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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

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J'ai bien le sentiment que l'on découvre la lune ou alors avoir le problème sur le bout du nez pour y réfléchir. 
Ce sujet aujourd’hui d’une acuité rare n’est pas récent bien au contraire !

Tout cela a démarré dans les années 88-90 avec l'assujettissement voulu et bien mesuré des politiques de l'époque à certains conseillers auto-proclamés d’alors et également d’aujourd’hui. 
Notre pays est in fine le seul au monde à garder en place des gens qui ont failli, qui se sont trompés mais qui gardent leurs prérogatives, avantages et émoluments. 
Reprenez les articles d'alors, les pseudo analyses des conseillers de Mitterrand (Minc et Attali entre autres) : tout y est écrit ! 
Il suffisait d’exercer du sens critique et d’aller plus loin, au moins à une génération dans la Réflexion !

J’ai souvent eu l’occasion de débattre de ce sujet complexe et si large !

Jeunes médecins trentenaires à peine installés nous savions que les dispositions prévues allaient rendre notre système de distribution des soins bien étranger à ce que tout qui avait été.
Ainsi, ces « responsables d’alors » préféraient soigner des colonnes de chiffres que de permettre de soigner des enfants, des femmes, des hommes. La fameuse Maitrise des dépenses de santé !
Nous avions réagi en 1989 au travers de la Coordination des Médicaux de la Région de Lyon (COMERLY) que j’avais créée, puis de la coordination nationale dont je fus le porte-parole.
Les syndicats dont j’ai déjà exprimé ce que j’en pensais ne pouvaient être qu’aux bottes de ceux qui les subventionnent. 
Comment peut-on croire que ces syndicats puissent exister et fonctionner qu’avec les seules cotisations des adhérents ?  Une première réforme s’impose de fait. Remettre en ordre le syndicalisme français qui n’est représentatif de rien, mais dont la capacité de nuisance est formidable. 
J’avais déjà écrit à propos de la grève de la SeNeCeFe que tout cela n’était que jeu de dupes.
Notre système syndical est champion toute catégorie en Europe et outre-Atlantique de ce jeu de dupes avec ses partenaires indispensables : le patronat et le gouvernement gestionnaire de ces pseudo-joutes. 
Peut-on imaginer un seul instant que ces syndicats puissent scier la branche sur laquelle ils sont si confortablement installés ? 
Je parle évidemment des syndicats déclarés représentatifs sachant les critères de cette représentativité certes modifiés en 2008 (mais si légèrement)
On ne peut mettre sous le boisseau la volonté du général de Gaulle sur cette idée de paix sociale en s’appuyant alors sur les syndicats dont la représentativité est définie sur certains critères en vigueur dans le code du travail au nombre de 7 à partir de 2008. 
Les 5 syndicats représentatifs au niveau national sont :
La Confédération française démocratique du travail (CFDT) : 26,77%, 
La Confédération générale du travail (CGT) : 22,96, 
La Confédération générale du travail-Force ouvrière (CGT-FO) : 15,24%, 
La Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) : 11,92%, La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) : 9,5%.
Il faut savoir que la représentativité syndicale ne fait pas l’objet de vérification préalable, sauf s’il y a contestation de la part d’un autre syndicat.
On notera le critère de la notion d’expérience qui nécessite effectivement une forte visibilité et donc l’emploi de certaines formes de communication. 
On soulignera aussi cet autre critère nécessaire à bénéficier de la représentativité : l’Influence !
Mais quelle influence quand le taux de syndicalisation en France est le plus bas de l’OCDE (Sources : OCDE : http://stats.oecd.org). En 2010 la France occupait le dernier rang avec 7.9% de syndiqués !

L’Organisation du Système français de distribution des soins en panne ?L’Organisation du Système français de distribution des soins en panne ?L’Organisation du Système français de distribution des soins en panne ?

J’évoquerai à peine le financement des syndicats français dont nombre d’observateurs ont qualifié ce domaine caractérisé par une grande opacité .. Ainsi il semble n’exister aucun document de synthèse des ressources financières des organisations syndicales. Avec la loi de 2008 cela devrait peut-être changer (au vu de la nécessité de la transparence). 
Il est dit également que certains financements seraient occultes.
Il est dit aussi que la France malgré son plus bas taux de syndiqués a le plus fort taux de permanents dont la rémunération doit couvrir ce qu’ils auraient perçus si ils avaient « travaillé »

Je crois qu’il ne faut pas avoir peur d’une réforme profonde du monde syndical. 
Les syndicats me paraissent indispensables dans l’établissement d’un vrai dialogue social, d’une équité d’action entre patronat et employés. Il est fini le temps de la chaise du « patron » plus haute que celle de son employé !
Les syndicats ont un rôle majeur dans la défense de celles et ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt comme aurait dit celui à l’épaule chevrotante.
Le patronat a aussi un rôle majeur dans le respect de ses employés. Sans eux qu’adviendrait-il de lui ?
Et l’Etat doit être le garant de cette nouvelle conception du monde du travail, où chacun se respecterait et aussi respecterait les « usagers » victimes trop souvent de ce jeu de dupes tripartite.
Et n’oublions pas que nous sommes entrés dans une autre guerre, bien sûr avec ce qui se passe en Ukraine, mais aussi de par les conséquences du dérèglement climatique avec une de mes préoccupations majeures dont on ne parle que peu : les conséquences de l’amincissement étonnant du Gulf Stream dont les conséquences seront catastrophiques pour l’humanité toute entière, et plus près de nous, cette guerre sanitaire comme l’avait souligné Emmanuel Macron dans son allocution du 12 mars si théâtrale indiquant un confinement sévère le mardi 17 mars, mais autorisant que les élections municipales soient organisées le dimanche 15 mars !  Incohérence profonde !
 

Les moyens de rendre nos enfants plus instruits que leurs parents, l’esprit critique de ces élèves et autres moins jeunes a tendance à se réduire fortement. Comment ne pas faire une analogie avec toutes celles et ceux qui ont cru et véhiculé avec force persuasion les délires de certains « appelés » complotistes, s’agissant du Sars Cov2, du vaccin etc...?

Pour s’excuser de la dérive organisée depuis trente ans de notre système de distribution des soins, on évoque avec persuasion le fameux désert médical !
Bien sûr chacun pense d’abord aux campagnes !
Mais qui a déserté ces campagnes ? 
Qui a retiré de ces endroits les services publics utiles et nécessaires ? 
Qui a supprimé les petites gares ? 
On y trouve heureusement mais pas toujours encore une école primaire. 
Mais quid de l’après ? Ainsi l’élève va devoir s’exiler en internat dès le collège !
Est-ce bien ? 
J’ai vécu une partie de ma scolarité en internat (militaire de surcroît) et j’en garde d’excellents souvenirs, mais franchement jamais je n’aurais souhaité y faire admettre mes enfants dès ce jeune âge !
 

Les internes de médecine générale sont dans une protestation légitime du refus d’exercer une année supplémentaire dans ces « déserts médicaux en campagne ».
Comment accepter qu’ils devraient y passer un an (dans des zones où il n’y a plus rien !) en compagnie d’un maitre de stage dit universitaire (quand il n’y en a si peu de formés – je fais partie de ce pool de maitre de stage universitaire, titre bien pompeux qui ne signifie rien, puisqu’il n’y a aucun cahier des charges, ni missions imparties, et puis on ne peut dire que l’Université nous estime beaucoup) 
Ces jeunes médecins n’ont-ils pas le droit d’avoir une vie également sociale ? 
Nombre d’entre eux sont en couple et déjà parents ! Que peuvent-ils espérer comme vie pour eux, pour leurs enfants ?
Que l’Etat et son président avant de dire tant de propos faciles, réinvestissent d’abord et en services publics en particulier, ces zones où il n’y a plus rien !
Mais on s’aperçoit (cela a été indiqué dans une étude de l’INSEE, il y a 4 ou 5 ans) qu’il existe un professionnel de santé à moins de 20 mn du domicile de chaque assuré social.
Vous avez dit désert médical. 
Ce qui fait le désert est que de nombreux médecins disent « qu’ils ne prennent plus de nouveaux patients ! »
Ce qui fait le désert est qu’il est désormais impossible de reprendre un cabinet puisque ne répondant plus aux nouvelles dispositions des ERP.

Et puis la façon de gérer l’agenda du médecin a changé.
Nombreux étaient les médecins de famille qui comme moi ne consultent pas sur rendez-vous. 
J’ai toujours estimé que lorsqu’on est souffrant, il est nécessaire de pouvoir consulter au plus tôt !
La salle d’attente se remplit et mon rôle, ma mission, mon devoir est de les consulter. Certes le temps d’attente peut être parfois très long : entre une et deux heures. Mais ils seront tous examinés.
Il n’est guère faux de dire que souvent mes journées se terminent vers 21 heures, 22 heures ! 
Cela est juste ma façon de voir les choses et d’assumer cela et je ne m’en suis jamais plaint !
Mais comme me l’a indiqué une jeune consœur (oubliant d’ailleurs les usages de présentation et de politesse) lors d’un choix de garde, « il est hors de question de faire comme vous , les dinosaures, les boomers, je veux avoir une vie  et je travaille à mi-temps !»
Cette génération est celle des 35 heures, du temps libre (n’oublions pas ce fameux-fumeux ministère du temps libre mis en place par Mitterrand en 1981 et dont le ministre était Nicole Questiaux !)
Cette génération est aussi une génération qui s’est très féminisée (on évoque plus de 70% d’étudiantes en médecine dans nos facultés) et très rapidement. 
Un rapport récent de la DREES indique une féminisation de la profession à hauteur de plus de 50 % en médecine générale. Il est dit également que dans les facultés de médecine ce taux de féminisation atteint 80%.
 

Il y a donc une évolution à prendre en compte ;
Est-il politiquement incorrect de dire que nombre de ces médecins de sexe féminin, s’associent à deux ou trois et se partagent le temps de présence au cabinet, ce qui implique naturellement une activité moindre pour chacune d’entre elles.
Est-il politiquement incorrect de dire que la priorité d’une femme médecin restera d’abord ses enfants et le temps qu’elle leur accordera !

Est-il politiquement correct de dire que la médecine générale n'a plus d'attrait (on le mesure lors des résultats de l'ECN) et que certains redoublent pour être mieux classés et choisir alors une spécialité ?

Est-il politiquement correct de dire qu'il y a plus de médecins formés, mais qu'il y en a moins qui s'installent en exercice libéral ?

Est-il politiquement correct de dire que suite à la réforme fiscale engagée par le président précédent, il n'est guère conseillé de travailler plus, donc de gagner plus puisque in fine le professionnel en aura moins dans sa poche ? N'est-ce pas un conseil donné par les comptables de limiter son activité  ?


Je disais que l’agenda du médecin avait changé !
Un phénomène dont on ne mesure pas vraiment l’incidence fâcheuse sur les difficultés d’accès aux médecins est l’existence de ces sociétés de gestion des agendas des praticiens (la plus connue étant celle qui commence par un d et se finit par un b). 
J’ai été très en colère quand l’Etat a fait appel à cette société, dont le but est évidemment le seul profit, pour la prise de rendez-vous pour la vaccination.
Ainsi désormais les agendas des médecins sont régis par ces sociétés et selon l’estimation du temps de consultation indiqué lors de l’adhésion à cette société (en général une demi-heure). 
Il est évident que le nombre de patients sera moindre chaque jour, d’où des rendez-vous à plusieurs jours, voire semaines ou mois pour les médecins de spécialité. 
Et c’est ainsi que l’on peut entendre régulièrement cette phrase monstrueuse « je ne prends plus de nouveaux patients ». 
Or le nombre de médecins formés a augmenté mais ils ne s’installent pas forcément préférant une activité salariée.
Cette petite phrase mériterait une analyse critique. 
Le nombre de patients ne cessera d’augmenter mais comment pourraient-ils consulter s’il leur est répondu cela. 
L’autre impact de ces sociétés de gestion des agendas est qu’il est devenu extrêmement difficile aux patients, de joindre facilement leur médecin au téléphone pour un conseil ou quelque autre question. Une certaine deshumanisation s’est installée.
Je crois fermement que c’est le médecin qui doit être le seul maitre de son agenda.  

De nombreux médecins de ma génération ont déjà pris leur retraite. Mais personne ne pourra reprendre leur cabinet et suivre leur patientèle !

On sait depuis très longtemps qu’une clientèle n’a plus de valeur « marchande » (sauf pour les juges et avocats dans les procédures de divorce, permettant ainsi de spolier davantage le concerné).

En effet, il faut savoir que le cabinet de ces médecins en âge de la retraite, ne peuvent céder leur cabinet, souvent situé dans des appartements ayant perdu de fait leur fonction de logement puisque devenu et sur décision administrative un local professionnel).

En effet une loi sur les ERP (établissement recevant du public) édictée en 2005 a intégré les cabinets médicaux en 5eme catégorie avec la nécessité de respecter de nouvelles normes.

C’est ainsi que de nombreux cabinets (et le mien prochainement quand je déciderai de partir enfin à la retraite), ne pourront être occupés par un jeune médecin pour y exercer son art, et suivre la patientèle existante.

Je n’évoque même plus le prix des loyers souvent exorbitants dans les grandes villes. Ne dit-on pas Paris est désormais le grand « désert médical » ?

C’est alors que l’on mesure l’intérêt croissant et forcé des ARS et de la CNAMTS pour promouvoir la mise en place de « maisons pluridisciplinaires de santé », moyennant bien sûr une indemnisation financière : on évoque un chiffre de 36 000 euros de subvention pour la structure).

N’est-ce pas une porte largement ouverte aux profits des sociétés immobilières qui loueront les locaux et qui déjà, pour certains recrutent des professionnels. L’exercice serait ainsi d’ordre salarié.

Il semble bien que nos jeunes confrères, consœurs acceptent cette idée car cela leur permettrait d’avoir un certain temps libre et de ne pas avoir la vie de leurs prédécesseurs, les dinosaures, les boomers comme ils disent.

Cela étant, le médecin de famille, l’accompagnant, le confident ne sera plus, il ne sera plus qu’un médecin traitant administré, interchangeable et ne traitant que de dossiers et pour un seul symptôme.

Je ne sais si cela sera bien mais comme je le dis souvent « la médecine de papa » est terminée.

Autre chose qui ne suscite guère de commentaires et mis en place par ce fameux Ségur de la Santé qui s’est plus soucié des services hospitaliers et de leurs salariés par une prime misérable que des libéraux, et qui va transformer considérablement la relation médicale, ce fameux colloque singulier.
Je veux parler de l’ordonnance numérique (je mets en copie le texte référencé par la Caisse nationale d’assurance maladie : source site Ameli).
« Lors de la consultation, rien ne change. Le médecin :
-    rédige la prescription à partir de son logiciel d’aide à la prescription (LAP) et elle est enregistrée dans la base e-prescription ;
-    imprime l’ordonnance papier avec un QR code, la signe et la remet au patient ;
-    enregistre l’ordonnance numérique dans le DMP du patient facilement, depuis son logiciel métier et le patient peut ainsi la retrouver dans son profil Mon espace santé.
En sortie de consultation :
-    le patient présente l’ordonnance papier (1) avec le QR code chez le prescrit de son choix -    si le prescrit est équipé, il lit la prescription présente dans la base de données directement via son logiciel à partir du QR code qu’il a scanné, exécute les actes et les enregistre dans la base.
-    Si le pharmacien est équipé d’un logiciel référencé Ségur, il peut lire l’ordonnance directement à partir du QR code. Les informations de prescription, alimentées par le prescripteur dans la base de données, sont directement consultables dans le logiciel de gestion d’officine. 
-    En retour, les données de délivrance sont également enregistrées dans la base de données et peuvent, avec l’accord du patient (l’éventuelle opposition du patient à cette consultation est recueillie par le prescripteur), être consultées par le médecin prescripteur.

Il fallait, je crois  alimenter et surtout faire en sorte  que  le « fameux dossier médical informatisé » (imaginé en 2002) et validé par la loi du 13 aout 2004, instituant d’ailleurs le médecin traitant administré et ce qui a été appelé « le parcours de soins ».

Mais faute du bon codage de l’acte, le patient mis ainsi hors parcours, la caisse diminue fortement le remboursement de l’acte et puis  aussi ne constatons-nous pas le nombre édifiant de patients qui ayant pourtant déclaré un médecin traitant voient brutalement la perte de l'indication d'un médecin traitant déclaré, et constater leur remboursement diminué.


Ce dossier médical informatisé s’appelle désormais le DMP (Dossier médical partagé). 
Ce fut très longtemps un très long serpent de mer avec un coût considérable, souligné par la Cour des Comptes, évoquant même le terme de gabegie !


Récemment la caisse d’assurance maladie a mis en place « Mon Espace Santé ». 
Le médecin en utilisant son logiciel conforme Ségur alimentera ainsi tant le DMP que « mon espace santé ». I

Il lui est imposé d’avoir un logiciel métier référencé Ségur !
Le calendrier est déjà fixé : 
Les médecins ont dû notifier à la CNAMTS qu’ils avaient commandé ce logiciel et ce avant la fin du mois de novembre 2022. 
Je m’y soumets mais de fait cela m’oblige à changer de logiciel métier afin d’adapter les normes dites Ségur.
Mais avions-nous vraiment le choix de dire non ? 
Ne sommes-nous pas dans le même cas d’espèce que ce qui s’est passé avec le ROSP (cette sorte de carotte sonnante et trébuchante ?) où le refus était pratiquement impossible vu le délai extrêmement court pour le faire. Et puis in fine la rémunération a calmé les hésitations des médecins. 
Personnellement je n’ai pas eu le temps de refuser cette mesure (nous avions à peine une semaine pour notifier ce refus vers mi-décembre et il fallait le faire par écrit). Mais la rémunération que je peux recevoir, me gêne car j’estime juste faire mon « travail »


Dès janvier, les premières ordonnances numériques vont voir le jour puis progressivement avec un pic espéré vers Avril.
Enfin le déploiement devrait s’achever en 2024 !

Il est précisé qu’il y aura peu de changement pour le patient.
Je crains fort que comme d’autres pays qui utilisent cette technique comme le firent d’ailleurs les restaurateurs lors de la crise de la Covid 19, le QR code ne remplace un jour et une fois pour toute, l’ordonnance classique. Malheur également à celles et ceux qui aiment écrire leur ordonnance à la main. J’ai l’habitude comme le faisaient les vieux médecins de toujours commencer mon ordonnance par des conseils en rapport avec la pathologie et la prescription. Est-ce qu’il sera possible de continuer cette façon de faire ?
Nul doute qu’il faudra que les patients s’équipent d’un téléphone de dernière génération permettant la lecture du QR Code : Reste A Charge supplémentaire et induit de manière obligée et en corollaire un Reste A Vivre diminué d’autant !
Si cela est alors, pourquoi, ne pas s’inspirer du président Valéry GISCARD D’ESTAING qui lors de sa volonté d’équiper tous les foyers français du téléphone, puis plus tard du minitel, offrit à chaque foyer, et l’installation et l’appareil que l’on pouvait d’ailleurs changer régulièrement sans bourse délier ?
Je disais dans un article précédent s’agissant de la délégation des taches administratives vers la dématérialisation qu’il aurait été judicieux que l’Etat distribue également à chaque contribuable l’équipement nécessaire. (L’Union Indienne a ainsi distribué un équipement certes minimal, mais avec le nécessaire et notamment un accès internet gratuit dans chaque village !) 
Mais ô tempora ô mores !

Ne faut-il pas que les profits de certains progressent oubliant l’intérêt général ?

 

En quarante ans une logique a été poursuivie malgré les diverses alternances.

Mise en œuvre du démantèlement des laboratoires français, destruction du caractère hospitalier de nos hôpitaux pour en faire des EPIC. « Les ministres passent mais l’Administration reste ! »

Une route a été définie et ce il y a près de 40 ans pour aboutir au « coût par pathologie » !

Cela peut paraitre d’intérêt pour les économistes, mais c’est oublier que la médecine ne peut être réduite à cela, que la prise en soins ne peut se réduire à soigner des colonnes de chiffres !  

La loi du 13 Août 2004 a marqué un changement de gouvernance.

Le tripartisme d’alors (Syndicats des salariés, Syndicats des médecins, Patronat), la négociation conventionnelle précédant l’adoption de la convention négociée par la loi (modifié par Balladur mettant en place la « validation législative préventive » en 1994 et ce dans le vaste fourre-tout que représentent les DDOS votées à la fin du mois de décembre !

L’UNCAM a été créée et son directeur nommé avant même que cela soit adopté par la loi.

Ce directeur est resté en place 10 ans malgré les alternances dont celle de gauche. La politique suivie a donc été forcément la même. « Les ministres passent, la Haute Administration reste ! »

Ainsi les ARS dont la pigiste Bachelot n'ose dire qu'elle était ministre à sa création (loi HPST), et que dire de la T2A (tarification à l'activité) qui par simple logique comptable, ne peut être d’intérêt pour les services hospitaliers. Les services d’urgence hospitaliers annoncent régulièrement qu’ils sont saturés mais ne peuvent-ils limiter par une meilleure régulation (comme dans les années 80), leur activité renvoyant vers les services de PDSA libéraux (qui existent et sur Lyon notamment, ne fus-je pas l’un des fondateurs de ces maisons ?) ce qui ne relève pas de l’urgence véritable.

Je ne cautionne pas la grève de certains médecins, nombreux dit-on, sans pour autant avoir les chiffres des cabinets fermés pour cause de grève et non pour cause de vacances d’hiver.

La situation actuelle de notre système de distribution des soins notamment en ville, en médecine libérale est préoccupante, très préoccupante !

Le taux de Burn Out à la vraie définition (https://www.mgfrance.org/images/utilitaires-medicaux/test-maslach_burn-out.htm ) est effrayant, le nombre de suicides est édifiant (on dit que le nombre de suicides des médecins vers la cinquantaine est le plus élevé). J’ose révéler que j’ai vécu cela (sauvé in extremis)

Il eût mieux valu faire une grève administrative dure.. 
1. Pas d’utilisation de la carte vitale et donc aucune télétransmission ..
2. Retour au papier pour tout y compris pour les ordonnances afin que les pharmaciens gardent cette capacité extraordinaire de lecture des écritures des praticiens 
3. Autres actions possibles : 
- Puisqu’il nous est reproché sans cesse de prescrire trop d’arrêts de travail et bien, renvoyer le patient vers le médecin conseil avec une petite lettre évoquant la symptomatologie présentée par le patient afin qu’il définisse lui-même la durée de l’arrêt de travail, 
- De même renvoyer le patient vers le médecin conseil pour qu’il remplisse correctement (vu que l’on nous reproche de mal le faire) les protocoles de soins pour l’accord d’une affection longue durée, 
-  Et puis aussi, de renvoyer les dossiers mdph (8 pages à remplir pour le certificat médical au lieu de 4, il y a quelques années) au médecin salarié de ces structures.

Je suis persuadé que cette action aurait été suivie massivement par l’ensemble des médecins qui l’aurait trouvée plaisante, ne nuisant pas à la prise en soins de leurs patients mais qui aurait fortement déstabilisé Dame sécu !
Le risque serait bien sûr que la sécurité sociale ait un retard sur le remboursement et leurs réponses. Il y a naturellement moyen de s’en plaindre tout en respectant la procédure (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R53718). Et ce serait l’occasion de mettre en place les «class actions».

J’imagine le désordre administratif que cela provoquerait, j’imagine la colère grandissante des patients alors lésés par l’Etat.
Je suis persuadé qu’en à peine 15 quinze jours, les doléances, les interrogations sur la raison d’être du professionnel de santé, la mission première d’exercer le soin auraient été très vite prises en compte.

Oser demander une augmentation des honoraires et exiger 50 euros pour la consultation est pour moi une exigence indécente.
Ne sommes-nous pas en période de crise, d’une crise dont aucun expert ne peut dire l’importance qu’elle aura dans la vie quotidienne de nos concitoyens, ni en prévoir sa durée et ses conséquences. 
Déjà, nombreux sont celles et ceux que je consulte, qui après le 20ème jour du mois n’ont plus rien. Est-ce acceptable ?

Comment des médecins peuvent-ils exiger pareille augmentation. Indécence ! Irresponsabilité !
L’argent n’est pas tout !
L’argent ne peut être un but en soi !

Nous avons cette chance inouïe d’avoir réalisé notre rêve de gosse. 
A mes 8 ans après avoir lu les hommes en Blanc de André Soubiran, j’ai su que plus tard je serai médecin. Cela était pour moi évident ! Je ne mesurai pas la difficulté de ces études longues et certes difficiles.
Mais quand on a la passion de quelque chose, et bien on y arrive et on réussit puisque que par essence, on va s’en donner les moyens. 
Quelle chance inouïe que de réaliser son rêve premier.

Et puis quand même, nous gagnons bien notre vie.

Sommes-nous à plaindre ? Vraiment ?
Et comme aurait dit l’autre à l’épaule chevrotante, travailler plus pour gagner plus reste quand même relativement logique. 
Cette même consœur qui me traitait de dinosaure et de boomer me faisait remarquer qu’elle exerçait en équivalent temps plein. Enorme surprise que de constater un langage de salarié dans la bouche d’une « libérale » ; je n’ai pas tout saisi, ce langage m’étant quelque peu inconnu mais j’ai compris qu’elle exerçait à mi-temps partageant son bureau avec un autre médecin. L’un le matin, l’autre l’après-midi mais pas après 17 h. (il faut bien aller chercher les enfants à l’école). Effectivement on peut penser que de doubler le prix de la consultation permet de gagner autant qu’à temps plein !
Mais en avons-nous les moyens.
On dit qu’il y a un million de consultations chaque jour ce qui signifie 25 millions d’euros supplémentaires par jour et sur l’année soit plus de neuf milliards d’euros à trouver en plus !

Ainsi dans la réflexion à avoir sur les déserts médicaux, il faut prendre en compte la réalité de l’exercice particulier et nouveau des jeunes médecins, de la féminisation grandissante, de l'éclairage en terme de fiscalité et en corollaire l'augmentation des charges sociales obligatoires (CARMF et URSSAF), du coût exorbitant en grande ville des loyers, du peu d'attrait de la médecine générale et de son exercice libéral et aussi de ce que l’état doit faire pour redonner vie à nos campagnes.

J’attends de voir ce qui va être mis dans les fameux DDOS ! 
Je pense qu’il va y avoir quelque surprise.

Une époque se termine. 
Puisse celle qui s’annonce produire aussi de beaux fruits !

Lyon ce 29 décembre 2022.
jcj
 

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GREVE SNCF : JEU DE DUPES !

Jeu de Dupes !

SNCF ! Une grève bien prévisible mais non anticipée !

Surenchère !

D'un côté une minorité agissante et n'ayant cure du bien commun ;
De l'autre des responsables de cette entreprise accompagnés par un gouvernement d'une hypocrisie sans faille.

Je me souviens que Ronald Reagan en 1981, prit une décision lourde de sens et calma les ardeurs de ces activistes :
https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/1981-quand-reagan-licenciait-11000-controleurs-aeriens-135126

Devant ces activistes, représentés par un syndicat dont la « représentativité » est à démontrer, aux manœuvres délétères, méprisant le peuple qu'ils disent représenter et censés défendre, dont les avantages ne sont pas négligeables, datant d'un autre siècle (les escarbilles existent-elles toujours. Pour en avoir reçu, alors que j’étais en Inde avec ses trains à charbon et vétustes, je pouvais comprendre que des indemnités soient accordées.

Mais cela c’était avant, bien avant, surtout en France.

Je me dis alors que la méthode Reagan devrait être appliquée.

Il faut me semble-t-il avoir le courage de l'épreuve de force y compris ultime !
D'autre part, devant la misère en adhérents des syndicats de tout genre (secteur public, secteur privé), que ne fait-on ?

" Un salarié sur dix seulement adhère à un syndicat en France. Le taux a chuté de 30 % à 17 % dans les années 1950, il est ensuite resté assez stable jusqu’à la fin des années 1970, puis a dégringolé à nouveau pour atteindre 10 % au début des années 1990 selon les estimations du ministère du Travail. Depuis, le taux est resté à peu près au même niveau, autour de 11 % (données 2016, nouvelle série depuis 1996). Les écarts de taux de syndicalisation sont très grands selon les secteurs d’activité et les entreprises. Dans le secteur privé, ce taux est de l’ordre de 8,4 %, contre 19,1 % dans le secteur public, selon le ministère du Travail qui n’a publié aucune analyse sur le sujet depuis 2016, sauf l’actualisation du taux de syndicalisation
La proportion ne serait que de 5 % dans les entreprises de moins de 50 salariés et encore très inférieur dans les plus petites entreprises. Cette faiblesse constitue un lourd handicap en matière de dialogue social : la négociation s’en trouve déséquilibrée ; les accords passés ont une légitimité moindre que dans les pays où plus de la moitié des salariés adhèrent à une organisation syndicale. » (source ministère du Travail). 

Je me demande si à dessein, aucune étude de ce genre n’est faite ! Transparence ?  Qui ose affirmer cela ?

Jeu de dupes !


J'espérais que le président nouvellement élu en 2017, allait faire montre de jugeotte et s'attaquer ainsi à ces sortes de représentativités non « représentées » par des adhérents et ainsi revoir les subventions conséquentes que ces syndicats perçoivent et qui leur permettent de vivre.

« Les rémunérations des responsables confédéraux oscillent entre 7000 euros nets mensuels, pour la CGC à 3100 euros net,  pour la CGT (source ministère du travail). Qui avait dit affirmé que l'on était riche à partir de 2000 euros net.. (ah celui qui lors de ses discours bénéficiait de la pluie !)

De même un responsable ordinal du Conseil national de l'Ordre des Médecins perçoit 8300 euros nets par mois (source Cour des Comptes), mais naturellement continue d’exercer son activité de médecin !!! On imagine très bien son revenu global ! Et naturellement aucune action de suite.

Et pourtant, ces gens (je le dis avec mépris), ne cessent la main sur le cœur de parler des « pauvres ».

Nos concitoyens quelque peu « désintruits » (à dessein, je l’affirme, pour qu’ils ne puissent exercer quelque sens critique) depuis les années 81, ne peuvent saisir ces néo-privilèges et ces subtilités.

On peut comprendre le désarroi, la colère de cette classe moyenne qui avait réagi en revêtant des gilets jaunes.  Hélas, et cela est bien classique, ces honnêtes personnes se sont laissées manipuler par les extrêmes, en particulier ces affidés d’extrême- gauche comme d'extrême-droite sans oublier les ayatollahs pastèques, qui n'ont qu'une seule ambition sans ne vouloir jamais le gouverner, détruire la Culture, l'Histoire de notre pays. N'ont-ils pas inventé le mot IEL ? Cela en dit long ?

J'avais subi moi-même, ce genre d'approches lors de la création avec beaucoup de naïveté, mais surtout porté par une indignation sincère, de la coordination des médicaux de la région de Lyon (COMERLY) en 1989, donnant suite à la Coordination Nationale des médecins dont je fus élu président et porte-parole national. Mais je m’en suis méfié très vite.  Sans doute,  avais- je été  bien formé et averti  par mes actions associatives et politiques (leçons reçues de avec Monsieur Barre que je ne cesserai de respecter,  qui m’a tellement appris sur les vicissitudes de tels combats et au sein CDS : Centre des Démocrates Sociaux, vrai parti politique où l'on apprenait, se formait à la différence des ces groupements ressemblant à des écuries cherchant un simple jockey  pour paraître !

Que n’ai-je été approché, courtisé ? et par des groupes aux desseins bien différents du combat que je menais (extrême gauche, extrême droite, droite, socialiste, LDH, etc… les verts étaient encore vertueux et honnêtes mais c'était du temps de Waechter)

Que n’ai-je reçu de propositions sonnantes et trébuchantes sachant que je j’étais ce qu’on appelait un « médecin smicard » ! financement de mon association, proposition d’audit bidon moyennant 45 000 francs !!!

L’éducation reçue tant catholique que brahmanique m’a sauvé ! Grâces en soient rendues à mes parents !

Je disais à qui voulait : « pourvu qu’iIs ne se fassent pas avoir et être manipulés. »

On a d’ailleurs pu constater le changement d’actions, de slogans, d’exactions suite à cette manipulation bien rapide au bout d’un mois, et la prise en main par ces extrêmes.

Le résultat a été assez clair. Désaffection du mouvement.

Nos compatriotes ne sont guère dupes ! l

Le PR a une très grande capacité de joueur d’échecs. : « manier les occasions, sauter dessus, rebondir, les manipuler, les façonner » et il en use avec brio !

Son grand débat national (exemple même de manipulation) doit pourrir dans un tiroir.

Aucune publication, aucune réponse envers celles et ceux qui avaient pris la peine d’écrire leurs sentiments et ressentiments.

Jeu de dupes !

Comment peut-on croire que ces syndicats, leurs cadres puissent être rémunérés par les seules cotisations ?
Un ver est ainsi, et depuis longtemps dans la sphère travail, pour juste avoir la paix dite sociale ;
Je pense au taenia saginata qui se nourrit de son hôte !
Cela est bien le cas.

Une réforme utile et nécessaire serait de reprendre le taux de syndicalisation, de surseoir aux subventions non liées au nombre des adhérents, de mettre en garde ces syndicalistes odieux et peu soucieux de leur prochain sur un licenciement possible pour acte nuisible.
De même il conviendrait d'un dépoussiérage de toutes les "choses d'ordre administratif n'ayant plus cours (que de comités Théodule, que de commissions en doublons, voire en triplets aux membres ayant des émoluments non négligeables et maniant pour certains des actes délictueux (rappelons-nous les détournements de fonds, de l'ancienne directrice de l'INA... n'étant sanctionnée que de 150 jours-amende (à 30 euros par jour, soit 4 500 euros d'amende !)

Quel justiciable bénéficierait d'une si faible peine, sachant que cette dame n'en était pas à ce premier délit :  je ne peux m'empêcher de rappeler de tels faits :

Quand elle était DG, durant sept ans au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, il est évoqué 400 000 euros de fonds détournés en frais de taxi faisant aussi en profiter sa famille). Quant à sa fonction à l’INA, les abus sont certes moindres et pour cause, elle n'y a exercé que 3 ans !!

Cerise sur le gâteau, malgré ses délits confirmés et une condamnation que je qualifierai de bien symbolique, ne retrouvera-telle pas un poste aussitôt : "Chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences au ministère de la culture ?" L'intitulé laisse bien songeur et comprenne qui voudra.
En août 2018, elle sera nommée "Haut fonctionnaire à l'égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture et ce pour une durée de trois ans ! » . Même remarque que supra !
En août 2021, elle est nommée "Haut fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture" :  HONTE à ceux qui permettent cela !

Pseudo république, dont la devise pour être en accord avec ce qui est pratiqué aujourd’hui, devrait  supprimer les mots « fraternité et égalité ».
Il faudra noter que la CGT soutiendra cette femme coupable de graves délits… Etonnant non ? Pas si sûr !

Comme quoi, le ridicule ne tuera jamais et le naturel reviendra bien au galop.

Cette  « grève » n’est qu’un jeu de dupes !

Ce gouvernement qui au lieu d’agir enfin, ne propose que covoiturage et bientôt au vu de la Covid19 estimera que les vieux devront aller manger à la cuisine !!!

Comme aurait dit Mitterrand dans l’émission « les guignols » :  Béciles !

Je maintiens que la solution Reagan serait une belle action et très significative à l’égard de ces pseudo-syndicats aux effectifs si réduits !

 

Jeu de Dupes !

 

Lyon ce 22 XII 2022

jcj

 

 

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jcj
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CONTRIBUTION PERSONNELLE
SUR
LE SYSTEME DE PROTECTION SOCIALE ET SANITAIRE
EN FRANCE.
(Réflexions critiques et synthèse de propositions : 2009-2013-2021)
Docteur Jean-Claude JOSEPH

www.jcjos.com


Contribution personnelle
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SOMMAIRE
Introduction
I. Rappels
1. Historique
2. La loi du 13 août 2004
3. A propos des différents systèmes en UE
II. Quelques constats vécus en pratique quotidienne
1. Lors de la formation initiale
2. La médecine générale : un choix évident !
3. La non prise en compte du vase communicant
4. La dérive insidieuse vers un autre système de protection sanitaire
5. Le glissement progressif de la classe moyenne vers moins de soins
III. Réflexions
1. Un déficit ?
2. Regarder par l’autre bout de la lorgnette
3. La protection sociale et sanitaire : mission régalienne ou simple gestion ?
4. Faut-il comparer notre système avec d’autres et notamment ceux existant dans l’UE ?
IV. Quelques expressions de propositions
A. A. Gouvernance
1. Principe
2. Du rôle de l’Etat
3. De la révision du statut de la Sécurité Sociale
4. Inscription dans la Constitution
Contribution personnelle
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B. De l’organisation du Système de distribution des Soins
1. Charpente
2. Evaluation des besoins
3. Articulation entre le système hospitalier et extra hospitalier.
4. A propos des médecins
Conclusion
Annexes
Articles divers blog www.jcjos.com
Contribution personnelle
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Introduction
A un moment donné de son existence, il semble bien qu’il n’est plus possible d’accepter ce qui se passe, ce qui est : Cette chape de plomb qui tombe sur notre pays, confinant au silence le peuple sous couvert in fine du célèbre « panem et circenses », l’empêchant aussi de comprendre les subtilités d’une langue qui n’est plus comprise. Les sachants ne transmettant plus aux non sachants mais les laissant dans l’ignorance.
Le monde avance. La France se regarde dans son miroir. Le sens de l’écrit se perd au profit d’une oralité. L’esprit critique se meurt faute d’une prise de hauteur sur l’évènement, d’une mise en oeuvre d’une réflexion à tête reposée. Les réactions de nos concitoyens fusent pourtant mais dans le cadre d’une réactivité au travers des réseaux sociaux. Cela devrait faire réagir comme tant d’autres choses ! Mais l’indignation seule ne peut être une action, juste une réaction.
Les instruits doivent éclairer la scène afin de permettre à chacun des françaises et français d’exercer aussi leur sens critique afin d’asseoir leur choix et permettre l’action de progrès et ainsi le maintien de la Démocratie Sociale.
Mon engagement politique, associatif, professionnel depuis mes dix-sept ans est tout tourné vers ce progrès pour que demain soit mieux qu’hier.
Contribution personnelle
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I. Rappels
1. Historique
Le principe de solidarité a toujours été une marque fondamentale de l’être humain. Sans doute est-ce lié à la notion même de survie du groupe ! (la survivance !)
On peut ainsi dénombrer divers systèmes : solidarité familiale, charité, assistance, solidarité restreinte au sein de corporations.
En France l’aide médicale gratuite sera instituée par la loi du 15 juillet 1893.
Avant-guerre la France bénéficie d’un système de protection basé sur les assurances sociales.
En 1945, va se mettre en place le système de la Sécurité Sociale sous l’impulsion de Pierre Laroque (CNR) de telle façon que puissent être mises en oeuvre l’unité de la sécurité sociale, la généralisation des assurés, et l’extension des risques couverts.
« EXPOSÉ DES MOTIFS DE L'ORDONNANCE DU 4 OCTOBRE 1945 (extraits) »
" La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d'infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. "
" Envisagée sous cet angle, la sécurité sociale appelle l'aménagement d'une vaste organisation nationale d'entraide obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu'elle englobe et quant aux risques qu'elle couvre. Le but final à atteindre est la réalisation d'un plan qui couvre l'ensemble de la population du pays contre l'ensemble des facteurs d'insécurité ; un tel résultat ne s'obtiendra qu'au prix de longues années d'efforts persévérants, mais ce qu'il est possible de faire aujourd'hui, c'est d'organiser le cadre dans lequel se réalisera progressivement ce plan. ".
Il faudra des années avant qu’ait lieu la généralisation de la sécurité sociale à toute la population avec notamment la loi du 12 juillet 1977 (Tous les résidents sur le territoire français bénéficient des mêmes prestations familiales, la branche famille du régime général est universelle et concerne l’ensemble de la population), le plan dit Juppé de 1995 (Loi du 22 février 1996 réformant la Constitution de la Vème République afin de créer une nouvelle catégorie de lois, les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS), gages de l’association de la représentation nationale à la détermination de l’équilibre financier de la Sécurité sociale. et la mise en place de la couverture maladie universelle par la loi du 27 juillet 1999.
Si la principale source du financement de la sécurité sociale était basée sur les cotisations assises sur la masse salariale, force est de constater que d’autres moyens de financement dont la contribution sociale généralisée se sont mis en place depuis les années 90. Dans l’esprit des rédacteurs de la loi instaurant la CSG, celle-ci devait progressivement se substituer aux cotisations de telle sorte qu’un
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point d’augmentation de la CSG devait entraîner une baisse de cotisations. On a d’ailleurs qualifié cette contribution d’impôt social.
Concernant le financement il faut noter que le « reste à charge » depuis les années 80 n’a cessé d’augmenter pour atteindre depuis 2007 avec la loi instaurant les franchises médicales un niveau que je qualifierai de seuil vers un système dont l’esprit est contraire à celui qui a prévalu à la création de la sécurité sociale.
En effet le système dit de répartition à la française n’est pas, comme dans les pays anglo-saxons, un système basé sur la richesse de l’un vers la pauvreté de l’autre ou proprement assurantiel, mais un système bien singulier de telle sorte que les biens portants cotisent pour les souffrants, les jeunes vers les vieux, les personnes qui travaillent vers celles qui à un moment de leur vie ont perdu leur emploi.
Cette analyse est le coeur même de ma réflexion et de mon engagement politique et professionnel.
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2. La loi du 13 août 2004
Le slogan qui avait prévalu lors de l’élaboration de cette loi était en quelque sorte le suivant :
« Dépenser mieux pour mieux soigner ! »
Or c’est toute la gouvernance de la sécurité sociale qui a été modifiée et cela sans en informer les principaux intéressés que peuvent et devraient être les assurés sociaux.
C’est ainsi qu’avant même que la loi soit promulguée, l’UNCAM était créée et son directeur nommé en conseil des ministres (comme cela l’est désormais pour l’audiovisuel public). Il était alors curieux de constater que dans leur parcours antérieur, et le nouveau directeur de l’UNCAM et celui qui allait être le prochain ministre des affaires sociales, avaient travaillé au sein du même groupe assurantiel (AXA).
La loi instaurait alors un bon usage du parcours dit de soins en instaurant l’obligation pour l’assuré de déclarer un médecin dit traitant sous peine de sanctions financières. Il faut rappeler que de nombreux recours ont été déposés en conseil d’Etat (tous rendus caducs de par la promulgation de la loi), pour signifier que déclaration ne pouvait signifier contrat et que les sanctions ne pouvaient être légales. Ce problème est toujours posé.
Ainsi par cette loi, un nouveau mode de la distribution des soins devait être mis en place, Mais sans les outils nécessaires cela a rendu cette loi inopérante et n’a réglé en rien le fameux déficit de la sécurité sociale à défaut de parler de celui de l’assurance maladie telle quelle. (cf. Rapport de la Cour des Comptes 2012)
3. Le financement des différents systèmes de santé des pays de l’Union Européenne.
Belgique:
Part de la gestion globale: cotisation globale, subvention globale de l'Etat, financement alternatif (T.V.A.) en fonction des besoins.
Danemark:
Financées par l'impôt.
Allemagne:
Cotisation.
Grèce:
Cotisation.et Financement tripartite (salarié, employeur, Etat) pour les nouveaux assurés à partir du 1.1.1993.
Espagne:
Financées par l'impôt.
France:
Cotisations et impôts.
Irlande:
Cotisation et intervention de l'Etat, si requis.
Islande:
Financées par l'impôt.
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Italie:
Cotisations.
Liechtenstein:
Cotisations, participation de l'assuré et subventions de l'Etat.
Luxembourg:
Cotisations et intervention de l'Etat.
Pays-Bas:
indemnités de maladie: Cotisations (salariés, employeurs et indépendants). dépenses médicales exceptionnelles) (risques graves): Cotisations (tous les résidents).
Norvège:
Impôt et cotisations.
Autriche:
Soins de santé (sauf hôpitaux): cotisations et autres sources (par ex. participation de l'assuré). Hôpitaux: cotisation et intervention de l'Etat.
Portugal:
Financées par l'impôt.
Suisse:
Primes (cotisations) et participation de l'assuré.
Finlande:
Soins de santé : Financement par les autorités locales.
L'Etat paye une subvention générale aux municipalités.
Suède:
Le secteur de la santé publique est géré et financé par les autorités régionales
Royaume-Uni:
Les services dispensés par le Service National de Santé (National Heath Service) sont financés par l'Etat et (dans une moindre mesure) par les cotisations.
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II. Quelques constats vécus en pratique quotidienne
1. Lors de la formation initiale
Il m’est toujours apparu curieux que l’on sélectionnât les futurs médecins en fin de première année de médecine. Que de camarades de première année laissés sur le tapis à cause de ce numerus clausus de fin de première année. Qui entend encore leurs pleurs, leurs désillusions et leur frustration qui persiste et persistera jusqu’à la fin de leur vie ?
Pourquoi ne pas revenir à la notion d’Ecole de Médecine comme ce fut longtemps le cas ?
Ainsi un concours serait institué à l’issue du baccalauréat voire de classes préparatoires comme cela est d’ailleurs le cas pour les écoles de vétérinaires.
Cette conception de sélection en amont du cursus permettrait ainsi un ajustement plus fin des besoins en médecins et aurait sans doute évité la pénurie des médecins que nous connaissons et connaîtrons avec plus d’acuité encore dans les prochaines années.
Il me revient quand étant président de la COMERLY (Coordination des Médicaux de la Région de Lyon) et vice-président, porte-parole de la coordination nationale des médecins dans les années 90, j’entendais avec effroi l’argumentaire fallacieux de l’expert Alain MINC qui pour résoudre le problème des dépenses grandissantes n’avait de cesse de dire : « il faut supprimer 10 000 médecins et 100 000 lits d’hôpitaux ». Cette antienne de l’expert auto proclamé était hélas reprise par tous les responsables politiques et décideurs que j’ai pu rencontrer alors, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il me revient encore que le seul document que j’avais à la main pour rencontrer ces personnalités politiques était l’image de la pyramide des âges de la population française ! Tout y était déjà inscrit !
Baby-Papy Boom !
Ainsi si l’on veut réguler avec plus de finesse la démographie médicale, il faut sans conteste revoir le mode de sélection et instaurer un concours d’entrée aux études médicales comme cela est le cas pour les grandes écoles d’ingénieurs ou autres.
Cette disposition permettrait aussi à chaque étudiant de ne pas se sentir victime d’avoir été reçu et expulsé de ce qu’il avait un jour rêvé de devenir et d’être.
2. La médecine générale : un choix évident !
Comme beaucoup de mes confrères, j’ai toujours voulu servir l’autre. Mes lectures sublimaient ce sentiment profond et notamment ce magnifique ouvrage : « les hommes en blanc ». Ce « métier » que je me suis choisi enfant était si évident que je n’avais douté une seconde de réussir, même lorsque j’ai dû redoubler ma première année de médecine et quitter momentanément le service de santé des armées. (ESSA Lyon 76).
Pris dans la réforme de l’internat, je fis partie de la dernière génération à pouvoir étudier une spécialité par ce que l’on nommait les CES (qui étaient accessibles à tout médecin y compris ceux ayant plusieurs années d’exercice de médecine générale). J’ai donc passé une spécialité de rhumatologie approfondie par la suite d’un DIU de gériatrie.
Au cours de remplacements, j’ai juste compris que je ne pouvais être un médecin d’organe.
Je me suis donc installé comme généraliste, seule façon pour moi d’être Médecin, « celui qui ne guérit pas toujours, qui soulage souvent mais qui réconforte toujours » !

Cela étant, je pense qu’il faudrait revenir à cette possibilité pour les généralistes de se spécialiser après quelques années comme c’était le cas autrefois.
Ne se poserait plus cette étrangeté réitérée depuis quelques années lors du concours de l’internat, où faute d’avoir pu être suffisamment classé pour choisir une spécialité, tel ou tel redouble son année, et où le nombre de postes d’internes en médecine générale non pourvu va crescendo.
Ainsi plutôt que d’opposer médecine de spécialité à médecine générale, j’oppose au médecin d’organe, le médecin qui accompagne un être souffrant durant un moment donné.
3. A propos de ce que l’on appelle de manière impropre les « déserts médicaux »
Première réalité !
- l'étude INSEE 2012 sur laquelle il convient de se fonder (et non sur des impressions) montre que tout citoyen de France est à 15 mn d'un médecin et à 20 mn d'un kiné ou autre professionnel de santé (source : insee 2012)
Deuxième réalité :
Il y a plus de médecins formés mais moins d'installation en libéral !
Et parmi ces jeunes formés nombre préfèrent exercer sous forme salariée. Plus de temps libre, bien payés.. Ainsi et cela me parait choquant nombreux sont les nouveaux médecins qui passent le concours de médecin conseil de l’assurance-maladie dès leur sortie.. et auront le travail de contrôler des confrères libéraux alors qu'eux même n'ont pas cette expérience.
Troisième réalité
La féminisation de la profession : à partir de 2020 il y aura près de 80% de la profession qui sera de sexe féminin.
Sans faire quelque différence sur le genre, je dirais simplement que la priorité en terme professionnel des femmes n'est pas la même que celle des hommes et donc la femme pour prioriser sur sa progéniture dans son rôle de protection - simple rappel de la physio-sociologie humaine depuis la nuit des temps.
Cette vision permet de comprendre que plusieurs femmes s'associent et ne travaillent que deux ou trois jours par semaine se rendant de fait moins disponibles.
Tandis que l'homme lui ne va pas hésiter à travailler 12h par jour... sa priorité étant le travail !
Quatrième réalité
L'effet 35h... En effet, filles et garçons d’aujourd’hui ont le désir de ne pas tout mettre dans l'exercice professionnel et donc avoir une qualité de vie identique à celles et ceux qu'ils ont à soigner d’où ce qui est entendu trop souvent : « je ne prends pas de nouveaux patients »
Cinquième réalité
La qualité de vie !
Pourquoi demanderait-on aux médecins d'aller se perdre dans des régions où effectivement il y a eu désertification mais surtout désertification des services publics, des commerces etc...
Évoquons ainsi la désertification ou l'exode rural.
Les médecins n’ont-ils le droit à avoir pour leurs enfants et eux-mêmes une certaine qualité de vie ? Pourquoi in fine les obligerait-on à aller là où les services publics se désengagent ? Pourquoi les obligerait-on à envoyer faute d’établissements scolaires, leurs enfants en pension ?

Cinquième réalité et non des moindres :

Depuis la réforme fiscale sous Hollande : travailler plus implique avoir moins de reste à ivre : Les comptables ont l'habitude de conseiller à leurs clients de ne pas travailler plus dès qu'ils ont atteint un plafond. Sinon on change de tranche et le travailler plus signifie en avoir moins dans la poche. Une réforme fiscale équitable s'impose !

Sixième réalité :
Force est de constater que dans les grandes villes en sus de ce qui est évoqué supra, l’installation en libéral ne peut se faire comme autrefois, id est appartement simple transformé en cabinet, loyers en ville (Paris, Lyon en particulier) excessifs, mis en place des nouvelles normes au titre des ERP , incitation au regroupement grâce des primes (jusqu’à 36000 euros) sur des centres (CSPT) qui ressembleront peu ou prou aux anciens dispensaires et où seuls les dossiers seront traités avec la fin du colloque singulier qui unissait par le seule confiance le patient et son médecin qu’on nommait médecin de famille.
En lisant attentivement le rapport parlementaire à ce sujet, il est très étonnant que ne soient jamais abordés ces deux facteurs de non-disponibilité du soignant : Féminisation et Désertification rurale.


4. La non prise en compte du vase communicant
Il est quand même étonnant que dans la réflexion sur le système de distribution de soins ne soit pas pris en compte le principal intéressé. Comme dans le domaine de l’Education Nationale, j’ai le sentiment en fait qu’au coeur du système ne se trouvent, non pas l’élève ou le malade, mais bel et bien les effecteurs !
Ainsi coexistent deux mondes régis par des textes distincts et gérés par des organes différents.
Un secteur hospitalier avec sa loi hospitalière et sa tutelle gouvernementale et un secteur dit de ville, mais extrahospitalier avec sa convention médicale et la tutelle de l’UNCAM.
Mais comment ne pas prendre en compte la trajectoire naturelle d’un malade ? N’est-il pas évident qu’il « consomme » des deux secteurs !
Où se trouve l’articulation entre ces deux secteurs ? La réponse n’existe toujours pas y compris dans la loi dite HPST ou la loi dite Touraine.
Ainsi par cette façon de procéder il n’est pas possible de réguler l’offre de soins, de coordonner les efforts de chacun des acteurs au seul bénéfice du malade et d’assurer la continuité efficace des soins.
5. la dérive insidieuse vers un autre système de protection sanitaire
Avec beaucoup de subtilité lors du premier septennat du président Mitterrand et sous l’égide de Monsieur Bérégovoy, est apparu pour la première fois le concept de franchise. En effet, pour la première fois l’assurance maladie se désengageait du remboursement d’une dépense. Cette dépense fut appelée au départ « forfait hôtelier » afin de montrer qu’il ne s’agissait pas de soins, mais d’une prestation, effectivement celle de l’hébergement et du repas servi au malade et qu’il n’était pas sot de différencier ces deux aspects. Sauf qu’à l’époque les frais étaient comptabilisés en prix de journée incluant tant les dépenses de soins que d’hébergement. L’assuré payait donc deux fois la même chose !
Il me faut rappeler dans cette dérive insidieuse, la démarche de Monsieur Balladur qui lors de sa campagne pour l’élection présidentielle en 1994-95, déclarait qu’il « nous faudrait à l’avenir avoir à côté de l’assurance maladie obligatoire et l’assurance maladie complémentaire (les mutuelles), une assurance supplémentaire afin disait-il de gérer le gros risque par les unes et le petit risque par l’autre. »
C’est ainsi que sans surprise aucune mais avec colère, je pris acte des propos du candidat à la présidentielle (ancien directeur de campagne du candidat Balladur) en novembre 2006, devenu depuis président de la République.

« Pourquoi ne pourrait-on pas considérer l’assurance maladie comme une assurance automobile et mettre en place ainsi des franchises ? Après tout il y a le mot assurance, non ? »
Je fus de ceux qui participèrent au soutien et la diffusion de la pétition contre les franchises dites médicales (avec les Docteurs Christian Lehman et Martin Winckler, tous deux écrivains reconnus par ailleurs) … sans grand succès hélas, personne ne voulant voir plus loin que le bout de son nez !
Voici comment j’expliquais et explique encore cette dérive et le risque de voir notre système se transformer en simple système assurantiel à la mode helvétique (cf. supra tableau des financements des autres pays).
AMO : Assurance-Maladie Obligatoire
AMC : Assurance-Maladie Complémentaire (mutuelles)
AMS : Assurance Maladie Supplémentaire
Avant !
AMO (70%)
AMC (30%)
Maintenant !
En effet la subtilité du système est qu’il est empêché à l’AMC de couvrir ce qui n’est plus pris en charge par l’AMO. Cela implique que ce que l’on appelle le Reste à Charge de l’assuré est de plus en plus grand et que in fine, une porte est bien ouverte aux assurances privées qui ne couvriront que ce « petit risque » si habilement évoqué par M Balladur dans les années 93-95. Cela sera donc la nécessité pour l’assuré de souscrire une assurance maladie supplémentaire (AMS) !
D’ailleurs il suffit de constater le nombre de groupes d’assurances qui se sont mis en état de proposer des assurances santé avec plus ou moins de bonne foi !!!
5. Le glissement progressif de la classe moyenne vers le « moins de soins ».
Depuis une dizaine d’années, je ne peux que constater un glissement de la classe moyenne vers moins de soins, ou plutôt vers un retard à l’accès aux soins. En effet, il ne m’est plus rare de voir des pathologies évoluées et ce, parfois dramatiquement (cancer des poumons, thyroïde, mésothéliome pris à un stade tardif),
Ce retard à la consultation s’explique aisément par ce reste à charge qui ne cesse d’augmenter.
Ce retard est surtout objectivé dans la classe moyenne, malgré l’adhésion à une mutuelle qui rappelons ne couvre dans sa définition qu’à hauteur des tarifs de la sécurité sociale.
Les classes aisées en général se dotent d’une « mutuelle – assurance » couvrant les dépassements et les classes pauvres sont bénéficiaires de la couverture maladie universelle.
On mesure bien là le fardeau que doit supporter la classe moyenne y compris dans l’accès aux soins.
Classe moyenne qui contribue chaque fois de ses euros à la solidarité mais qui n’en peut plus elle-même !
AMO (part de plus en plus réduite)
AMC (même niveau par obligation gouvernementale)
Reste A Charge
??? => AMS !

III. REFLEXIONS
1. Un déficit ?
Chaque année, les chiffres du déficit de la Sécurité Sociale sont rendus publics et donnent le tournis ! Cette année le chiffre de 17 milliards d’euros est annoncé. On peut toutefois noter qu’il s’agit du chiffre global portant sur les 4 branches, mais l’amalgame est toujours de mise. Car cela permettra sans remords d’asséner encore une fois des mesures d’ordre comptable pour « sauver la sécu ».
Il se trouve que la structuration de la sécurité sociale n’a pas changé depuis sa création. En effet la principale source du financement reste les cotisations assises sur le salaire donc sur le travail. Or depuis les grandes lois sociales prises d’abord sous le septennat de M. Valéry Giscard d’Estaing, permettant aux ayants droits de bénéficier de la couverture sociale, le nombre d’assurés a été en profonde augmentation, jusqu’aux lois dites Juppé où chacun des habitants de France peut désormais prétendre à une couverture sociale, y compris les plus démunis par le biais de la Couverture Maladie Universelle (CMU) ou l’Aide Médicale d’Etat (AME).
Le déficit est donc structurel !
Comment est-il possible de penser corriger ce déficit structurel par des mesures plutôt comptables qui aboutissent in fine à augmenter les inégalités d’accès aux soins ? Or n’est-ce pas ce que nous voyons depuis la trentaine de plans dits de sauvetage de la Sécurité Sociale ?
Michel Rocard dans sa conception de la CSG avait pensé mettre un terme à l’assise des recettes sur le travail. La commission Marceau Long avait proposé un budget social basé sur l’impôt qui pourrait être naturellement la CSG.
Cela n’a pas été suivi d’effet. Dans quel but ?
Il me semble plausible de penser que ce déficit est réfléchi et utilisé sciemment afin de permettre l’ouverture vers un autre système. Pour étayer cela, je me rappelle la précipitation du groupe AGF avant même la promulgation des franchises avec la mise en action de son contrat « avantage ».
Alors quelle est donc la réalité de ce déficit ? le but poursuivi ?
2. Regarder par l’autre bout de la lorgnette !
Dans toute ma réflexion, n’ayant pas de qualité ni de compétence en économie, je me suis toujours efforcé de regarder les choses à ma seule place qui est celle d’un soignant. Ainsi, je ne peux que considérer la trajectoire du malade ou du demandeur de soins. Je ne peux de la même manière que considérer ce qui a prévalu à la singularité de notre système de protection sanitaire et sociale qui dans le domaine de la santé est une solidarité du bien portant au malade.
Nous sommes aujourd’hui dans un contexte où la demande de soins a fait place à la demande de santé.
Cela est-il possible quand on continue à parler d’assurance-maladie ? Or ne faut-il pas considérer la santé comme un tout et en particulier selon la définition de l’OMS, comme un état de bien être tant physique que moral et social voire environnemental ?
Et si nous abordions cette réflexion sous l’angle de celui qui doit en être bénéficiaire afin de dessiner les contours d’une organisation qui vise à permettre cet état de bien être ? Partir du besoin en santé et non en soins pour évoquer son nécessaire financement ?
Partir du besoin de santé exprimé par le citoyen pour organiser un système de distribution plus adapté ?
Cela ne signifie-t-il pas alors de tout remettre à plat et de prendre acte de notre désir d’aspirer à une meilleure santé et de permettre alors à la prévention primaire dans son acception littérale de s’exercer ? Or n’est-il pas juste de dire que l’acte de prévention en lui-même ne peut être pris en charge vu qu’il ne peut par définition être couvert par une assurance maladie qui ne prend en charge que le critère maladie. (itération volontaire !)
Si on prend ce pari là, ne donne-t-on pas aussi toutes ses chances à la médecine dite générale d’être la charpente du système de santé ?
Cela ne signifie-t-il pas alors de donner une définition claire à cet exercice ? En effet, il suffit d’interroger autour de soi et de demander quelle définition donner à la médecine générale. Invariablement la réponse tournera autour de ce que fait son propre médecin généraliste, appelé désormais et stupidement médecin traitant.
Or comme je l’ai dit précédemment, je me veux être un médecin qui accompagne une personne durant une période donnée de sa vie, qui guérit parfois, soulage souvent et réconforte toujours.
Cette incapacité pour chacune des personnes interrogées de donner une définition commune à l’exercice de la médecine générale est bien significative, n’est-ce pas ?
3. La protection sociale et sanitaire : mission régalienne ou simple gestion ?
Si l’on veut regarder par l’autre bout de la lorgnette, et partir de l’aspiration de chacun d’entre nous à être et vivre en bonne santé selon la définition de l’OMS, il faut avoir le courage de poser cette question simple.
La protection sanitaire et sociale est-elle une mission régalienne de l’Etat, au même titre que la transmission des savoirs ou alors n’est-elle que simple affaire de gestion entre l’offre (le panier de soins) et le besoin ressenti ?
Il faut bien noter que depuis trente ans, seule la notion du panier de soins a été mise en avant. Et que malgré tout ce qui a pu être dit et clamé au sujet de la non-volonté politique de pratiquer une maîtrise comptable des dépenses de santé (maladie ?), par l’utilisation impropre de l’expression « maîtrise médicalisée », seule une notion comptable a prévalu dans la réflexion. Au lieu de vouloir soigner des enfants, des femmes et des hommes, il ne s’est agi que de soigner des colonnes de chiffres.
Bien sûr, le parlement a été associé à la discussion et a désormais pour mission de fixer un objectif national des dépenses d’assurance maladie, mais est-ce suffisant en terme de clarification des rôles de la gouvernance ? Qui fait quoi ?
Quel est le rôle défini aujourd’hui à l’Etat dans la protection sanitaire et sociale ? Quel est celui de l’UNCAM ?
Quel sens est donné au dialogue entre chacune des parties qui autrefois « pilotaient » la sécurité sociale ? Où est la notion « salariés – patronat » ? Quel est le sens donné à la convention médicale quand celle-ci est définie dans un cadre déjà fixé par la loi ?
Mais en même temps où est la responsabilité réelle de l’Etat quand celui-ci se défausse sur les organismes de gestion de la sécurité sociale ?
Alors qui fait quoi ?
Alors peut-on encore tolérer un pareil embrouillamini où personne ne sait qui est responsable de quoi, qui pilote vraiment l’avion ?
Personnellement, je crois qu’il revient à un Etat de protéger ses citoyens et leur permettre d’aspirer à une existence en santé. Cela signifie pour moi qu’il convient d’arrêter de raisonner en simple gestionnaire mais à exercer du sens politique réel.
Quel dessein avons-nous dans le domaine de la santé ?
Je considère ainsi que cette mission de protection revient à l’Etat et signifie alors qu’il s’agit d’une mission régalienne au même titre que peut l’être l’éducation nationale ou plutôt celui de la transmission des savoirs et de l’instruction publique.
Peut-on poser cette question de savoir si la mission de protéger chacun d’entre nous en termes de Santé est une mission régalienne ou une simple affaire de gestion ?
4. Faut-il comparer notre système de santé avec d’autres et notamment avec ceux existant dans l’Union Européenne ?
Le tableau présenté ci avant montre les différents modes de financement des divers systèmes de santé existant au niveau de l’UE. On peut constater que certains pays pratiquent l’impôt, d’autres les cotisations ou la mise en œuvre de système assurantiel pur pour ne pas dire d’ordre privé.
Mais quelle est la philosophie qui anime en termes de protection les autres pays ? Ne peut-on pas dire en fait que tous ces pays se ressemblent par la notion du risque assuré et financé soit par l’impôt ou la cotisation ou la prime d’assurance ?
Quelle a été notre philosophie à l’origine de notre système de protection sociale et sanitaire ?
La répartition ? Mais de quoi ? Surtout pas de l’épaisseur du portefeuille des uns et des autres. Pierre Laroque avait eu cette vision humaniste de sortir l’argent du débat !
Peut-on garder cette utopie de sortir l’argent de ce débat ?
Je crois vraiment que cela est possible et même nécessaire.
Il me semble ainsi que parce que notre système est singulier et basé sur cette solidarité du bien portant au malade, de celui qui a un travail vers celui qui n’en a pas, du jeune vers l’âgé, nous ne pouvons nous comparer aux autres systèmes existants. Je crois aussi que le projet amorcé outre-atlantique essaie de reprendre cette philosophie définie par Pierre Laroque (Obama Care). Une autre vision de la répartition !

IV. Quelques expressions de propositions.
Au travers de ma vision particulière, de ma réflexion au travers de mon œil de soignant, mais aussi de mon éducation reçue, de mon engagement politique, au sein du Mouvement démocrate en remontant à mon adhésion au Centre des Démocrates Sociaux, hériter des idées de Pierre Laroque ancien président du Centre National de la Résistance et à l’origine de la loi créant la Sécurité Sociale avec le principe de répartition, je peux aborder quelque expression de propositions afin d’apporter de la matière au débat sur ce sujet de prime importance.
A. Gouvernance
1. Principe
Le principe de la répartition tel que défini par Pierre Laroque lors de la création de la Sécurité Sociale doit être préservé et être prémuni de toute tentative d’intrusion de la notion d’argent et de profit.
Comme a été introduit le principe de précaution dans la Constitution Française, il convient de faire entrer dans celle-ci la vision singulière de la répartition à la française s’agissant de protection sociale et sanitaire.
2. Du rôle de l’Etat
Il est confié à l’Etat la mission régalienne de protéger chacun de ses enfants et de leur permettre d’aspirer à plus de santé selon la définition de l’OMS, cela au même titre que la transmission des savoirs et l’instruction ou de la défense du territoire.
3. De la révision du statut de la Sécurité Sociale
C’est ainsi que la Sécurité sociale ne peut bénéficier du statut d’organisme public de gestion privée mais devient appartenant d’Etat. Le paritarisme invoqué n’étant de fait plus de mise, les postures des uns et des autres disparaissent de fait et les responsabilités apparaissent clairement aux yeux de chacun des citoyens.
Cela veut donc dire que l’on fait désormais renter dans le budget de la nation, celui de la sécurité sociale. Le déficit artificiellement créé disparaît ainsi de par cette définition.
4. Inscription dans la Constitution
Afin d’asseoir cette mission régalienne et le principe de répartition tel qu’évoqué supra il est mis en place un référendum pour modifier la Constitution et inscrire cela, comme cela a été fait lors de l’inscription du principe de précaution.
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B. Organisation du système de distribution des soins
1. Charpente
En partant du principal intéressé, l’organisation du système de distribution des soins est revue dans un cadre d’ordre public. Liberté à ceux ne voulant pas y entrer de faire comme bon leur semble, selon toutefois les éléments actualisés de la Science, mais sans aide de l’Etat.
La charpente de ce système devient naturellement la médecine générale qui est alors définie comme un exercice d’accompagnement d’un assuré au cours d’une période donnée, librement consentie et basé sur la confiance réciproque. Cette mission est définie selon des rôles de premier recours, de coordination et de continuité des soins.
Cette mission prend en compte outre les éléments d’ordre purement thérapeutique afférents à la maladie, les éléments de prévention qu’ils soient d’ordre primaire (éducation et conseil) et secondaire (dépistage).
2. Evaluation des besoins
Il est confié à chacune des régions dont le format sera revu pour être homogène (selon les principes de la subsidiarité et de la péréquation des ressources), l’évaluation régulière des besoins de la population au travers des ORS (Observatoires Régionaux de la Santé). A cet égard, un débat devra s’engager sur la notion d’efficience et revoir la notion de « concentration » des services de soins qui est contraire à l’esprit de proximité donc d’égalité des chances devant l’accès aux soins.
3. Articulation entre le système hospitalier et extra hospitalier.
De par la mission régalienne, l’articulation entre le système hospitalier et extrahospitalier apparaît comme par enchantement.
En effet, chacune des deux parties du vase communicant qu’utilise le citoyen dans son besoin de santé a un rôle clairement défini et la coordination est naturelle, voire implicite.
Une seule loi commande ces deux parties !
Une seule loi définit les rôles et les missions de chacun des acteurs du système de santé
4. A propos des médecins
C’est ainsi que l’exercice du soignant devient une mission de service public. Chacun des acteurs a un vrai cahier des charges à respecter avec une évaluation qui est induite dans la formation dite continue.
Il y a aujourd’hui un problème lié à la démographie médicale (féminisation avec un exercice en libéral différent car non exclusif, « déserts médicaux » de par le non-désir de s’installer en libéral alors que le nombre de médecins formés a augmenté !). Cette mission de service public avec un exercice rénové permettra de prendre en compte ces évolutions.

Ainsi afin d’assurer l’efficience du système il faut garder le lien principal entre le médecin et le souffrant. Ce lien s’appelle la confiance. Aussi il me semble dangereux de vouloir adopter des systèmes concentrationnaires (maison médicale pluridisciplinaire ou maison de santé) où le contact relationnel serait considérablement dilué, car on s’occuperait davantage de dossiers que de malades.
De même on constate cette tendance concentrationnaire au niveau des établissements de santé. (Regroupement des structures en de grands établissements mais volontairement excentrés, l’exemple de la ville de Lyon est à ce sujet très significatif).
Cet éloignement des structures de soins ne permet plus de garantir une égalité d’accès aux soins. Les exemples sont nombreux dans les retards d’accès et leurs conséquences létales quant aux prises en charge des infarctus (Thierry Gilardi) ou des accouchements. Ne peut-on pas imaginer des antennes techniques de proximité ?
Il ne s’agirait pas d’augmenter l’offre de soins car elle serait inscrite dans le schéma rénové de l’organisation mais d’améliorer le recours aux soins et donc de diminuer les inégalités d’accès.
Concernant la rémunération des médecins dans ce cadre public, il convient de séparer le médecin accompagnant de celui qui intervient en deuxième intention.
Le paiement à l’acte peut se concevoir pour la seconde catégorie mais concernant le médecin accompagnant il est logique de revoir le mode de rémunération et de mettre en place une forfaitisation par personne accompagnée (passage vers une capitation revisitée à la française).
Enfin et cela entre dans le caractère de la régulation et de l’évaluation des besoins, il me semble nécessaire de revoir le mode d’entrée dans le cursus universitaire des futurs médecins.
Plutôt que d’asseoir la sélection en fin de première année du premier cycle des études médicales, ne vaudrait-il pas mieux sachant qu’une formation dure 10 ans en moyenne, faire cette sélection en amont via un concours d’entrée.
Je considère que l’idée d’université n’a pas de sens dans cette formation mais à l’instar des écoles d’ingénieurs ou de l’art vétérinaire, il faut avoir le courage de reparler d’Ecole de médecine et de la remettre en place.
Ainsi un concours d’entrée aux Ecoles de Médecine serait proposé aux bacheliers ou mieux après un cursus préparatoire aux grandes écoles à l’instar des écoles d’ingénieur et même de l’Art vétérinaire.
Par cette révolution, on se donnerait les moyens d’agir de manière prévisionnelle sur la démographie et faire en sorte de ne pas être pris au dépourvu.
On permettrait aussi à ceux qui n’y intégreraient pas de ne plus subir tout au long de leur vie la frustration et le sentiment d’injustice quand ils ont été « reçus collés ».

En résumé :
Il s’agit donc de faire une réforme en profondeur avec la mise à plat du « mille-feuilles » de la sécurité sociale.
1. Un seul régime pour tous d’ordre public (il n’est plus possible à mon sens de conserver des régimes spécifiques comme celui des gaziers, des mines, du port autonome de Bordeaux etc…) avec fusion de tous les régimes.
2. Une seule loi pour l’ensemble du système de distribution des soins pour bien prendre en compte la trajectoire du malade t de l’assuré t non les intérêts des effecteurs.
3. Pour ce faire il conviendra d’abroger la loi du 13 aout 2004 et celle dite HPST, la loi portant la mise en place des franchises médicales (processus qui ne correspond pas au principe de la répartition), de revoir l’organisation opaque de l’UNCAM et faire que les médecins de la sécurité sociale soient d’abord des médecins conseils plus que des contrôleurs administratifs
4. S’agissant de la pérennité de la répartition à la française (bien portant au souffrant) s’assurer par référendum de la volonté des citoyens français.
5. Mise en place d’école de médecine en lieu et place de l’université
6. Paiement forfaitaire pour la médecine générale (fin du paiement à l’acte et sortir l’argent du colloque singulier)
7. Formation continue obligatoire au travers d’une passerelle permanente avec la faculté
8. Assurance de la permanence des soins avec la mise en place du meilleur outil choisi et défini par les médecins de garde de chaque secteur. (maison médicale ou régulation libérale, etc..)
9. Liste de proposition non exhaustive mais alléger la charge administrative et notamment la multitude de papiers inutiles et redondants pour justifier quoique ce soit


CONCLUSION
Toute ma réflexion s’est faite sur la vision que j’ai du système en restant à ma place de soignant et sur ma fidélité à la singularité du principe de répartition imaginée par Pierre Laroque.
Parce que je sais d’où je viens et quelle fût l’idée même de notre système de protection sociale et sanitaire, je sais où je veux aller. Tel est l’objectif de cette synthèse.
Je pense aussi qu’il faut savoir rêver et se proposer de montrer l’intérêt que l’on porte aux enfants, aux femmes, aux hommes, nos concitoyens qui font ce que nous devons être, une société de cohésion.
Bien sûr il ne s’agit pas d’une analyse chiffrée ou de propositions clé en mains mais d’idées rêvées mais toutefois possibles à condition d’en avoir le courage et d’éclairer les enjeux.
Ne dit-on pas que l’art de la politique est l’art de faire rêver ?
Alors pourquoi ne pas offrir ce rêve à nos concitoyens afin de leur permettre d’évoluer en Santé tout au long de leur vie.et faire en sorte que demain soit mieux qu’hier ?
A Lyon 2013-2021
Jean-Claude JOSEPH
Médecin

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Mesdames et messieurs adhérents du "Parti Les Républicains,

Je vous adresse ce message avant que nous ne fassiez votre choix !

En effet, je n'oublie pas que sous le gouvernement Raffarin III, fut promulguée la loi dite du 13 aout 2004 qui a été le "primum movens" du démantèlement de notre système de distribution des soins avec son corollaire que fût la convention dite médicale déjà inscrite dans la loi !

Jusqu’alors il y avait une négociation paritaire entre syndicats des salariés - patronat et syndicats médicaux pour définir la convention médicale et après accord entre les parties, la loi venait valider cette nouvelle convention.

Désormais le gouvernement décidait d’abord et les syndicats médicaux ne pouvaient qu’accepter puisque subventionnés si déclarés représentatifs !!

De fait par cette loi du 13 aout, toute l'organisation de notre système de santé a été entre les seules mains du gouvernement via l'UNCAM. Le futur directeur nommé en conseil des ministres, Van_Roekeghem était depuis mars 2004 le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la protection sociale (Douste Blazy) et avait été un temps directeur au sein du groupe AXA, tout comme Xavier Bertrand passé par axa, nommé Secrétaire d'État à l'Assurance maladie.

Notons que M. Van_Roekeghem  resta en fonction jusqu’en 2014 (cocasse pour ce président élu en 2012 qui assénait « le changement c’est maintenant ! »)

Ce monsieur candidat à cette élection interne aux républicains peut dire tout le contraire de ce qu'il a contribué à détruire avec sa nouvelle façon doucereuse de parler.

Cette convention portée par la loi de 2004 sous son autorité a mis en place le parcours dit de soin, avec la mise en place du médecin traitant que je nomme volontiers médecin traitant administré, avant de pouvoir consulter un spécialiste. On pourrait dire que c'était bien comme idée mais cela s'est toujours fait naturellement et sous le seul sceau de la confiance entre le souffrant et le « médecin de famille », de même le patient savait pouvoir compter sur son petit docteur pour l’orienter efficacement.

En fait, avec cette histoire, le seul but était de rembourser moins en cas de non-respect du parcours de soins. Qui est capable de décrypter aujourd’hui son décompte assurance maladie ?

Rendue encore plus injuste avec les franchises dites médicales mises en place sous le gouvernement Fillon qui pénalisent le malade financièrement puisqu’il est malade (0.50 euros sur chaque boite, 1 euro si examen biologique etc...) En effet en cas de non-respect de ce parcours l’assuré est bien moins remboursé à 30% au lieu de 70, et la mutuelle n’étant pas autorisée à rembourser le différentiel ! Subtil mais très efficace dans l’opacité accrue de notre administration dite publique !

Xavier Bertrand qui se targue d’être près du peuple a augmenté par ses actes le Reste à Charge (RAC) des ménages induisant de fait la diminution de leur Reste à Vivre (id est ce qui reste dans la poche quant toutes les charges obligatoires et induites notamment par la dématérialisation et autres taxes diverses et variées dont de nombreuses se doublonnent).

Ce qui est important à considérer est justement ce Reste à Vivre et qu’on arrête d’évoquer cette notion macroéconomique qu’est le pouvoir d’achat !

Donc je n’oublie pas ce qui fut fait par Xavier Bertrand, et il me fallait juste éclairer la scène pour que vous,  électeurs LR fassiez un choix mesuré !

Pour en savoir plus sur les différentes réformes depuis 2004 jusqu'à 2015 !

http://www.jcjos.com/2015/02/un-projet-de-loi-sante-a-revoir.html )

Docteur Jean-Claude JOSEPH

Médecin de famille depuis 1987

Ancien président (89-91) de la coordination nationale des médecins crée en 1989

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Published by jcjos - La Santé : un droit pour tous !

 

Je l'espérais, Nous,  tous fans des Rolling Stones l'espérions !

L'annonce est désormais officielle. Les Stones reprennent la route et poursuivent la tournée américaine No Filter brutalement interrompue à cause de ce maudit virus.

Les dates sont déjà annoncées :

UPCOMING DATES
SEPTEMBER '21

26th The Dome at America’s Center ST. LOUIS, MO

30th Bank of America Stadium CHARLOTTE, NC

OCTOBER '21

4th Heinz Field PITTSBURGH, PA

9th Nissan Stadium NASHVILLE, TN

13th New Orleans Jazz Fest NEW ORLEANS, LA

17th SoFi Stadium LOS ANGELES, CA

24th U.S. Bank Stadium MINNEAPOLIS, MN

29th Raymond James Stadium TAMPA, FL

NOVEMBER '21

2nd Cotton Bowl Stadium DALLAS, TX

6th Allegiant Stadium LAS VEGAS, NV

11th Mercedes-Benz Stadium ATLANTA, GA

15th Ford Field DETROIT, MI

20th Circuit of The Americas AUSTIN, TX

 

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unzipped ! unzipped ?

ah les plus jeunes ne peuvent savoir ... je vais tâcher d'éclairere la scène !

 

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 Mardi 10 novembre 1970 !

« Françaises, Français, le général de Gaulle est mort, la France est veuve. En 1940, de Gaulle a sauvé l’honneur, en 1944, il nous a conduits à la Libération et à la victoire, en 1958, il nous a épargnés la guerre civile, il a donné à la France actuelle ses institutions, son indépendance, sa place dans le monde. En cette heure de deuil pour la Patrie, inclinons-nous devant la douleur de Mme de Gaulle, de ses enfants, de ses petits-enfants. Mesurons les devoirs que nous impose la reconnaissance. Promettons à la France de n’être pas indigne des leçons qui nous ont été dispensées et que, dans l’âme nationale, De Gaulle vive éternellement ». Georges Pompidou.

Mes parents pleurent !

Je ne saisis pas vraiment cette émotion ! Ils iront même à Colombey !

Mes parents sont franchement gaullistes (mon père est même adhérent de l’UDR !).

Mais chez moi, pour moi, de Gaulle est source de « malaise ».

Même si à cette époque je ne suis pas très versé en politique, ce personnage me met mal à l’aise.

Je sais déjà dans ces années que de Gaulle a servi Pétain, qu’il a donné le prénom du vainqueur de la bataille de la Marne à son fils Philippe, que ce maréchal en est également le parrain. Cela supposait une vraie affection non ?

Londres ? la Résistance ?

De gaulle avait sans doute su se montrer plus politique que militaire !

Je savais déjà le rôle immense joué par Churchill, éprouvant plus d’admiration vers le Vieux Lion !

Je savais éprouver plus d’admiration pour le général Leclerc et sa 2ème DB. Je passais régulièrement vers la Porte d’Orléans et avait regardé de très près ce monument érigé en l’honneur de ce grand militaire !

Et puis cette guerre d’Algérie que d’aucuns voulaient nommer les évènements.

Quelle incompréhension dans ce « Je vous ai compris ! ».

Espoir donné aux deux côtés sans qu’il ne soit le même ! Etincelle géniale du politique.

Et puis dès 1965, n’avais-je pas été troublé lors de cette campagne présidentielle où les « gaullistes » disaient « si Mitterrand passe, les soviétiques seront à Paris, et il n’y aura plus de télé ! ». C’est ce que j’entendais dans la cour de récréation. Les enfants ne rapportent-ils donc pas ce que leurs parents disent à la maison ?

Je n’ai pas connu les évènements de Mai 68. Nous avions quitté la France en Juin 1967. Et ma vie à Pondy retrouvée était celle d’un autre siècle. Une vie de confort absolu, d’insouciance vraie.

C’est à Pondy que j’ai commencé à jouer de la guitare !

C’est à Pondy que j’ai découvert le Rock and Roll.

C’est à Pondy que j’ai entendu pour la première fois les Rolling Stones !

Je n’ai découvert les soubresauts de Mai qu’à mon retour de l’Inde, discutant avec mes meilleurs camarades de classe et leurs parents. Ainsi Paris était encombré de poubelles non vidées ! Ainsi il y avait eu de grandes manifestations avec des barricades, des jets de pavé.

Et puis toute cette poésie délivrée par la jeunesse de Mai qui ornaient encore par endroit les murs. Il m’en revient quelques maximes :

« Faites l'amour pas la guerre !"

"Il est interdit d'interdire !"

"Sous les pavés, la plage »

« Jouir sans entrave »

Je dois dire que j’étais assez admiratif de la fougue de Dany le Rouge.  

C’est alors que je me disais que j’aurai bien aimé être plus âgé et participer pleinement à cette révolte.

 

Et puis je savais aussi que le Général avait quitté Paris lors de ces évènements vers Baden Baden pour rencontrer le célèbre général Massu. On dit même qu’il avait alors pensé à faire intervenir l’Armée ou s’assurer du soutien du Kremlin !!

Je ne me rappelle pas avoir vu les images de la télévision diffusées le 12 novembre.

Mais je me souviens très bien que ce jeudi-là, notre professeur principal, le professeur d’anglais Restier, nous fit mettre au garde à vous pour observer une minute de silence. L’atmosphère était devenue subitement lourde. Oui, quelqu’un de grand était mort ! Personne n’osait esquisser le moindre sourire ! Oui c’était très, très pesant !

Grâce à Paris-Match, j’ai pu voir les images en couleur de ce char transportant le cercueil du général. Très impressionnant !

La France est veuve !

Plus tard vers 72 -73 , je récupère (grâce à un des meilleurs camarades de classe dont le père travaille pour Charlie Hebdo) des magnifiques affiches en papier glacé (couvertures de Une) et si lourdes de sens !

J'en ris vraiment et encore aujourd'hui !

A cette époque, alors que nous habitions Athis-Mons, je partageais avec mon frère aîné la même chambre. Nous partagions aussi le même bureau ! Une règle pour séparer chacun des espaces et deux tiroirs chacun !

Et surtout chacun avait son mur !

Mon frère était plutôt Beatles ! Moi j’étais déjà Stones !

J’avais ainsi murement pensé la décoration de mon mur.

D’abord recouvert de papier alu légèrement froissé pour donner quelque relief, puis mes jolis posters (que je trouvais dans le regretté magazine Best) et affiches délicatement punaisés (Bowie en short ultra court, les Stones, les Who avec ces 2 affiches de Charlie Hebdo ! Et enfin le tout recouvert d’un plastique transparent de couleur bleue. J’avais confectionné à l’aide d’une boite de conserve un spot qui éclairait le tout !

Je garde toujours une certaine émotion en me rappelant de la beauté de cette décoration.

Très « Sex and Rock and Roll » et très politiquement incorrect !

cela ressemblait quelque peu à cela !

cela ressemblait quelque peu à cela !

Un jour alors que j'étais en Rhéto (1974) lors d'une permission (perm galette), je constate le saccage de mon mur si joliment décoré. Je suis atterré !

Tout a été arraché ! Sauvagement, très sauvagement même. Cà et là quelques lambeaux de mes affiches et posters restent encore accrochés  !

A mes questions, mon père hausse le ton !

Ma valise n’est pas encore défaite. Hop, sans un mot, je quitte la maison, triste et furieux, ma petite valise à la main! 

Direction gare Montparnasse vers La Flèche et mon havre de paix : le Bahut !

Je saurai plus tard par mon petit frère que mon père poussé par mon oncle, officier de l'Armée de l'Air, n'a su alors réprimer son courroux son hostilité de toujours au Rock and Roll.

Je n'ai jamais été gaulliste et d'ailleurs je ne sais même pas ce que cela signifie.

Une certaine idée de la France, comme le "je vous ai compris" ?

Ce qui me sidère toutefois est qu'aujourd'hui toutes les bonnes âmes politiques de l'extrême droite à l'extrême gauche se réclament du gaullisme ! C'est édifiant et tellement cocasse !

Oublié le "coup d'état permanent"

On évoque la stabilité de la constitution de la cinquième république ! Outil rédigé sur mesure aux grands habits du général.

Force est de constater que la mise en place du quinquennat par Jacques Chirac, héritier du grand homme, ne répond plus à l'esprit de cette constitution.

J'ai voté non à ce référendum, préférant de loin un septennat non renouvelable.

Je persiste à croire qu'il faudra bien y venir un jour !

Lyon ce 10-XI-2020

jcj

 

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Published by jcjos - Mon engagement politique

Je pense que nous avons le tort en France de considérer l’Islam au travers de notre prisme ou plutôt notre lorgnette judéo-chrétienne.

Il a fallu du temps pour que l’Eglise catholique accepte de rentrer dans la sphère privée.

N’a-t-elle pas dirigé l’état pendant des siècles ?

Rappelons-nous simplement du droit divin accordé à nos rois et de la nécessité d’être catholique. Rappelons-nous de la conversion de notre sacré Vert Galant et sa fameuse expression « Paris vaut bien une messe ».

Rappelons-nous aussi de la période concordataire qui organisa les cultes et notamment le culte israélite en créant un consistoire (sur le modèle de celui existant pour les protestants). Cela a été réalisé sous Napoléon en 1808 !

N’oublions pas également les titres religieux encore accordés au président de la république.

Outre recevoir le titre de chanoine d’honneur au cours d’une cérémonie dans la basilique Saint-Jean-de-Latran par le pape, il est également  chanoine honoraire des cathédrales de Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Julien du Mans, Saint-Maurice d’Angers, Saint-Jean de Lyon, Saint-Etienne de Cahors et Saint-Etienne de Chalons et des églises Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Martin de Tours et Saint-Germain-des-Prés, à Paris, et enfin proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry et de la cathédrale d’Embrun.

C’est ainsi mais cela montre quand même bien que la lorgnette avec laquelle on regarde le culte musulman reste bien d’essence chrétienne voire essentiellement catholique.

Le catholicisme a été une religion conquérante avec cette funeste période de l’inquisition et ses conversions forcées (le sabre et le goupillon !). Et puis  comment ne pas penser au massacre affreux de la Saint Barthélémy. (Lire à ce sujet l’excellent livre de Jean Teulé : Charly 9).

  Français de confession musulmane vous avez le devoir d’agir !

Il n’est pas faux de dire que ces périodes troubles ont pu être effacées notamment par l’action de Napoléon et plus tard avec la loi de 1905.

Mais il se trouve ainsi que l’Islam est la seule à ce jour à être une religion de conquête.

Il se trouve aussi que par essence originelle comme d’ailleurs toute religion à leur début, l’islam vise à transformer une société en imposant des règles souvent drastiques. Les religions n’ont-elles toujours eu pour nature de vouloir régenter la vie des gens. La religion n’est-elle pas un moyen d’assurer un pouvoir politique ? Si les autres cultes ont accepté de se résoudre à la sphère privée, cela ne peut être le cas du culte musulman.

Il se trouve que cette religion n’est pas ordonnée au sens de l’existence d’un clergé identifié !

L’imam souvent auto promu parce que savant ou excellent orateur est le guide qui tire sa puissance directement de l’illumination divine.

Mais je pense aussi à  Jean-Paul II qui se désolait de voir l’emprise du catholicisme baisser dans le monde occidental – n’oublions pas la création des JMJ pour séduire la jeunesse.

Œuvre poursuivie par Benoit XVI et son fameux discours de Ratisbonne qui avait tant heurté les dignitaires musulmans. Quelque chose se mettait bien en marche !

Je pense que l’élection du Pape François n’est pas un simple hasard mais bien une volonté d’ordre politique… D’ailleurs dans son premier discours il assène le mot évangélisation. Il n’est pas jésuite pour rien et être originaire d’Amérique latine n’est pas non plus innocent. (cf l’article que j’avais écrit alors :

Il me semble que nous allons vers un affrontement entre les deux plus grandes religions conquérantes. Comment et quand cela se passera ? Nul ne le sait !

La France qui fut la fille aînée de l’Eglise est confrontée aujourd’hui à une islamisation sournoise.

A force de considérer l’autre dans ses différences, on finit par perdre l’essence même de notre culture si singulière, si généreuse, si humaine.

Pourquoi accepter comme à Lille que des plages horaires ne soient réservées qu’aux femmes. ?

Pourquoi accepter la diversité de menus et notamment la présence de viande hallal (qui relève bien d’un rituel religieux) dans les cantines ou même dans de nombreux restaurants aujourd’hui. J’ai même vu un restaurant chinois indiquer sur sa carte « viande hallal » ! Je pourrais citer d’autres situations comme le souligne le rapport d’enquête présenté au Sénat : https://www.senat.fr/rap/r19-595-1/r19-595-110.html)

Ce sont des petits riens me direz-vous mais quand même au fur et à mesure la garde s’abaisse.

On évoque surtout le principe de laïcité depuis deux dizaines d’années. Que d’incantations !

Mais en fait ne vise-t-on pas la seule religion musulmane qui ne peut par définition rentrer dans la sphère privée.

C’est bien là que le bât blesse !

Pour ma part je pense qu’il n’y a pas d’islam modéré, qu’il n’y a pas d’islam radical… Il n’y a qu’un seul islam – celui qui régit la vie de la communauté musulmane (chez les sunnites l’Oumma) !

Alors que faire ?

Je me dis tout d’abord que cette affaire concerne en premier lieu les français musulmans.

A eux de provoquer un schisme qui puisse définir un islam d’occident en accord avec nos principes de séparation des églises et de l’état. Et ainsi provoquer le fait que cette religion puisse enfin entrer dans la seule sphère privée et ne pas régir lentement mais sûrement notre société.

Il m’est en tant que citoyen de France capital de considérer tel ou tel, non en fonction de sa couleur de peau ou de ses croyances, mais juste comme un être humain capable de grandes et belles choses.

C’est ce que nous avons reçu par notre instruction (j’aime ce mot et il me tarde qu’on le réintroduise enfin plutôt que d’évoquer le mot éducation qui ne signifie in fine rien).

Le président de la République s’est clairement exprimé sur ce sujet qu’il a qualifié de lutte contre le séparatisme islamiste. J’ai trouvé son allocution pleine de bon sens et j’ai noté sa volonté d’agir. Mais les mesures évoquées ne suffiront pas !

Il serait bien, je crois que le président de notre république au travers de ce qu’il a nommé par simple sens de communication « la lutte contre le séparatisme islamiste », pour ne point choquer, propose aux dignitaires musulmans français, comme l’avait fait en son temps Napoléon avec les français de confession juive, la mise en place d’un consistoire musulman et de fait la mise en œuvre d’un véritable clergé « ordonné ».

Ainsi cette pratique cultuelle pourrait alors rentrer dans la sphère privée comme les autres cultes sans porter atteinte aux fondamentaux de notre république.

Cela pourrait même faire l’objet d’un référendum réservé pourquoi pas aux seuls français de confession musulmane, pour peu que la question posée soit lisible et comprise.

Mais je pense que cette idée ne serait pas constitutionnelle à cause du fichage possible comme cela fut fait en d’autres temps. Qui se souvient que la mention de la religion figurait sur les cartes d’identité nationale ?

Mais je persiste à dire que cette volonté de réforme, de schisme, ne peut venir que de nos compatriotes musulmans et d’eux seuls.

Puissent-ils réagir vite pour éviter d’autres drames, d’autres crimes, d’autres incompréhensions mutuelles entre êtres humains vivant sur le même sol et partageant les principes de notre république.

 

Lyon ce 28-X-2020

jcj

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Une affaire qui mousse de plus en plus ! Mais est-ce donc une affaire ?

 

Il y a quelques jours l'Obs, dernier rejeton du Nouvel Obs bien réputé autrefois pour certaines de ses petites annonces publiait un article se voulant objectif et honnête, à propos de dérives incroyables et de propos inadmissibles d'une page privée de Facebook intitulée le Divan des Médecins.

 

Depuis on ne peut que constater que cela fait le buzz et quel buzz.

D'autres medias de la presse écrite s'y sont engouffrés sans forcément faire leur propre enquête mais ne faisant qu'un copier-coller de ce qui avait été déjà écrit.

Et puis des radios se sont également engouffrées dans la brèche à l'instar de RTL et cerise sur le gâteau ce midi diffusion au journal de France2 de ce sujet .. ile ne manque plus que BFM et son acolyte TF1!

Que dire !

France Assos Santé, une association ayant pour objectif de défendre « tous les patients » est montée au front vaillamment pour dénoncer ce qu’elle nomme le « Divan Gate  ou quand des médecins exposent et stigmatisent leurs patients sur les réseaux sociaux ».

Cette association relèverait ainsi plusieurs manquements à plusieurs articles du Code de Déontologie Médicale ayant force de loi, du code pénal, et du code de la santé publique.

Je suis moi-même membre de ce groupe privé « Le divan des médecins – L’Ordre du Divan » qui regroupe plus de 11 000 membres.

Ce groupe en toute certitude est privé et nécessite pour y entrer une cooptation voire une présentation par un autre médecin.

Ce groupe a vocation de confronter les différents vécus et aussi de permettre aux uns et aux autres de confronter leurs expériences et cas cliniques et aussi d’exprimer librement certains ras le bol.

Bien sûr certains commentaires sont, comment dire d’une trivialité particulière et bien incompréhensibles de ceux qui ne participent pas de la culture et du jargon de carabin se situant au deuxième voire nième degré !

Mais quand même pour lire régulièrement ce qui y est posté, je dois dire que je n’ai jamais été bien choqué.

Au contraire, certains cas cliniques présentés notamment en dermatologie nécessitant évidemment quelques photos jointes ont été sources comment dire de fmc et m’ont pour ainsi dire appris des choses.

Le ton de cette page est sans ambages, clair.

D’autres posts de cette page relatent les souffrances endurées au quotidien par nombre de médecins, exprimant leur ras-le bol, signifiant un épuisement que d’aucuns veulent bien nommer « burn-out » !

Et alors s’exprime une belle solidarité redonnant du sens au mot si souvent galvaudé de « confraternité ».

Les exemples repris dans l’Obs et les autres média se veulent flagrants de ce qui est innommable dans un pays nourri au politiquement correct : « raciste – homophobe- grossophobe – méprisant des pauvres ! »

Ah ?

On pourrait aussi reconnaître au travers des photos de cas cliniques des patients, car mal floutées.

Pour ma part, ayant vu ces images, je dois dire qu’il faut être bien astucieux pour deviner tel ou tel visage !

Et puis en toute franchise, je crois que nous médecins ne plaçons pas le curseur de ce qui peut paraitre choquant comme le reste de la population.

Il eût été bien que cette association et plus encore les media qui font le buzz s’approchent davantage de la réalité du contenu de l’ensemble des posts des membres de ce groupe plutôt que de vouloir à tout prix sortir deux ou trois commentaires en boucle et les mettre en exergue d’un politiquement correct.

Il semble que deux ou trois membres de ce groupe auraient été gravement choqués par certains commentaires.

Il semble même que l’un de ces médecins ayant ressenti l’outrage ait rapporté ceci : « petit ramassis d’hommes blancs hétéros qui se pensent au-dessus de tout le monde ». Nous y voilà !

Mais quand même pourquoi avant d’ameuter la horde médiatique, n’ont-ils pas ce courage d’exprimer leur gêne, leur ressenti directement ou de signaler un contenu qui leur paraissait non conforme à la déontologie ?

Espérons que des journalistes consciencieux iront explorer tout ce qui a été mis en ligne et ramèneront quelque vérité !

Le divan des médecins doit rester un espace de liberté et je sais que la quasi-totalité de ses membres a toujours eu à cœur de respecter les fondamentaux de la déontologie médicale.

 

 

 

 

 

 

Divanesque ! &quot;Divan Gate ?&quot;

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Ce dimanche matin … ce matin-là, une odieuse nouvelle tourne en boucle et me met la tête à l’envers.

Dimanche 10 janvier 2016 !

Ma tête est déjà vide… elle se vide encore plus !

Je suis cutté sur ma chaise devant mon verre de café qui est déjà froid.

Incapable de boire quoique ce soit ! incapable de bouger !

Je suis hagard, en état de choc, pétrifié !

David Bowie ! David Bowie ! David Bowie !

 

Des images tournent dans ma tête.

Je me revois écoutant Bowie pour la première fois. J’avais à peine 14 ans.

Je me revois bravant le climat familial si rigide, affichant mon premier poster de Bowie. Il était vêtu d’un justaucorps très moulant, en minishort tenant une belle fender acoustique.

Et cet autre tiré de la pochette d’Aladdin Sane.

Des notes d’intro viennent frapper mon cerveau perdu.

Je me revois jouer Ziggy Stardust, Jean Genie, Rebel Rebel, Rock and Roll Suicide !

Je me revois subir les colères de mon père, son incompréhension à me voir tomber sous le charme de Bowie !

Je me revois subir les quolibets de certains de mes camarades de classe, notamment au Collège Naval puis à la Flèche. Instinctivement je me plaisais à cultiver le look androgyne de Bowie. Ah ce n’était guère tendre.

Bowie m’a construit ! J’aime Bowie !

 

Je suis pris de soubresauts, je tremble, et des larmes coulent, coulent le long de mes joues, noyant mon café déjà froid.

Je ne peux arrêter cette crise de larmes. Je pleure, je pleure sans un mot, la gorge nouée, le cœur serré, cognant de plus en plus fort.

J’ai sous les yeux son dernier disque – Blackstar -  sorti  il y à peine deux jours (le jour de son anniversaire  vendredi 8 janvier) – et ce clip Lazarus !

C’est intenable ! insupportable !

J’éteins tout ! je reste dans l’obscurité et je pleure !

David Bowie s’en est allé ! David Bowie n’est plus !

 

Il me revient en ce sombre mois de janvier 2016 que je pleurais sans cesse. Il suffisait que j’entende le nom de Bowie pour éclater en sanglots, partout, même au cabinet.

Je ne pouvais rien écrire, ni en parler, ni en jouer. Non je pleurais !

Il y eût quelque incompréhension devant ce comportement qu’on osa qualifier de puéril. Ma réponse a été violente et j’ai fait le ménage dans mon entourage proche ! Il était temps !

Cela m’a duré longtemps.

Oui longtemps, quatre ans !

 

Ah cette année 2016 !

Qui aurait pu imaginer le cours de cette année-là !

Six mois plus tard, jour pour jour, un dimanche également, disparaissait le pilier de ma vie.

Si pimpante la veille, elle s’en est allée sans crier gare, ce dimanche-là !

 

Enfin je peux écrire ces quelques mots sans pleurer ! Il m’en aura fallu du temps !

 

jcj 10-01-2020

Five Years ? Non Quatre ans !

David Bowie

8 Janvier 1947 - 10 janvier 2016

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