Ipsos pour un questionnaire imbuvable [6], on s’aperçoit vraiment que l’on ne nous écoute pas.

Des audits sont déjà faits régulièrement et cela coûte des fortunes. On ne voit pas bien ce qu’ils vont faire de ce baromètre. Ce n’est pas ça qui va régler le problème”, juge la secrétaire du Comité d’hygiène et de sécurité central de l’Assistance publique.

Elle a raison, chacun comprend et connait les raisons du désespoir que ne feront pas disparaitre tous les outils éculés du management marchand.

Trop dur, trop douloureux, symptôme d’une société tellement malade qu’elle tue ses professionnels de santé tant en ville qu’à l’hôpital et détruit ses hôpitaux.

[1] « Le suicide d'un médecin ne fera pas la une des journaux comme celui d'un salarié d'une grande entreprise, c'est exact. Mais il en est de même du suicide des commerçants, des agriculteurs qui se pendent dans leur grange, des petits chefs d'entreprise ou artisans... Bref, tout ce qui appartient au monde des travailleurs indépendants ! » autre commentaire de lecteur au suicide du médecin de Nevers.

[2] Le quotidien du médecin : " Suicide d’un pneumologue à l’hôpital de Nevers : l’Ordre dénonce le silence des tutelles" , 15/05/2013

[3] Assistance publique hôpitaux de Paris

[4] Communique de presse USAP CGT

L’insupportable souffrance au travail : ça suffit !!!

Lundi 25 mai 2013 au soir, une de nos collègues d’Henri Mondor, proche de la CGT, jeune femme de 42 ans à choisi de se suicider.(…) L’USAP CGT par courrier dès décembre 2012 avait demandé devant cette tragique montée en charge la mise en place d’un observatoire sur les suicides à l’APHP, et alerté la ministre de la santé (…)

[5] www.egora.fr par Sandy Berrebi

[6] Qui devrait être reconduit dans trois ans pour voir les progrès accomplis


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Et j'en suis là mais celle qui partage mes jours depuis quelques mois m'aide. Puisent mes enfants le comprendre et  me sortir de cette spirale rencontrée il y a déjà 10 ans !!

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Published by jcjos - - Etats d'âme

Voici ce que j'écrivais en 2006-2007 lors de cette fabuleuse campagne de François Bayrou.

Que dire suite au résultat de l'élection présidentielle 2017 ?

Sinon que l'espérance que ce courant central où les progressistes de tous bords partageant leurs compétences utiles pour notre Pays, voit enfin le jour (un vieux rêve, un bel et sacré idéal porté notamment par les démocrates sociaux incarnés aujourd'hui par le MODEM anciennement Centre des Démocrates Sociaux).

Et puis qu'enfin le PS fasse son aggiornamento ou son Bade-Wurtenberg et que la droite se décide à se positionner entre conservateurs et progressistes.

Comme me le répétait régulièrement Raymond Barre, face à mes interrogations

« Pour qu’il y ait recomposition il faut que la décomposition ait lieu »

La décomposition du paysage politique dit traditionnel (Droite-gauche ou UMPS) a eu lieu puisque non présents au second tour.

Je souhaite au président Macron, 8ème président de la Vème, de permettre ce courant central, celui alliant les compétences d'où qu'elles viennent et permettre ainsi cette recomposition entre progressistes et conservateurs tant de droite que de gauche.

Que puisse naître enfin ce courant central progressiste tant désiré qui pourra permettre à tous nos compatriotes que demain soit meilleur qu’hier.

Pour ma part, je crois aux idées et n’ai jamais eu d’ambition de carrière dite politique.

Les idées l’emportant, celles auxquelles j’ai toujours cru et pour lesquelles j’ai tant milité, je pense qu’il est temps de me mettre en retrait définitif de la politique. Je continuerai sans doute à faire part de mes observations et de ma réflexion, car on ne peut changer de matrice n'est-ce pas?

Bonne chance au nouveau président de la République Française !

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Published by jcjos - - Mon engagement politique

Il y a quelques semaines, j'avais proposé que Emmanuel Macron ne se commette pas dans un tel débat soit tradition des médias, Médiamétrie oblige !

Jacques Chirac avait refusé ce débat d'entre tours afin de ne pas donner d'importance à ce qui représente la peste brune;

Macron aurait dû faire de même !

Mais bon il a choisi de jouer le faire-valoir ! bien lui en pris, ml lui en pris en fait !

Invectives, contre-vérités, insultes !!

Voici le débat in extenso ! Cela vaut son pesant de nullités !

J’avais voté au premier tour Jean Lassalle, en raison de notre proximité tant de la démocratie soiale que de notre amitié et de notre amour pour le rugby !

J’avais prévu de voter orange !

Il n’est guère idiot que de changer d’avis !

Macron sous l’instigation de François Bayrou évoque ce grand courant central alliant les progressistes de tous bords versus les conservateurs de droite et de gauche.

CELA EST MON CREDO DE TOUJOURS !

Alors oui je change d’avis et je voterai Macron en conscience, en espérant qu’il saura se défaire des opportunistes, des arrivistes de tous bords, de ces désireux d’avenir.

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Published by jcjos - - Mon engagement politique

Au premier tour on choisit, au second on élimine !

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Chère Europe, où vas-tu ?

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Mon père m’a avoué un jour que, s’il avait vu passer dans la rue un soldat allemand, il l’aurait tué. Il avait alors 18 ans et vivait dans un déchaînement de violence qui a fait de la Seconde Guerre mondiale la période la plus cruelle de toute l’histoire de l’humanité. Mais des hommes et des femmes de foi se sont levés et ont dit : « Plus jamais cela ! » Nous avons atteint aujourd’hui un nouveau record, celui du temps de paix le plus long des derniers siècles. Il est bon de nous en souvenir en cette période historique d’élections.

Je n’ajouterai pas un commentaire à tous ceux que nous diffusent aujourd’hui les médias. Mais je veux me faire ici l’écho de la parole du pape François dans son discours aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne à l’occasion du 60e anniversaire du traité de Rome, le 24 mars dernier.

L’Europe a une âme, et son âme demeure unie parce qu’elle vit selon les mêmes vertus – je préfère ce mot à celui de valeur – chrétiennes et humaines, et qu’elle s’est éloignée des idéologies qui l’ont divisée et ravagée. Je cite : « Dans notre monde multiculturel ces valeurs continueront à trouver plein droit de cité si elles savent maintenir leur lien vital avec la racine qui les a fait naître. Dans la fécondité d’un tel lien se trouve la possibilité de construire des sociétés authentiquement laïques, exemptes d’oppositions idéologiques ».

L’Europe est une vie. Comme toute vie, elle est fragile et peut être tuée. Le risque pour cette vie, c’est l’égoïsme. « Le premier élément de la vitalité européenne est la solidarité ». Que l’Europe se fasse la voix des pauvres, la voix de tous ceux qui souffrent des dérives libérales de la mondialisation. Je cite : « L’Europe n’est pas un ensemble de règles à observer, elle n’est pas un ensemble de protocoles et de procédures à suivre. Elle est une vie, une manière de concevoir l’homme à partir de sa dignité transcendante et inaliénable ».

L’Europe est un chemin d’espérance. Je cite : « L’Europe retrouve l’espérance lorsqu’elle ne s’enferme pas dans la peur et dans de fausses sécurités… ; lorsqu’elle investit dans le développement et la paix ; lorsqu’elle investit dans la famille qui est la première et fondamentale cellule de la société ». Le matérialisme « semble lui avoir rogné les ailes… » J’ose dire avec le pape François que « l’Europe a un patrimoine d’idéaux et de spiritualité unique au monde qui mérite d’être proposé à nouveau avec passion…, meilleur antidote contre le vide de valeurs de notre temps ». Ce vide, ajoute-t-il, est « le terrain fertile pour toute forme d’extrémisme ».

J’aime la France. La France dans une Europe des nations. Avec ferveur, je prie pour mon pays. Avec passion, je vous invite à prier pour la France, à l’édifier et à raviver son âme.

 

+ Christophe DUFOUR

Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

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Luc Besson

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(English translation below)

LA GRANDE ILLUSION

Mes chers compatriotes, mes amis, mes frères.

Je m’appelle Luc B, j’ai 57 ans, je suis français, marié et père de cinq beaux enfants.
Je n’appartiens à aucune communauté, aucun parti, aucun syndicat.
Je ne bois pas, je ne fume pas et je ne me suis jamais drogué.
Par contre je travaille, et ce, depuis l’âge de 17 ans.
Je travaille pour ma société, pour ma famille et pour mon pays. 
Je suis, somme toute, un citoyen comme les autres. 
J’ai le sentiment de faire partie du peuple de France et je suis fier de l’être.
Je prends la parole aujourd’hui parce que je me dois de dénoncer la belle arnaque dans laquelle nous nous apprêtons à tomber. 

L’Arnaqué

Les arnaqués c’est nous. 
Foule sentimentale, en mal d’idéal, baladée par les discours, épuisée d’avoir cru, écœurée par les promesses non tenues.
Affaiblis, désabusés, nous sommes une proie facile, comme un animal blessé, abandonné au milieu de la forêt.
Aveuglés par nos larmes, nous sommes la cible parfaite des vendeurs de fleurs à l’entrée des églises et des vendeurs de mouchoirs à la sortie des cimetières.
Notre mal-être nous expose, nous rend vulnérable. Nous sommes prêts à entendre n’importe quoi du moment que ça soulage. C’est le moment idéal pour nous abuser et c’est le créneau choisi par les escrocs pour entrer en piste.

L’arnaqueur

Ils sont deux et travaillent en tenaille : la famille LE PEN et le Front National.

Rappelons brièvement ce qu’est la famille LE PEN.
Le père tout d’abord, pour qui la shoah est un détail, le racisme une douce mélodie et l’étranger un nuisible. Il se réclame de race blanche et supérieure, mais plus il parle, plus je rêve d’être noir. 
Il y a une quarantaine d’années, il a monté une petite boutique où tous les articles sur le fascisme, le racisme ou la xénophobie sont en vente libre. 
Il a aussi une maison de disques qui, il n’y a pas si longtemps, éditait encore les droits musicaux de chants nazis. 
La boutique est aussi connue pour ses excès verbaux et physiques et ses dérapages fréquents. Mais les français ont parfois la mémoire courte. Qui se souvient des ratonnades des années 80 ? Qui se souvient de ce jeune arabe jeté dans la seine et qui a succombé à ses blessures ? N’oubliez jamais sinon, un jour, c’est vous qu’on oubliera.

Fatigué par tant d’activités, le père a passé les clés de la boutique à sa fille « Marine », qui aujourd’hui se réclame « la candidate du peuple » « La candidate antisystème »
La bonne blague ! Marine est une héritière, élevée à Saint-Cloud, dans l’aisance et le luxe. 
Elle n’a jamais vraiment travaillé de sa vie, ni en entreprise, ni en usine et encore moins à la ferme. Elle n’a jamais participé à l’essor de la France et n’a jamais créé d’emplois (à part des fictifs apparemment).
Elle est en réalité la parfaite représentante du système qu’elle dénonce. 
Elle vit des allocations de Bruxelles, et se sert de toutes les lois du système pour lui permettre d’améliorer son quotidien. 
Comment peut-on se réclamer « candidate du peuple » quand on n’a jamais travaillé avec lui ni pour lui ? Et comment peut-on se déclarer « antisystème » quand on l’utilise à fond depuis des décennies ?

Le FN maintenant : une Jolie P.M.E qui regroupe, dans ses instances, l’élite du fascisme à la française. 
J’ai lu les 144 points de leur programme pour la présidentielle. Trois ou quatre points sont intéressants, une cinquantaine sont inapplicables, le reste n’est que du racolage électoral. On vous dit tout ce que vous voulez entendre, du moment que vous votez pour eux.
Le Front National nous propose de fermer les frontières et chasser les étrangers, c’est-à-dire vivre petitement, entre nous. De se reproduire en famille en quelque sorte. 
À quelle période de l’histoire et dans quel pays, le repli sur soi-même a-t-il marché ? Jamais. La fermeture entraîne l’isolement. L’isolement amène le totalitarisme. Le totalitarisme mène au fascisme. Le fascisme à la guerre.
Cinq mille ans d’histoire sont là pour le prouver et ce n’est pas la petite héritière de Saint-Cloud qui va changer l’histoire.

L’arnaque 

Comme nous avons affaire à des professionnels, l’arnaque est double.
Régulièrement il y a en France, des élections. Comme les frais de campagne sont remboursés par « le système », il y a du fric à se faire. Le FN présente alors une multitude de candidats inexpérimentés, qui n’ont évidemment aucune chance de gagner, mais qu’importe, la marque FN est suffisamment forte pour passer la barre des 5% et se faire rembourser par « le système ».
On charge alors les frais de campagne et on se fait grassement rembourser. C’est comme ça que le Front National empoche plusieurs millions d’euros à chaque élection.

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Réflexion d'un 27 avril !

Qui suis-je ? Où vais-je ? Et dans quel état j'erre (ha ha).

je me fais figure de la réflexion et de la réaction !

je préfère la réflexion et le regard simple !

je préfère regarder par ce bout de la lorgnette, celui de celles et ceux que je côtoie dans ma vie de tous les jours, celles et ceux qui ne reçoivent rien en échange de leurs euros versés, et non par celui que ceux qui ne jurent que par la macro-économie!

Cela me rappelle un échange des années 90 alors que j'étais le président fondateur de la coordination nationale des médecins face à Douste sur FR3 où déjà j'opposais ces deux façons de voir !

Bien sûr je ne suis qu’un observateur et je regarde !

Je dois regarder ! et me poser alors les questions fondamentales!

Pourquoi nos concitoyens, les sans voix, les ceux d'en bas, les sans dents ont-ils autorisé cela ?

Je me sens subitement humble !

je crois à la capacité de réflexion de toutes et tous de mes compatriotes, de mes concitoyens.

Je me questionne et dieu, que le doute qui m'a toujours Habité (non Jack, please) me tenaille en ces jours.

Je sais que je pourrais malgré mon âge avançant, retrouver l'énergie pour lutter contre toute dictature mais quelles sont mes forces pour que toutes celles et tous ceux de mes compatriotes pour leur permettre cet éclairage-là.

Je ne sais !

Le doute m'habite (please Gerra pas de jeux de mots même si cela me fait chaque fois rire!)

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Les résultats du premier tour étaient prévisibles et déjà mentionnés par différents sondages.

J'ai soutenu Jean Lassalle qui est un homme de cœur et de convictions propres à l'idéal de la Démocratie Sociale.

Si je suis triste de ce petit score, je veux souligner ici le mépris profond des mass-médias vis à vis de ceux qui ont été vite nommés petits candidats et éliminés ainsi du rideau de la visibilité.

Je ne reviendrai pas ici sur la stupidité des primaires ouvertes qui malgré le battage médiatique et monopolistique depuis près d'un an ne reflètent rien de leurs résultats.

Cela étant si l’UMPS est apparemment morte, verra-t-on une nouvelle conception, une recomposition du paysage politique français opposant les progressistes aux conservateurs tant de la gauche que de la droite ?

Quant au second tour, je crois que le pseudo débat que nous concoctent les médias est illusion, notamment sur l’Union Européenne .

En effet, si au premier tour on choisit, au second on élimine!

Je pense ainsi que l’extrême droite a fait globalement le plein de ses voix comme en 2002.

Macron sera élu avec une très large majorité même si je crois que l’abstention sera plus forte qu’en ce premier tour. Quid de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon qui je pense aura plutôt tendance à s’abstenir de choisir.

Tout sera dit après les législatives.

Macron élu président de la République Française, devra alors faire montre d’une audace pour permettre la vraie recomposition en proposant au Peuple des corrections de nos institutions qui amènera ipso facto à un 5+1 id est une nouvelle constitution et donc une nouvelle république.

Je reprends ici la proposition majeure de Jean-Luc Mélenchon proposant la tenue d’une nouvelle constituante à faire adopter par référendum, dissolution de l’Assemblée pour repartir sur de nouvelles bases.

Raymond Barre avait coutume de dire :

« Pour qu’il y ait recomposition, encore faut-il qu’il y ait décomposition ! ».

Nous verrons si décomposition il y aura, lors des prochaines législatives par la mesure du poids des appareils politiques de l’UMPS annoncée comme défunte.

Lyon ce 24-IV-2017

jcj

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Causeur.fr, surtout vous n'êtes pas d'accordMacron: le mirage, jusqu’à quand?

Il est encore temps d’ouvrir les yeux !

Gérard Blua
est écrivain et éditeur.

 

Sorti de nulle part, Emmanuel Macron y retournera-t-il aussi vite ?

La France entière – et pour des raisons diamétralement opposées – retient son souffle devant cet avatar de François Hollande : serait-il consistant ou bien ne serait-il qu’un courant d’air ? Est-il notre futur cauchemar présidentiel ou bien l’un de nos rêves puérils et fugaces ? Il faut dire que le spectacle est bien monté, l’acteur de bonne volonté dans son jeu, le public parfaitement préparé à l’applaudimètre par des commentateurs unanimes à suivre les ordres d’un dramaturge masqué. Bref, une représentation théâtrale fournie clés en main, avec deux dates exclusives de représentations nationales, les 23 avril et 7 mai prochains. Et en prime, la certitude d’une remise d’un César exceptionnel au héros. Un César qui n’aura jamais autant mérité son nom, vu le nombre de Brutus désormais en présence.

Une candidature marquée par la trahison

Car il n’aura échappé à personne que ce qui marque profondément cette candidature tombée du décor céleste, c’est la trahison. De toutes parts. De gauche comme de droite. Sans oublier le centre. Chacun fourbissant les pires ruses, déloyautés et traîtrises. Comme si Emmanuel Macron représentait avant toute chose, un dernier espoir de recyclage pour les seconds couteaux vieillis et les oubliés chroniques de la politique, c’est-à-dire tous ces néo-Judas fabriqués depuis des décennies par un système qui n’arrive plus à maîtriser la médiocrité. Ceux-là même qui, dans les Républiques troisième et quatrième, eussent fait et défait tous les gouvernements. Mais sont réduits depuis de Gaulle à suivre pour survivre, à se fondre dans l’anonymat d’un parti pour exister. Girouettes à l’arrêt sur le bord du chemin du pouvoir, attendant, souvent vainement dans le désert de Buzzati, qu’un Eole présidentiel veuille bien passer par là et leur donner un peu de vie.

Mais à quel Molière adepte des petites combinaisons et des sordides agencements côté cour et côté jardin, doit-on cette tragique comédie qui ramène une élection présidentielle à la pantalonnade la plus mortelle et notre pays au rang des pouvoirs bananiers ? Car il ne faut pas être expert en logique pour déceler dans le déroulement d’horlogerie suisse des événements que nous vivons depuis trois mois, une construction de longue date. Qui peut encore croire que le chœur des « Il est né le divin Macron » ne battrait que d’un élan religieux reconnaissant un esprit supérieur qui, selon Raphaël Stainville dans Valeurs actuelles, « marcherait sur l’eau » ?

Serait alors supérieur celui qui jette son pays dans les mains du Tribunal international pour « crimes contre l’humanité » commis en Algérie. Oublieux du calvaire et du massacre des Pieds-Noirs et des Harkis.

Serait alors supérieur celui qui, récemment, voit la Guyane comme une île dérivant on ne sait où. Peut-être entre l’Atlantique et l’Oural.

Serait alors supérieur celui qui peuple le département de Guadeloupe d’expatriés. Et pourquoi pas de colonisateurs.

Serait alors supérieur celui qui affirme sans rire qu’il n’y a pas de culture française. Notre héros serait-il inculte ou bien aurait-il honte de ses fondations et de son éducation ?

Serait alors supérieur celui qui, dans un récent débat télévisé présidentiel, comme on chasse le papillon, ramasse avec aplomb, chez ses adversaires de droite comme de gauche, les idées les plus consensuelles pour en faire, d’un tour de passe-passe, son programme. S’empêtrant dans les 35 heures, supprimées sans qu’on les supprime, conservées sans qu’on les conserve. Et surtout, qu’on ne l’ennuie plus avec ces petits détails vulgaires ! L’acteur reprend sans cesse le dessus sur le penseur !

Une image virtuelle flottant dans le néant

Car c’est cela Emmanuel Macron : une image virtuelle flottant dans le néant. Certains parlent de télé-réalité. D’autres font référence à un télé-évangéliste. Mais ce qui a prévalu à mon sens dans la délivrance des rôles, c’est son aplomb et son ambition. Le vide ambiant importe peu puisque le texte lui est fourni. C’est uniquement pour cela qu’il fut choisi et choyé dans les langes élyséens. Puis envoyé dans l’urgence d’un délitement quinquennal sur les routes du pouvoir. Mais l’élocution – dont, comme Démosthène, il fut instruit – n’est pas l’éloquence, et le sophisme n’est pas la philosophie. Ce qui tend à démontrer que le théâtre n’est pas la vie. Enfin, la vie quotidienne de tous nos concitoyens. Pas celle qui illumine les magazines people où, il faut le reconnaître, notre candidat-comédien excelle. Comment s’étonner dès lors du puzzle d’affirmations qui marque ses interventions agitées et criardes : « On se fout des programmes ! » « Je revendique l’immaturité en politique ! » « Il faut penser printemps ! » « Je ne suis pas socialiste ! », ce parti dont il fut, pour bien engager sa course à l’échalote. Le meilleur est pour la fin. Ecoutez-le dérouler son véritable programme à Marseille : « Je soutiens l’OM ! » Ah bon. Quid de son prochain meeting à Paris ?

Ce qui m’inquiète le plus en l’occurrence, ce n’est donc pas le personnage lui-même, mais ceux qui se rallient à son panache d’accessoires de théâtre. Il y a, bien sûr, l’ensemble des assoiffés qui suivraient Panurge jusqu’au fond des océans pour un petit éclat politicien, juste leur nom une dernière fois sur une liste. Certes, il y a un peu de dégoût à voir ces encartés antagonistes se presser au guichet et démontrer ainsi au « Un pour tous, tous pourris » de Coluche qu’il était tout simplement visionnaire. Mais il y a tous les autres, nos voisins de palier, de bureau, les anonymes de la rue, qui n’ont pas encore compris que derrière le spectacle brillant de l’artiste, il faudra gouverner un pays, le sixième mondial, avec une majorité qui devra prendre des décisions, laquelle ? Majorité qui aura alors le doigt sur le bouton atomique. Grands dieux ! Donne-t-on des allumettes à un enfant si près d’un dépôt d’essence ? Le général de la gendarmerie Bertrand Soubelet, avec beaucoup de sagesse, vient de dire : « Sans moi » et quitte l’esquif d’Emmanuel Macron. Une décision qui rassure l’intelligence et remet un peu d’ordre dans l’incroyable foutoir qui guide nos pas depuis des mois. Mais les autres ? Ceux qui de droite à gauche tendent leur sébile pour recueillir l’onction du prophète, comment pourront-ils accepter de faire ce qu’ils refusaient dans leurs partis originels ? Et ceux qui se pressent sur les gradins pour se nourrir des mots du prédicateur, quelle sera leur réaction lorsqu’ils vérifieront qu’ils ne recouvrent rien ? Il reste deux semaines devant nous pour voir la réalité et non les sept voiles qui la vêtent. Il reste deux semaines devant nous pour ne pas donner le coup de pied de l’âne au lion France, bien malade il est vrai.

Gérard Blua

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Un article signé par Jéremy Collado datant de Octobre 2017 ! et que je partage, notamment la défiance vis à vis de l'argent :

Bayrou et Mélenchon, deux insoumis qui feraient un ticket improbable

Jérémy Collado

 

23.10.2016 - 10 h 18, mis à jour le 23.10.2016 à 10 h 18

 

Des affiches prises le 18 avril 2012 pendant la campagne présidentielle | SEBASTIEN BOZON / AFP

En apparence, le centriste et l'insoumis s'opposent sur le fond comme sur la forme. En réalité, les deux hommes qui ont rompu avec le système des partis sont deux républicains aux lignes idéologiques similaires. Peuvent-ils s'unir?

Ségolène Royal sonne frénétiquement à la porte de son immeuble, dans le VIIearrondissement de Paris, mais François Bayrou refuse d'ouvrir. La scène est cocasse. Et elle oppose encore aujourd'hui les deux ex-prétendants à l'Élysée, qui n'ont toujours pas la même version de l'histoire. Nous sommes entre les deux tours de la présidentielle de 2007 et Marielle de Sarnez, toute puissante conseillère du candidat centriste, conseille alors à son champion de ne pas faire monter la candidate socialiste. Sinon, dès le lendemain, le Tout-Paris le saura, souffle-t-elle. Horreur! Malédiction! Bayrou, le troisième homme, pense déjà à la suite. Il n'ouvrira pas.

À l'époque, on se demande si l'ancien patron de l'UDF ne va pas s'associer au PS pour casser la gauche et fonder un vrai parti social-démocrate. Raté, cinq ans après, Bayrou appelera à voter Hollande, en se mettant à dos une partie de son aile droite.

L'affirmation peut sembler provocatrice, illogique et absurde, tant Bayrou respire la droite et cherche aujourd'hui à se réconcilier avec elle, en soutenant Juppé à la primaire. Mais que se passerait-il si Bayrou s'alliait avec Mélenchon? Dix ans après ce rendez-vous manqué entre Ségolène et le Béarnais, Bayrou n'a jamais paru aussi proche... du leader de la France insoumise. Sur les idées, sur l'histoire et l'attitude politique: c'est Docteur Bayrou and Mister Mélenchon.

Au Bourget, Hollande a battu les deux insoumis

D'ailleurs, il n'y a qu'à voir le terme choisi par Mélenchon pour axer sa nouvelle campagne présidentielle: insoumis. Bayrou n'a-t-il jamais cessé de l'être, insoumis? Il le revendique: son tempérament fougeux l'empêche d'obéir aux logiques d'appareil ou à la technocratie:

«À la fin des années 1990, je me suis aperçu que la plupart des décisions essentielles étaient prises à l’insu des citoyens. Le monde dans lequel on vivait, celui qu'on présentait dans les émissions de télévision, ce monde-là était une mise en scène. Les vraies décisions se prennent ailleurs», jurait-il à Slate, en avril 2015. «Cela a été pour moi une lente et bouleversante prise de conscience. J'étais un jeune homme politique qui croyait naïvement que la politique était méritocratique, sur le modèle scolaire. Et que les choses se faisaient au grand jour.»

Je me suis aperçu que la plupart des décisions essentielles étaient prises à l’insu des citoyens

Jean-Luc Mélenchon

Retour en arrière. 2012, discours du Bourget. Le jour du discours du Bourget, le candidat du PS a joué au scénariste hollywoodien en faisant croire aux électeurs français qu'il était contre la finance. Une bonne blague (corrézienne) mais surtout l'assurance d'écraser ses adversaires politiques. Ce jour-là, son discours tonitruant lui a permis d'agréger les voix des catholiques –pour qui l'argent est forcément suspect– et celles de la gauche de gauche –pour qui la finance est un adversaire du prolétariat. En fusionnant les deux, Hollande a pris l'élan qui l'a mené à l'Élysée. Il a terrassé son opposition et pris, pour la première fois, une décision idéologique dans une campagne bien fade où la gauche attendait que Sarkozy se désintègre tout seul.

Ce jour-là, Hollande a surtout battu Bayrou et Mélenchon.

Car les deux hommes sont les deux visages d'une France qui n'aime pas l'argent. Une France enracinée dans l'histoire, soucieuse de justice sociale et en rupture de ban avec le système politique traditionnel. Si ces deux-là ne sont plus aux premières loges du paysage politiques, leurs idées, elles, sont pourtant en haut de l'affiche. Elles se mélangent et dépassent très largement les clivages politiques.

«Les forces qui ont amené François Hollande au pouvoir étaient de gauche. Et leurs aspirations, leurs espoirs étaient très forts en faveur d'une politique de gauche, contre l'argent qui corrompt, pour l’épanouissement des salariés...», se souvient Benoît Hamon, qui regrette que ce discours se soit dilué très vite après la campagne, une fois la gauche au pouvoir.

François Bayrou, lui, en est convaincu: c'est au Bourget que François Hollande lui pique ses électeurs et s'envole vers la victoire. C'est à ce moment-là qu'il devient crédible et qu'il incarne l'espoir d'une revanche de la France sur les forces de l'argent incarné par Sarkozy le «bling-bling». Jusqu'au Bourget, l'ancien ministre espère encore attirer une majeure partie de ces centristes qui naviguent entre deux eaux et tiennent, en partie, l'élection dans leurs mains.

Le bruit et la fureur vs le consensus et la rondeur

Bayrou et Mélenchon sont deux fils de pauvres pour qui l'argent n'a aucun sens. Et pourtant: tout semble les opposer. D'abord leur style. L'un est dans la modération, le consensus et la rondeur, hérités de ses années pyrénéennes où ce littéraire a dû endosser le rôle de père de famille et reprendre l'exploitation agricole familiale après le décès accidentel du paternel.

L'autre est dans la fureur, le bruit et la violence, que les guerres de décolonisation et la destruction d'un paradis perdu lui ont collé dans la peau, jusque dans ses expressions de méditerranéen bourru qui parle avec ses mains. Ce qui lui attire les foudres de certains médias, Libération et Le Monde en tête, qui trouvent là un moyen facile de le diaboliser...

L'un fut un cacique de la droite. Et il en est parti avec fracas et un certain courage pour continuer à penser librement. Il faut se rappeler de Toulouse, où Bayrou est hué sur scène en 2002 parce qu'il ose dire très fort, quand le RPR et l'UDF fusionnent dans l'UMP, ce que personne ne veut encore entendre: «Si on pense tous la même chose, c'est que l'on ne pense plus rien.»

http://www.slate.fr/sites/default/files/melenchon-vene.png

 

 

LIRE L'ARTICLE

L'autre fut un éléphant du Parti socialiste, qu'il a quitté dans la douleur et avec quelques troupes pour continuer à penser la gauche. Il faut se rappeler du Congrès de Reims, et de la victoire entachée de Martine Aubry, qui convainc Mélenchon de faire ce qu'il a voulu faire en 2005, après avoir porté le «non» victorieux contre le Traité constitutionnel européen. À chaque fois, pour les deux garçons, c'est une histoire de Congrès qui les fait rompre. Si les clivages traditionnels avaient encore un sens, Bayrou et Mélenchon seraient opposés. Mais sur l'Europe, par exemple, ils se ressemblent: ils ont tous les deux soutenu Maastricht avant d'en revenir.

Certes, Bayrou reste fidèle à ses convictions de jeunesse et ne veut pas désespérer dans l'Europe, même s'il en rejette la forme technocratique. Mais les deux bonhommes veulent associer les citoyens à une Union qui les dépasse. Certes, Mélenchon semble d'abord obsédé par sa «révolution citoyenne» et la destruction d'un système capitaliste, quand Bayrou est animé par la construction d'un modèle réformiste où le consensus l'emporte sur le reste.

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Certes, leurs propositions économiques s'opposent parfois, même si les valeurs qui les animent sont en partie les mêmes. Bayrou rejette Keynes et ses effets: il croit dans la politique de l'offre, quand Mélenchon propose de relancer d'abord la demande. Opposition de style, d'idéologie et de tempérament, donc. Mais une vraie promixité humaine et politique –c'est la même chose–, si l'on veut bien sortir des sentiers battus de l'interprétation convenue. Bayrou, Mélenchon, ce sont deux insoumis rock'n roll qui tracent leur route malgré les défaites.

Réunis par l'Histoire

Quand une partie de la droite se lance dans une course-poursuite au FN, Bayrou et Mélenchon tentent un pari: défendre une société tournée vers l'humain, contre le matérialisme et pour une forme de spiritualité –qu'elle soit chrétienne pour Bayrou et laïque pour Mélenchon.

«L'humain d'abord!», clamait le fondateur du Parti de gauche lors de sa campagne de 2012. Une «troisième voie» qui dépasse le socialisme et le capitalisme, promet Bayrou encore aujourd'hui, s'inscrivan dans l'humanisme de Montaigne et d'Henri IV, son modèle, qui fit coexister les religions en France en façonnant l'édit de Nantes. Une prouesse qui doit ravir Mélenchon, l'ancien franc-maçon, qui fut toujours réticent face aux expressions publiques de la religion.

Mais s'il ne fallait retenir qu'une seule qui les réunit, c'est surtout l'histoire Et l'irruption de la volonté dans le monde, ce qui est la définition même du politique. OK, les deux politiques en font une interprétation différente: par exemple, difficile de réconcilier Bayrou et Robespierre, que Mélenchon veut réhabiliter, autant par passion révolutionnaire que par amour de la provocation et honnêteté intellectuelle, jure-t-il.

Ces deux-là se ressemblent. Ils aiment l'histoire, la grande, qu'ils veulent perpétuer, quand d'autres se contentent de gérer le réel. Ce n'est donc pas un hasard si Bayrou et Mélenchon sont les rares –et peut-être même les derniers, dans le sérail politique–, à écrire eux-mêmes leurs livres...

«L'Histoire nous prend toujours au dépourvu», soulignait Bayrou dans L'Express avant l'été et après le Brexit. «Une des grandes faiblesses de l'espèce humaine, c'est de croire que ce qui est durera toujours. En août 1914, quand la guerre arrive, il y a un incroyable effet de surprise. Et nous, en 2016, nous imaginions que l'Europe était établie pour toujours. Elle ne l'était pas.»

Ils pensent tous les deux que président de la République est une fonction historique et non pas politique.

«J'écoute ce que dit Mélenchon avec intérêt. Nous avons des visions différentes mais je suis intéressé par ce qu’il est, ce qu’il représente et ce qu’il dit. Peut-être même est-ce réciproque? Au lieu d’avoir une vie politique hégémonique, j’appelle de mes vœux un système politique pluraliste», glissait encore le président du MoDem dans la revue Charles, avec une forme de délicatesse dans la parole.

François Bayrou n'a jamais caché ses sympathies pour la proportionnelle, qui rendrait l'Assemblée vraiment représentative des forces politiques en présence. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il affectionne un système parlementaire où les députés auraient la liberté d'écrire la loi pour le peuple et non contre lui.

Rien d'étonnant à ce que Mélenchon ait rendu la monnaie de sa pièce à Bayrou, avec lequel il aime bavarder de temps à autre, même si leurs relations n'ont pas toujours été au beau fixe: «Il incarne la solution intermédiaire: c'est un littéraire qui ne parle pas la langue métallique des technos, il parle aux classe moyennes, il peut faire du Pompidou».

Au-dessus des partis

Bayrou ne rêve pas de faire du Pompidou: il rêve de faire du Bayrou. Pendant longtemps, il a imaginé casser la Ve République en construisant une majorité large. Aujourd'hui, il se replace à droite. Sans pourtant autant renier ses valeurs. Ce qui le rapproche d'un certain... Jean-Luc Mélenchon. Pendant longtemps, l'ancien sénateur de l'Essonne a pesé sur le PS en pensant le transformer de l'intérieur. Aujourd'hui, il n'a rien abandonné de ses convictions mais s'est mis en rupture face aux socialistes.

Je crois à la rencontre d'un homme et d'un peuple

François Bayrou

«Il y a du monde autour de moi, et de qualité, mais je crois à la rencontre d'un homme et d'un peuple», jurait le Béarnais sur France Inter, quelques jours avant le premier tour de 2012. Mélenchon l'insoumis a décidé de passer outre les communistes pour présenter sa candidature en 2017, dans la plus pure tradition gaullienne. «Je ne demande la permission à personne. Je le fais hors du cadre des partis, je suis ouvert à tout le monde, les organisations, les réseaux, mais les citoyens d’abord», jure Mélenchon, qui dénonce les «carabistouilles» politiciennes de la primaire de gauche. Quant à Bayrou, il prétend soutenir Juppé pour mieux se réconcilier avec la droite... avant d'espérer le lancer seul en 2017.

Et si les deux avaient compris que les partis étaient morts? Et si les deux faisaient le pari qu'une véritable union nationale passait par l'alliance de leurs deux camps? Eux qui pensent, comme deux intellectuels, que la course à la présidentielle est d'abord la rencontre d'un homme et d'un peuple... et non pas la rencontre d'un peuple avec les idées d'un homme, il serait temps de choisir la meilleure formule: à deux, rien d'impossible.

Bayrou et Mélenchon sont au-dessus des partis. Ce qui ne manque pas de les agacer. Il faut voir: ce sont les partis qui sont le plus gênés par les deux hommes. Alors qu'attendent-ils pour s'associer? Se présenter ensemble en 2017? Républicains, laïcs, européens, soucieux de justice sociale: ils ont tout pour s'entendre!

Un ticket improbable

En France –où les partis règnent–, il faut bien reconnaître qu'une telle hypothèse est improbable. Et presque fantaisiste pour des élites qui ne réfléchissent que de façon binaire. Notre pays n'est pas l'Allemagne, qui parvient à construire des larges coalitions qui paraissent incohérentes mais dans lesquelles chacun négocie une partie de ses convictions. La France vibre tous les cinq ans pour élire un homme providentiel qui appartient à l'un des deux camps qui gouverne depuis toujours: droite ou gauche.

Mélenchon et Bayrou, qui n'appartiennent ni à l'un ni à l'autre (même s'il faut nuancer pour Mélenchon, qui veut représenter la gauche mais reste isolé à la gauche de la gauche), n'ont en principe aucune chance d'y arriver, même s'ils sont d'excellents candidats de deuxième tour. La politique, c'est l'art de déjouer les sondages et les théories toutes faites. Mais il y a peu d'exemples, en France, d'une majorité d'idées qui dépasse les clivages, sinon le Conseil national de la Résistance ou les tentatives de gouvernement d'union nationale sous les précédentes Républiques...

L'Obs ne s'y était pas trompé, il y a un an, en invitant les deux hommes à débattre dans ses colonnes. La proposition de Renaud Dély, alors rédacteur en chef, était restée dans les tiroirs. La faute à Bayrou, qui refuse souvent des interviews. Qu'importe. Cela voulait bien dire quelque chose: entre ces deux hommes, il se passe décidemment quelque chose. Mais dans un monde où l'ironie est reine, les gens sérieux sont souvent ceux qui perdent à la fin.

Jérémy Collado

 

 

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