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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

On continue de vouloir nous faire croire que l'UDF de 2007 serait celle des années 80 - 90 !
On veut nous faire croire que tel ou tel de l'UMP serait centriste !
Mais pourquoi donc ceux qui savent ne disent-ils pas l'évolution de ce parti nommé UDF ?
 
Comme si on disait s'agissant du PS qu'il ne s'agit que de la vieille SFIO d'avant 1971 ou que l'UMP ne serait que le RPR ! Nous verrions aussitôt les membres de ces partis réagir avec force et dire que ces assertions ne sont pas exactes. Et ils auraient raison.
 
Alors je vais me permettre de rappeler ce que fut l'UDF et ce qu'est la Nouvelle UDF.
 
1974 : VGE est élu Président de la République. Il appartient au Parti des Républicains indépendants (R.I). Il ne dissout pas l'assemblée nationale après son élection et nomme Jacques Chirac comme Premier Ministre.
En 1978 ont lieu les élections législatives. Afin de soutenir VGE dans cette élection, plusieurs partis hostiles au gaullisme, se regroupent et il est créé l'UDF dont le nom est tiré du dernier livre de VGE (Démocratie Française).
 
Ainsi l'UDF d’alors n'est qu'une confédération créée dans un seul but, soutenir VGE lors de ces élections. On y trouve six composantes par ordre d’importance:
 
1. le CDS (centre des démocrates sociaux) qui provient du MRP (Mouvement Républicain Populaire) et dont l'idéal se prévaut tant du Catholicisme social défendu par Marc Sangnier que du Personnalisme Communautaire initié par Emmanuel Mounier. C’est ainsi que le CDS créé par Jean Lecanuet est un parti animé par un humanisme social et une volonté de fédéralisme européen. (On notera que la scission du MRP se fit à cause de la divergence fondamentale sur l’Europe). Jean Lecanuet sera d'ailleurs candidat à la présidentielle de 1965 et mettra en ballottage de Gaulle. Le CDS fut transformé en Force Démocrate présidé par François Bayrou, lors du Congrès de Lyon en 1995 afin d'accueillir les adhérents du PSD présidé par André Santini. J'ai personnellement voté contre ce changement pour deux raisons : l'abandon de notre sigle qui était simple et porteur de nos espérances et la méfiance à l'égard d'André Santini, président du PSD.
2. le PR (parti républicain) qui est de fait la suite des RI (l’option en est libérale) et deviendra par la suite Démocratie Libérale présidé par Madelin. Ce parti fut présidé par Léotard, puis Longuet. En sont issus la majorité de ceux qui se disent centristes (Raffarin, de Robien en particulier, mais aussi Hervé Morin ).
 
 
3. le PSD (parti social démocrate qui est la suite du Mouvement démocrate socialiste). Ce parti a été créé par Max Lejeune, membre de la SFIO et du PS et il refusait l'alliance des socialistes avec les communistes. Ses présidents furent Max Lejeune et André Santini. A ce sujet on peut se demander si ce dernier est cohérent dans son soutien à Sarkozy avec les valeurs fondamentales et fondatrices de son parti !
 
 
4. Les clubs Perspectives et Réalités devenus en 95 le PPDF (parti populaire pour la démocratie française) présidé par Hervé de Charette. En sont issus Dominique Bussereau ou Jean-Pierre Fourcade. Leur idéal est la mise en place d'une Europe fédérale en particulier. Là encore on peut s'interroger sur la cohérence de leur participation à l’UMP et à Sarkozy.
 
 
5. Le Parti Radical valoisien. Il provient du grand Parti Radical Socialiste, scindé globalement en deux avec le départ du MRG (radicaux de gauche) parti rejoindre le PS et la présidence de JJSS (Jean-Jacques Servan Schreiber (Réformateurs). Ce parti s'est toujours distingué dans son hostilité au Gaullisme. Il a été présidé en particulier par Rossinot et désormais par JL Borloo. Il faut savoir que ce parti garde le nom de socialiste dans son intitulé et on peut également s’interroger sur la pertinence de son soutien à la candidature de Sarkozy.
 
 
6. Les Adhérents directs de l’UDF qui est de fait une sorte de curiosité politique. Il s’agit de ceux qui ne sont membres d’aucuns des 5 mouvements précités. C’est ce que l’on appelle avoir quelque conviction ou quelque idéal politique.
 
 
Bref cette confédération nommée UDF n’a pour seul but que de soutenir VGE aux législatives de 1978, menacé par l’offensive de Jacques Chirac qui a repris en main le parti gaulliste sous le nom du RPR. On constatera aussi que cette UDF est avant tout un parti d’élus ou de ceux qui aspirent à l’être sans trop se mouiller dans leurs convictions. Ce centre méritait sans doute bien le qualificatif péjoratif de marais à la manière du sans étiquette.
 
 
En 1995, cette UDF qui n’avait pas de candidat propre comme d’ailleurs en 1988 (même si un « soutien » fut apporté à Raymond Barre – j’ai mis des guillemets car ce soutien fut vraiment très bizarre notamment de la part des membres du PR) fut partagée entre ceux qui soutenaient Balladur et Chirac.
 
 
En 1998, cette UDF explosa. Si l’ex CDS devenu Force Démocrate présidée par François Bayrou condamna avec force les accords passés avec l’extrême droite pour devenir Président de Région (Soissons, Blanc, Millon et Baur issus du PR ou du PSD, d’ailleurs !), il n’en fut pas de même du PR (Démocratie Libérale) qui décida alors de quitter l’UDF à l’exception de quelques personnalités dont Léotard et de Robien (créant alors un pôle républicain indépendant et libéral). On notera bien que dans cet intitulé seule la notion libérale prévaut.
C’est en cette année 1998, afin de donner du sens à l’UDF en la positionnant clairement comme le parti du centre que fut créée la Nouvelle UDF lors du Congrès de Lille. J'ai regretté à cette époque que l'on se fonde sous le mot UDF et il eût été préférable à mes yeux de revenir au nom CDS.
On se rappellera aussi que lors des Européennes de 98 la Nouvelle UDF présentera sa propre liste tandis qu’il existe une liste RPR –DL (ex PR dont sont issus Raffarin et consorts). 
 
Cette volonté de cohérence par rapport à la philosophie et l’idéal du Centrisme marqué concrètement par les références au personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounier ou au catholicisme social de Marc Sangnier, voit le jour effectivement par une remise en ordre au lendemain de l’élection présidentielle de 2002.
 
Cela se traduira notamment par le départ vers le parti de la majorité présidentielle (UMP) de certains comme Philippe Douste-Blazy, Pierre Méhaignerie ou Jacques Barrot. Je ne dirai pas forcément que seul le désir d’un maroquin ait pu animer ces départs, mais enfin !
 
Le parti du Centre avait donc retrouvé en 2002, son socle et sa cohérence. Et comme l’on dit ici et là il vaut mieux se retrouver avec un idéal partagé plutôt que d’être lesté par des personnes qui n’ont pas ou plus cure de cet idéal.
Il est intéressant de constater qu’alors à partir de 2002, la nouvelle UDF se positionne clairement en cohérence avec sa philosophie humaine, sociale et européenne.
  
Le mérite de Bayrou a été, et je le dis sincèrement, de provoquer cette mise en cohérence avec l’Idéal quitte à étonner ou rendre perplexes certains observateurs. 
Cela se concrétisera par le Congrès extraordinaire de Lyon auquel je participais d’ailleurs, en janvier 2006 où l’ensemble des militants définira l’UDF comme le Parti Libre, indépendant du clivage archaïque droite gauche.
 
Ainsi l’UDF de 2007 ne peut être réduite à celle des années 80-90.
C’est un parti libre animé par des valeurs claires et documentées et qui est en cohérence.
 
Il me fallait juste le dire et le rappeler encore afin que dans les esprits on mesure bien la volonté de nuire de certains qui se gargarisent d’être du Centre et qui ne le sont guère.
jcj 15-03-2007
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