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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

C'était donc le grand jour que ce  6 septembre 2013 pour tous les élèves nouvellement intégrés qui allaient être présentés à leur Drapeau, celui de l'Ecole de Santé des Armées.

Je me souviens moi-même de mon propre  6 septembre.

C’était en 1976 et un lundi !

Nous avions pris à quelques-uns, le train de nuit de Paris à Lyon. En gare de Perrache, le petit groupe s’est étoffé de ceux qui venaient du sud.

Je ne connaissais pas cette ville de Lyon sauf pour y avoir fait en juillet de la même année du stop à un endroit improbable juste à l’entrée du tunnel de Fourvière (je ne sais comment on a été pris sans attendre trop longtemps !).

De mémoire nous étions 5 ou 6 (Djong, Djezmaul, le Longus, Rocco et moi-même), peut-être un de plus.

Nous nous sommes donc rendus de la gare de Perrache vers la Boâte sise au 14 avenue Berthelot. Ce trajet me parut extrêmement sombre. Cette ville ne rayonnait pas forcément comme aujourd’hui ! Façades tristes et sombres ! Un pont Gallieni sans charme !

Mais nous étions tous très heureux de nous revoir même si notre séparation n’avait duré que deux mois. Fraternité Brutionne !

Je crois que c’est moi qui ai estimé que nous étions trop en avance et qu’on avait bien le temps de pénétrer dans ce lieu.

On opta pour le plus simple et on s’attabla au café « le Touring » qui faisait l’angle entre l’avenue Berthelot et le quai Claude Bernard. (Pour la petite histoire, il y avait ceux qui fréquentaient le « Touring », ceux qui fréquentaient le « Quartier Latin » à cause du billard français, d’autres quand se retrouvant en couple chez « Franquie », et enfin pour la plus grande majorité des élèves au café du Midi où ils faisaient des œufs au plat démentiels !)

Nous n’avions rien perdu de nos habitudes brutionnes, toujours affamés comme il se doit !

Nous avons donc éclusé au moins trois grands cafés et dévoré le contenu de trois panières de croissants, l'oeil rieur et joyeux.

Mais l’heure tournait !

Et c’est ainsi que nous sommes arrivés en retard pour le premier rapport alors que nous aurions dû être en toute logique les premiers arrivés !

La remarque de ce cher adjudant major « Lemo…» fut celle-ci quand il prit note de nos patronymes vérifiant sur son calepin nos provenances !

«  Et voilà on est complet… les Brutions sont là ! … à vos ordres mon commandant ! »

On ne pouvait faire entrée plus remarquable !

Il me revient aussi cette cérémonie de présentation au drapeau !

Toute l’école sur la place d’Armes. Tous les grands anciens, les élèves qui logeaient à Villemanzy ou en fin de cursus à Desgenettes avec des cheveux bien plus que « tangents pour malgré tout être sécants ».

Il y avait aussi les "officiels", les familles et les curieux en tout genre. J’eusse aimé y voir mes parents mais sans doute avaient-ils eu mieux à faire.

Cela faisait du monde !

Et il pleuvait, il pleuvait. L’eau avait imbibé ma casquette qui  prit alors une fonction de gouttière, l’eau rentrant directos dans mon cou.

Trempé, plus que cela même, il me fallait rester stoïque, droit comme un « i », ayant les yeux rivés sur la ligne bleue des Vosges, étant de surcroît vu ma taille "désigné d’office" comme homme de base. Et que dire quant à la manip du "présentez armes", l'eau prenant un malin plaisir à passer dans l'emmanchure de la veste et de la chemise et allant chatouiller le creux axilaire.

Mais quelle fierté et quelle responsabilité prenions-nous lors de cet acte majeur pour tout intégrant à une grande école militaire !

Alors voilà pourquoi j’éprouve sans doute comme tous ces jeunes intégrants, ce même pincement, cette même fierté que d’avoir été présenté à ce drapeau chargé d’histoire  et recevant la devise que je ne pourrais jamais oublier !

« PRO PATRIA ET HUMANITATE »

les discours peuvent être téléchargés ici !

 

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