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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

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Brian Jones

Born 28th February 1942

Died 3rd July 1969

 

brian0001 

 

hp690001 jagger-shelley.jpg mj hp0001

 

 

Peace, peace! he is not dead, he doth not sleep

 He hath awakened from the dream of life        

 ’Tis we, who lost in stormy visions, keep

 With phantoms an unprofitable strife,

 And in mad trance, strike with our spirit’s knife

 Invulnerable nothings. We decay          

 Like corpses in a charnel; fear and grief              

 Convulse us and consume us day by day,

 And cold hopes swarm like worms within our living clay.           

 

The One remains, the many change and pass;

 Heaven’s light forever shines, Earth’s shadows fly;

 Life, like a dome of many-coloured glass,

 Stains the white radiance of Eternity,

 Until Death tramples it to fragments. Die,

 If thou wouldst be with that which thou dost seek!

 Follow where all is fled!—Rome’s azure sky,

 Flowers, ruins, statues, music, words are weak

 The glory they transfuse with fitting truth to speak.

 

Adonais by Shelley (stanzas 39&52)

Pronounced by Mick Jagger on 1969, July 6th at Hyde Park

 

mj-hyde-park.jpg

 

 

 

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Nombreux sont les commentateurs des milieux autorisés comme aimait un humoriste disparu, qui se grattent la tête pour tenter d'expliquer aux jeunes générations l'esprit Stones !

 

Pour moi une seule phrase prononcée en son temps par Mick Jagger  résume cela et c'est toujours aussi  vrai !

 

Copie-de-we-piss-anywhere0001.jpg

 "We piss anywhere, man !"

 

 

 

Pour expliquer la grâce stonienne, une seule phrase aussi !

 

riff in my head0001

 

"I woke up one night in a hotel room with a riff in my head"

 

 

It's Only Rock and Roll, and I like it !

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    Une recette des plus faciles à réaliser :
 
Liqueur 44
 
1 litre d'eau de vie blanche
44 grains de café
44 morceaux de sucre
1 gousse de vanille
1 orange
1 clou de girofle
 
 
Préparation de la Liqueur 44
 
- laver et essuyer l'orange;
- piquer l'orange de part en part avec une aiguille à tricoter;
- piquer le clou de girofle dans cette orange
- mettre cette dernière dans un bocal.
- ajouter les 44 morceaux de sucre et les 44 grains de café.
( variante : on peut incruster les 44 grains de café dans le zeste de l’orange)
- Fendre la gousse de vanille sur toute sa longueur et la mettre également dans le bocal.
- Verser l'eau de vie sur ces éléments
- laisser macérer 44 jours en remuant de temps en temps la préparation.
- Après ce temps de macération, filtrer la liqueur et mettre en bouteille.
 
Déraison ? Mais que vient faire ici cette recette de liqueur ?
 
Je devine votre perplexité !
Mais c'est tout ce que j'ai trouvé pour à nouveau vous parler d'Eux !
44 est le point commun !
Même si une liqueur devrait se boire tout doucement et avec délectation !
Once upon a time ...
"Il y a 44 ans par un beau jour ensoleillé de 1969,  terni par la mort brutale de Bryan Jones, les Rolling Stones avaient ce 5 juillet 1969, offert un concert en hommage au  guitariste si doué, à Hyde Park."
 
 
44 ans se sont écoulés depuis !
Presque jour pour jour, les Rolling Stones vont donner un concert à Hyde Park !
Cela devrait être un grand moment, un moment mythique et qui marquera les esprits à jamais !
 
God Save The Rolling Stones !
 
 

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Un téléphone qui sonne dans la nuit !  Départ précipité vers Paris ...
Impossible à ce jour d'y mettre des mots ... mais
 the God EC is here .. !
 numérisation0022
 
"My Father's Eyes"  …. Eric Clapton (Words and music)
 
Sailing down behind the sun,
Waiting for my prince to come.
Praying for the healing rain
To restore my soul again.
Just a toerag on the run.
How did I get here?
What have I done?
When will all my hopes arise?
How will I know him?
When I look in my father's eyes.
My father's eyes.
When I look in my father's eyes.
My father's eyes.

Then the light begins to shine
And I hear those ancient lullabies.
And as I watch this seedling grow,
Feel my heart start to overflow.
Where do I find the words to say?
How do I teach him?
What do we play?
Bit by bit, I've realized
That's when I need them,
That's when I need my father's eyes.
My father's eyes.
That's when I need my father's eyes.
My father's eyes.

Then the jagged edge appears
Through the distant clouds of tears.
I'm like a bridge that was washed away;
My foundations were made of clay.
As my soul slides down to die.
How could I lose him?
What did I try?
Bit by bit, I've realized
That he was here with me;
I looked into my father's eyes.
My father's eyes.
I looked into my father's eyes.
My father's eyes.

My father's eyes.
My father's eyes.
I looked into my father's eyes.
My father's eyes.
 
 
 

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Si la fête des mères a été imaginée et mise en place par le gouvernement de Vichy et son chef le maréchal Pétain pour promouvoir la famille et la devise "Travail - Famille - Patrie", la fête des pères est la conséquence du travail de lobbying du fabricant de briquets Flaminaire®.

Il est aussi très curieux que nombre de gouvernements ait cédé à des volontés commerciales comme interflora®, les cafés grand-mère® pour imposer d'autres fêtes (secrétaires,grand-mères) …

Il est tout aussi curieux que les gouvernements successifs aient continué l’usage de ces « fêtes ».

N’y a-t-il pas une réflexion à mener pour supprimer ces faux-semblants ?

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Depuis quelques mois le monde tabagique se prend à remplacer la fumée par la vapeur. Pour faire chic on appelle cela la « e-cigarette » ou la cigarette électronique.

 

Objet étrange accroché au cou que l’on saisit fébrilement pour en tirer quelques bouffées.

 

Et n’entendons-nous pas çà et là, les pro-cigarettes électroniques indiquer son rôle non négligeable sur le sevrage tabagique ?

 

Ainsi depuis quelques mois, nombre d’enseignes fleurissent. Un marché se fait jour et un autre s’amoindrit : celui des cigarettes de tabac.

 

Cela est tellement vrai que le gouvernement s’en est ému.  

 

Les mauvaises langues diront que c’est d’abord parce que le volume de tabac acheté diminuant, l’Etat perçoit moins de taxes.

 

Le gouvernement lui,  indique que les questions sur cette cigarette électronique existant aux Etats Unis d’Amérique depuis 2005, méritent d’être posées et que réponses  scientifiques et médicales y soient apportées.

 

Par ailleurs que convient-il aussi de dire s’agissant de ce « vapotement » en lieu public, y compris dans les surfaces marchandes, y compris au restaurant ou autres lieux de vie dont le tabac est banni ? Incitation au tabac ou pas ?

 

La santé ayant toujours bon dos, les réflexions se posent d’abord sous l’angle de la santé en gardant bien en tête le précieux principe de précaution imposé par le président Chirac..

 

Nocif, pas nocif, intérêt  dans le  sevrage, incitation ?

 

De nombreuses personnes m’avaient déjà interpellé sur cette cigarette :

 

Mes réponses ne pouvaient être formelles,  mais simplement formées sous l’angle critique.

  • S’agissant de l’aide au sevrage :  Why not ? Mais quand même la gestuelle ne disparait guère et si la substance à inhaler contient de la nicotine, le circuit addictif reste bien présent.
  • S’agissant de l’innocuité de la vapeur : peut-être ou peut-être pas ! L’irritation chronique du pharynx et du larynx est bien possible.

 

Devant toutes ces interrogations et sans doute aussi devant la volonté de procéder à quelque nouvelle taxe pour « le bien public » afin de compenser la baisse des ventes du tabac, le ministre de la santé a « commandé » un rapport.

Ce rapport a été publié aujourd’hui. Espérons qu’il ne restera pas caché dans un fond de tiroir rejoindre tous les autres.

 

 Il n’est vraiment pas inintéressant et répond effectivement à un grand nombre de questions que chacun peut se poser.

 

En voici les points forts (le rapport in extenso peut être téléchargé ici)

 

Constats

 La dangerosité de la consommation de tabac est clairement établie.

 La fumée du tabac tue en France 73 000 personnes par an, soit 200 par jour.

 En l’absence d’arrêt, un fumeur sur deux meurt d’une maladie directement liée à

son tabagisme.

 Selon la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’OMS, l’arrêt de toute

consommation est l’objectif prioritaire, mais le fardeau du tabac justifie aussi une

politique de réduction des risques.

 L’intensité de la dépendance au tabac est plus forte que celles liées à l’alcool, au

cannabis ou aux drogues de synthèse et voisine de celles liées à la cocaïne et à

l’héroïne.

 Le tabac a un pouvoir addictif qui justifie d’utiliser les stratégies et médicaments

validés pour l’arrêt du tabac mais également d’étudier de nouveaux produits de

substitution dont le rapport bénéfice/risque serait favorable.

 

La cigarette électronique ou e-cigarette

 L’e-cigarette est un nouveau produit dont l’utilisation a récemment progressé de

façon exponentielle.

 Selon la dernière estimation de l’Eurobaromètre disponible (mai 2012), 6% des

Français (environ 3 millions) déclaraient l’avoir essayée et 1% (environ 500 000)

l’utilisaient régulièrement. /

 Si les connaissances progressent rapidement sur le produit, il reste beaucoup de

points d’incertitudes ; cependant on ne peut attendre des données scientifiques

établies pour commencer à proposer des recommandations.

 

Les caractéristiques des e-liquides et des e-cigarettes

 Les e-liquides contiennent et libèrent d’autres produits potentiellement irritants

et/ou classés comme toxiques, mais en quantité le plus souvent moindre que la

fumée du tabac.

 Les e-liquides contiennent ou non de la nicotine.

 Contrairement à la cigarette, l’e-cigarette ne libère ni monoxyde de carbone (CO), ni

particules solides, ni quantité significative de cancérogènes.

 Selon les données scientifiques disponibles en mai 2013, les effets irritants et/ou

toxiques des composants de l’e-cigarette sont bien moindres que ceux liés à la

fumée du tabac.

 Les e-cigarettes – actuellement produits de consommation courante – ne font pas

l’objet de réglementations spécifiques sur les contrôles qualité, les circuits de

distribution, la vente aux mineurs, la publicité et l’utilisation dans tous les espaces.

Elles n’ont à respecter que les règles des normes européennes (marquage CE) et du

commerce (DGCCRF) et l’interdiction de la publicité indirecte pour les produits du

tabac.

 

Les bénéfices et les risques de l’e-cigarette

 Chez le fumeur dépendant au tabac, le remplacement du tabac par l’e-cigarette

devrait en théorie contribuer à une réduction des risques et des dommages.

 Dans l’état actuel des connaissances, la vitesse d’apparition de la nicotine dans le

sang obtenue avec l’e-cigarette est intermédiaire entre celle obtenue avec des

cigarettes de tabac et celle obtenue avec les substituts nicotiniques oraux

actuellement disponibles.

 Le taux plasmatique de nicotine obtenu avec une e-cigarette est variable, fonction

du contenu réel en nicotine (parfois différent du contenu annoncé), du type d’ecigarette

et de la façon de l’utiliser, mais est susceptible d’apporter au fumeur

dépendant la nicotine qui lui est nécessaire.

 Il est en pratique impossible de faire visuellement la différence entre les ecigarettes

utilisant du e-liquide avec nicotine ou sans nicotine car leur aspect est

identique et leur utilisation simule dans les deux cas l’acte de fumer.

 Dans les lieux où il est interdit de fumer, l’e-cigarette, même sans nicotine, pourrait

constituer une incitation à fumer.           /

 

Voici  donc les 28 recommandations établies dans ce rapport :

Les 28 recommandations spécifiques

 

1. Les experts recommandent de ne pas interdire en France l’utilisation de l’ecigarette,

avec ou sans nicotine.

2. Les experts recommandent que l’accès des fumeurs aux e-cigarettes ne soit pas

freiné, car au vu des données actuelles elles semblent réduire les dommages

lorsqu’elles remplacent la cigarette.

3. Les experts recommandent de mettre en oeuvre des mesures pour éviter toute

promotion et toute facilitation de l’accès de l’e-cigarette aux mineurs et aux sujets

n’ayant jamais fumé.

4. Les experts recommandent de réglementer l’e-cigarette : le produit, sa distribution

et son utilisation.

5. Les experts recommandent que cette règlementation spécifique soit globale,

prenant en compte de façon cohérente tous les aspects de l’e-cigarette.

6. Les experts prennent acte que les produits qui répondraient aux procédures

standard conduisant à l’obtention d’une AMM auraient un statut de médicament ;

aussi ces e-liquides et e-cigarettes avec AMM devraient alors être vendus

exclusivement en pharmacie.

7. Les experts recommandent que la vente en pharmacie des e-cigarettes qui auraient

obtenu le statut de médicament n’exclut pas la vente des e-cigarettes et e-liquides

n’ayant pas ce statut, dans d’autres points de vente hors les pharmacies.

8. Les experts recommandent que la France demande l’abrogation de l’article 18 du

projet de directive européenne sur les produits du tabac si cet article impose

obligatoirement la réglementation pharmaceutique pour les e-liquides à partir de

4 mg/l nicotine. Il est en effet contradictoire de proposer une réglementation

spécifique des e-cigarettes et autres produits hors tabac et médicament contenant

de la nicotine et de fixer des taux si bas qu’ils ne correspondent à aucune ecigarette

existante.

9. Les experts recommandent que, dans l’esprit de ce qui a été fait par l’ANSM en

2008, soient fixées de nouvelles limites de contenus en nicotine des e-cigarettes et

de leurs recharges.

10. Les experts recommandent de porter à 18 mg/ml la concentration maximale de

nicotine dans les e-liquides hors statut de médicament.

11. Les experts recommandent que le volume des flacons de recharge ne dépasse pas

30 ml.

12. Les experts recommandent de porter à 40 mg la quantité maximale de nicotine

contenue dans une cartouche d’e-cigarette.

13. Les experts recommandent que soit créée une catégorie de « produits évoquant le

tabagisme » (PET) comprenant les e-cigarettes, mais aussi :      /

- Les produits contenant de la nicotine qui sont ni classés comme produits du tabac, ni

comme médicament.

- Les produits ressemblant à des produits du tabac, même s’ils ne contiennent pas de

nicotine.

- Les produits dont l’usage ressemble à celui du tabac.

14. Les experts recommandent que dans le cadre de l’interdiction actuelle de la

publicité indirecte en faveur des produits du tabac, l’interdiction de la publicité en

faveur de l’e-cigarette soit mieux appliquée et contrôlée, y compris dans les points

de vente.

15. Les experts recommandent que, comme pour les produits du tabac, la vente des ecigarettes

soit interdite aux moins de 18 ans.

16. Les experts recommandent que la vente des « produits évoquant le tabagisme »

(PET) ne soit pas possible en France dans les supermarchés et boutiques

généralistes, mais uniquement par des établissements agréés pour cette vente.

17. Les experts recommandent que les « produits évoquant le tabagisme » (PET) fassent

l’objet d’une déclaration de mise sur le marché comportant leurs principales

caractéristiques.

18. Les experts recommandent que soit clairement indiquée sur tous les emballages la

composition des e-liquides :

- La liste de tous les composants présents à plus de 1 % avec leur grammage/ml.

- La liste des produits posant éventuellement des problèmes de santé et de sécurité.

- La conformité aux normes de qualité requises pour les produits pharmaceutiques et

alimentaires.

19. Les experts recommandent que la concentration en nicotine des cartouches et des

cartomiseurs remplis et scellés soit identifiable sur le produit lui-même.

20. Les experts recommandent que les fabricants de produits évoquant le tabagisme

soient dans l’obligation de déclarer la liste des arômes et ingrédients utilisés en

conformité avec le règlement d’exécution (UE) n° 793/2012 de la commission du 5

septembre 2012 et d’apporter les références disponibles sur leur innocuité à court

et long terme en inhalation.

21. Les experts recommandent que toutes les e-cigarettes et autres produits ou

accessoires évoquant le tabagisme destinés à la vente comportent un avertissement

sanitaire conforme et une notice comprenant une information standardisée et

l’adresse d’un service consommateurs, et ceci qu’elles contiennent ou non de la

nicotine.

22. Les experts recommandent que l’utilisation d’e-cigarettes et de tout « produit

évoquant le tabagisme » (PET) soit interdite dans les endroits où il est interdit de

fumer en modifiant l’article R3511-1 du Code de la santé publique : «… l’interdiction

de fumer et d’utiliser la cigarette électronique et tout autre produit évoquant le

tabagisme dans les lieux affectés à un usage collectif mentionnée à l’article L. 3511-

7 du Code de la santé publique ».

23. Les experts recommandent que soient interdites les allégations du type « pour

fumer là où c’est interdit » car c’est une incitation indirecte au tabagisme interdite

par la loi.

24. Les experts recommandent que soient interdites toutes les promotions de

l’utilisation des e-cigarettes dans des lieux non-fumeurs.

25. Les experts recommandent que les e-cigarettes ne soient pas utilisées par les

femmes enceintes ou allaitantes du fait de l’absence de toute donnée démontrant

leur efficacité et leur totale innocuité dans ces conditions.

26. En l’absence d’études scientifiques précises sur une utilisation supérieure à 6 mois

de l’e-cigarette, les experts recommandent la vigilance en ce qui concerne son

utilisation prolongée, ceci aussi longtemps que des données à long terme ne seront

pas disponibles.

27. Les experts estiment que toutes les études concernant l’efficacité de l’e-cigarette

dans l’aide au sevrage tabagique et l’innocuité de son utilisation à long terme

doivent être encouragées, et être totalement indépendantes des fabricants de ce

produit.

28. Les experts recommandent que les présentes recommandations fassent l’objet

d’une réactualisation régulière.

 

 

 

On notera  bien la recommandation d’interdire la cigarette électronique dans tous les lieux concernés par l’usage du tabac et que soit désormais créée une nouvelle dénomination pour tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à l’usage du tabac (Le brin de paille au coin de la commissure est-il aussi concerné ainsi que  les cigarettes en chocolat?)

 

 

 

A mon avis il y aura de la taxe et de l’interdiction.

 

Mais ne sommes-nous pas sous un gouvernement aimant la liberté ?

 

Il ne nous reste plus qu’à attendre la décision du ministère de la santé.

 

29-05-13 jcj

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Il est des jours ainsi où une chanson vous prend dès le matin et tourbillonne..

 

Pourquoi ce chant ? Pourquoi aujourd'hui ?

Peut-être est-ce le fait de ma "promenade obligée » d'hier matin empruntant ma belle avenue des Frères Lumière, pour contourner la « Manu », voguer sur le boulevard des Tchécoslovaques et poursuivre sur le boulevard Vivier-Merle.

 

Bien sûr que j’ai levé les yeux, regardant la transformation du quartier par les travaux du Tramway.

 

Qui se souvient de la ligne 36 qui traversait Lyon d’un bout à l’autre jusqu’aux Minguettes ?

Qui se souvient de cet arrêt du 36 passant sous ce carrefour formé par le Cours Albert Thomas se prolongeant par le Cours Gambetta et le boulevard des Tchécoslovaques se prolongeant par le boulevard Vivier Merle , avec une sorte d’atmosphère un peu glauque la nuit tombée qui me rappelait l’arrêt de bus de la ligne 285 situé dans le tunnel d’Orly?

 

Et bien,  je trouve cette transformation très bien (tiens ne voilà-t-il pas que je mets à parler comme François Bayrou ?) et prometteur pour ce coin, zone de confluence des 3ème, 7ème et 8ème arrondissements de Lyon.

 

Oui en toute sincérité je trouve que cette transformation redonne de la vie, et met en valeur quelques patrimoines perdus de vue ou simplement oubliés.

 

La Manu, le fort Montluc…. Jean Moulin ?

La Résistance ou plutôt l’esprit de résistance et la force de Lucie Aubrac et ce fameux boulevard des Hirondelles !

 

Voilà on y vient ….

Le boulevard des Tchécoslovaques s’appelait au temps jadis, boulevard des Hirondelles.

 

Ami entends-tu ?

 jcj . 23-V-2013



 

Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu’on enchaîne ...
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes ...
 
Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé ! les tueurs
A la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé ! saboteurs
Attention à ton fardeau ...
Dynamite ...
 
C’est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève ...
 
Ici, chacun sait
Ce qu’il veut, ce qu’il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l’ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Sifflez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute ...
 
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu’on
Enchaîne !
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos plaines ...

 

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Dire la vérité et être sincère dans ce que l'on dit et ce que l'on fait !

Etre sincère c'est se prémunir contre les travestissements de la Vérité, contre les jeux de rôle, les vélleités de petite carrière et les petits "honneurs" récoltés sans gloire.

 

Notre mouvement de pensée se veut être un modèle dans cette aprroche de sincérité et de vérité. Du moins tel est le message que diffuse au travers de son dernier livre François bayrou.

 

Je me dis simplement que si c'est bien de le dire par ce livre ( De la Vérité en Politique) aux enfants de notre Nation, il serait bien aussi de faire valoir cette nécessité de sincérité et de vérité dans chacune de nos fédérations.

Cela suppose une vraie transparence et de faire cesser une fois pour toutes, ces petits arrangements entre faux amis, cette petite cuisine où plus personne n'y comprenant rien puisque non initié, se détourne de notre mouvement de pensée, abandonnant ainsi le combat politique pour répandre notre vision d'une société faite de liberté, de fraternité  et d'équité.

 

Ci-après un article fort bien écrit de Nicolas Domenach, journaliste à Marianne.

Bayrou : sa part de vérité !

 

Mardi 19 Mars 2013 à 05:00 par Nicolas Domenach - Marianne

WITT/SIPA

fb 

 

Mais non, François Bayrou n'est pas mort... Il écrit encore ! Bien. Très bien, même. Ce qui est rare dans cette République autrefois des lettres où, à l'exception de Bruno Le Maire et de Christiane Taubira, les impétrants confient le soin de rédiger, et de penser, à des nègres, alors que l'esclavage en théorie a été aboli, mais pas dans l'édition. L'ex-candidat battu à la présidence de la République ne sort donc pas un livre pour se parer des plumes du paon, même si... Il publie, car il a quelque chose à dire ! A savoir que le temps des truqueurs lui paraît révolu. Voici venir celui «de la vérité»*, que l'aggravation de la crise ne permet plus d'esquiver. Est-ce pour autant l'avènement de celui qui l'a servie et qui a toujours été battu par les démagogues ? Bonne question...

La défaite, la déroute même des avocats du parler-vrai face aux bateleurs et aux jongleurs d'illusions ne fait politiquement pas de doute. François Bayrou se console en rappelant qu'on se souvient, ô combien et en bien, de Pierre Mendès France plutôt que de Joseph Laniel ou de Guy Mollet. Consolation lumineuse, certes, mais notre homme qui a prophétisé, sans en être crédité, la catastrophe dans laquelle nous débaroulons n'en est pas à sortir son mouchoir, même s'il a la grippe, ni ses mots d'adieu pour l'histoire, car celle-ci n'est pas écrite. La preuve par les épreuves... Les déficits et les drames qu'il annonçait, nous y sommes ! Jusqu'au cou. Les faux-semblants, les trucages, les ruses retardataires ne sont plus de saison. Quand il prédisait une croissance atone, alors que Hollande et Sarkozy jonglaient avec les 2 %, on riait du prophète de malheur à la triste mine de régime sec. Bayrou, le candidat des pénitents, a trop payé sa lucidité sans fard pour ne pas espérer demain en être récompensé. Même s'il sait l'ingratitude des peuples pour les porteurs de mauvaises nouvelles. Alors certes il n'avouera pas qu'il est toujours blessé d'avoir été aussi mal remercié. Son ambition est pour la France, évidemment... Il se veut pudique et sérieux ; on ne se refait pas !

Il avertit que nous n'aurons, dans l'avenir, le choix qu'entre le mirage cauchemar des apprentis sorciers extrémistes, d'un côté, qui provoqueront la fin de la communauté européenne, l'explosion des nationalismes et de la xénophobie. Et, de l'autre côté, l'effort partagé des réformes trop différées de l'Etat, de la compétitivité, de l'Europe. Sans plus ménager les lobbys ni les clientèles électorales, auxquelles Hollande prête trop l'oreille. Fini de barguigner. Plus de politicaillerie ni de cailleras, d'ailleurs. De la morale, de l'ascèse. Il ne s'agit plus de consacrer ses forces à se maintenir au pouvoir mais d'user de ce qui reste de pouvoir, pour entraîner chacun et le pays au-dessus de lui-même. Et de faire mentir Nietzsche, rien que ça, qui écrivait : «La vie a besoin d'illusions, c'est-à-dire de non-vérités tenues pour des vérités...»


* De la vérité en politique, 216 p., 14 €. En librairies le 14 mars.

 

 

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"Un nouveau pape est appelé  a waigner !"
« Awaigné ? Awaigné ? – Dwole de nom pour un pape ! Pourquoi pas Libellule ou Papillon ! »
Nombre de notre génération se souvient de cette gentille blague qui nous faisait bien rire et je ne peux m’empêcher de réagir ainsi aux petits commentaires qui surgissent çà et là depuis hier.
L’évènement est de taille pour les catholiques du monde entier !
Un premier évènement de taille et inconnu de mémoire d’hommes était survenu le 11 février 2013, avec la démission du pape Benoît XVI.
Les pronostics à l’annonce du conclave prochain allaient bon train.
J’avais écrit en réponse à quelques commentaires sur facebook,  qu’il serait intéressant de remarquer deux choses : le délai quant à l’élection du pape et l’origine géographique du pape nouvellement élu.
J’estimais en effet que si le délai était court et que si un pape issu de l’Amérique Latine était élu, le message à prendre en compte serait d’ordre politique.
 
Ce mardi 12 mars 2013, les cardinaux entraient en conclave. Le soir : fumée noire !
Mercredi 13 mars au matin : fumée noire !
Après l’épisode de la mouette bloquant la cheminée, une fumée blanche s’élevait en fin d’après-midi par la petite cheminée.
 
Le rituel « Habemus Papam » pouvait être prononcé.
Habemus-papam_carousel.jpg
Il n’a fallu que 30 heures pour élire le nouveau  pape, Monseigneur Jorge Mario Bergoglio, cardinal de Buenos Aires (Argentine).
Il animera l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine sous le nom de François.
SS Francois 1er
La référence à Saint François d’Assise  est rappelée de manière  un peu rapide comme une évidence. J'y vois personnellement une  référence à Saint François Xavier, l'évangélisateur, prêtre jésuite, missionnaire en Asie et en particulier à Goa et Cochin en Inde.  J’y vois aussi un clin d’œil vis-à-vis de la France qui n’ose plus revendiquer son titre élogieux de « fille aînée de l’Eglise ».
La formation jésuitique de Sa Sainteté le  Pape François est ainsi un message politique fort.
Maintenant qu’en attendre et qu’espérer ?
Je lis et entends çà et là des interrogations, des affirmations, des critiques. Il est assez drôle que les critiques s’expriment avant même que les premières actions du pape aient lieu. Mais c’est la loi du genre.
Les inquiétudes révélées par ces critiques témoignent à mon sens de l’importance de la place du catholicisme dans notre pays, que l’on soit chrétien ou pas, pratiquant ou pas.
Déjà quelques esprits soi-disant éclairés, exigent du pape nouvellement élu des réformes permettant le mariage des prêtres, une position favorable à l’avortement, l’euthanasie, au mariage dit pour tous sans oublier  la problématique du port du préservatif mis à l’index. Tout se mélange n’est-ce pas ?
Certains pensent que cette élection marquera  une rupture dans la conduite de l’Eglise, tournant ainsi le dos à l’œuvre des papes Jean-Paul  II et  Benoît XVI !
Je pense franchement le contraire !
Jean-Paul II a nommé cardinal Monseigneur Jorge Mario Bergoglio et certains experts de la chose catholique  l’avaient d’ailleurs surnommé lors de cette nomination : « wojtylien pur jus ».
Benoît XVI  (Joseph Ratzinger était le conseiller particulier de Jean-Paul  II) a été le continuateur de l’œuvre entamée par son prédécesseur et a poussé un peu plus loin la réflexion sur les dangers rencontrés par l’Eglise Catholique notamment dans le monde dit occidental. Cela n’a pas toujours plu comme en témoignent les réactions au fameux discours de Ratisbonne que je retranscris intégralement en annexe. Comme pour minimiser cette action préalable à la diffusion du message chrétien partout dans le monde, il est évoqué des problèmes internes de gouvernance de la curie romaine et toutes ces affaires de pédophilie, soi-disant étouffées mais qui pourtant ont toutes été mises aux tribunaux.
Ainsi un délai très court, un pape argentin, et qui plus est jésuite comme Saint François-Xavier!
L’un des premiers mots de Sa Sainteté le Pape François a été « Evangélisation ».
Je crois que nous allons effectivement vivre une période où l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine se donnera les moyens de l’Evangélisation, poursuivant ainsi ce qui avait été commencé par Jean-Paul II.
 
Il y a bien du sens politique dans cette nomination rapide et sud-américaine, comme si tout été déjà inscrit et naturel.
Devant quelque  expansion violente religieuse autre, l’Eglise a décidé de se donner des moyens pour diffuser et renforcer le message de l’Evangile. Tel est mon sentiment à ce jour !
Annexes
  
Saint François d'Assise, qui es-tu ?
 
Né à Assise (en Italie) en 1181, d'où l'appellation "François d'Assise", François est issu d'une famille riche. Il vit comme tous les jeunes de son âge et de son époque diverses expériences : les fêtes, les escapades et même la guerre durant laquelle il est fait prisonnier et souffre de maladie. Durant sa convalescence, il ressent une insatisfaction profonde face à la vie. Il cherche, il regarde autour de lui mais il reste sans réponse...

Un jour en écoutant un passage de l'Évangile, il lui vient une réponse à ce qu'il cherche : passer sa vie à aimer toute la création. Il transforme alors sa vie, il se fait pauvre, se soucie d'annoncer les messages de joie, d'espoir et d'amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la Création. Il s'habille d'un vêtement gris et se ceint la taille d'un cordon. Il porte ainsi le vêtement du pauvre de son époque.

Toute sa vie, il fait la promotion de la solidarité aux pauvres, aux démunis, aux marginalisés. Il dénonce les injustices et s'oppose à toute appropriation. C'est dans la prière qu'il trouve toute sa force pour aimer et pour aider les autres. Un jour, il réalise que toute la Création forme une grande famille, une sorte de fraternité universelle. Il invite tous les humains à l'amour mutuel et au respect de notre mère la Terre, notre sœur la Lune, notre frère le Soleil...
 
Au terme de sa vie, il rédige ce qu'on appelle le "Cantique du frère Soleil" qui est l'aboutissement de ses enseignements sur le respect et l'amour que tous les humains doivent porter envers toutes les créatures de Dieu. Il rejoint ainsi les préoccupations de ceux et celles qui se soucient de la défense de la nature, des animaux et de l'environnement. C'est d'ailleurs pourquoi, en 1979, il est proclamé "patron des écologistes".
 
Après sa mort, l'Église le reconnaît comme "saint", c'est-à-dire comme un homme dont les vertus peuvent être un exemple pour tous : aimable, pacifique, pieux, humble, fraternel, juste. Depuis le 13ème siècle, des milliers d'hommes et de femmes (la famille franciscaine) suivent ses traces en se laissant inspirer par son style de vie.

Saint François-Xavier, Jésuite et missionnaire par Paul de Molliens
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L’île de Shanguan, où François-Xavier meurt le 3 décembre 1552, est un îlot situé non loin de Hongkong, au large de cet empire de Chine où François, l’évangélisateur, ne put, de sa vie, pénétrer malgré son désir.
Cela fait plus de dix ans que François-Xavier s’est embarqué à Lisbonne avec le titre de "nonce apostolique" et la mission d’évangéliser les vastes territoires dispersés en Extrême-Orient, où le petit royaume portugais vient d’établir un vaste réseau de bases commerciales allant de Goa, en Inde, à Macassar en Indonésie.
François est un des "compagnons" de la première heure d’Ignace de Loyola, basque comme lui, étudiant comme lui et même avant lui, au collège Sainte-Barbe de la Sorbonne, à Paris. Le 15 août 1534, il est un de ceux qui, entraînés par Ignace, décident de prononcer les vœux religieux de pauvreté, chasteté et vie commune. C’est à Montmartre, le mont du martyre de Saint-Denis, lieu hautement symbolique, que les sept premiers compagnons acceptent de se placer sous l’action de l’Esprit-Saint pour aller porter “la lumière de la Vérité chez les infidèles”.
Il ne faudrait pas croire qu’une même origine basque et le moule du collège suffisent au rapprochement entre les deux hommes. Pendant plus de deux ans, des divergences notables opposent rudement le jeune et beau professeur de philosophie qu’est le Navarrais Xavier, à Ignace, étudiant sur le tard, aux allures de "clochard infirme", qui passe même pour un illuminé. Pour sceller leur engagement commun, il faudra sans doute plus que l’opiniâtreté d’Ignace : l’intervention de l’Esprit-Saint. En effet, la famille de François soutenait en Navarre le parti français, opposé aux Loyola tenants de la Maison d’Espagne dont était "Loyola en Guipuzcoa". Cadet de trois garçons, François ne pouvait être que clerc, et c’est tout naturellement qu’à dix-neuf ans il part étudier en Sorbonne. Pendant deux ans de cohabitation estudiantine, Xavier résiste aux entreprises de son nouveau condisciple. On prête à Polanco, le plus proche collaborateur d’Ignace, ce commentaire : "J’ai ouï-dire à notre grand mouleur d’hommes Ignace, que la plus rude pâte qu’il a oncques maniée, c’était au commencement ce jeune François-Xavier."
A dater du jour des vœux de Montmartre, la fidélité de François à ce qui sera un jour la Compagnie de Jésus sera totale, malgré les circonstances et l’éloignement. C’est ensemble que les compagnons avaient projeté un pèlerinage à Jérusalem. N’ayant pu dépasser Venise, il se retrouvèrent à Rome où ils se mettent à la disposition du pape. François, premier secrétaire du fondateur, participe à la rédaction des Constitutions.
Lorsque le roi du Portugal demande au pape des missionnaires pour évangéliser ses possessions asiatiques, Ignace, bon connaisseur des hommes, désigne Xavier : "C’est une entreprise pour vous." "Alors soit, me voici !", répond celui-ci. Avant de quitter pour toujours ses compagnons, François rédige ses vœux dans la Compagnie. En même temps, il approuve les Constitutions et vote par avance pour le futur "préposé général" dont il sollicite les conseils pour l’évangélisation en terre lointaine.
Son séjour à Lisbonne, dans l’attente du grand départ, est relativement court : huit mois seulement. Il y déploie son zèle apostolique, comme il l’a fait en Italie, au service de tous, auprès des gentilshommes de la cour, comme auprès des nombreux détenus juifs et musulmans en voie de "conversion" dans les geôles de l’Inquisition.
Il faut à l’expédition portugaise plus de treize mois pour contourner l’Afrique et atteindre Goa, sur la côte ouest de l’Inde. Désormais, François-Xavier ne recevra que cinq courriers de Rome. Les questions qu’il pose à son "préposé général" restent trois années avant de recevoir une réponse. C’est dire que, dans son action, Xavier ne peut compter que sur lui-même... et sur Dieu.
Dès son arrivée à Goa, le "nonce" qu’est François décide d’habiter à l’hôpital avec les pauvres et les indigents : "La vraie dignité, dit-il, consiste à laver son linge et faire bouillir son pot." François découvre l’immensité et la diversité du continent asiatique. Il prend ses distances par rapport aux colonisateurs qui visent à une domination commerciale et politique, et il met en œuvre une méthode personnelle d’évangélisation. Doué d’un charisme et d’une sensibilité hors du commun, ce "saint de l’amitié" se rend d’abord auprès des communautés récemment converties.
Dans le vaste continent indien alors dominé par l’Islam, ce sont surtout les parias, caste dont font partie les pêcheurs pauvres de la "Côte de la pêcherie", qui reçoivent une première évangélisation. Xavier les enseigne avec l’aide de quelques collaborateurs laïcs. Faute de prêtre, il organise des assemblées où l’on récite les prières, Credo, Pater, Ave Maria, dans la langue locale, le Tamoul. Ainsi, chacun peut participer et les réciter ensuite à la maison. Lorsqu’un prêtre passe, il baptise les récents convertis.
Des habitants de Goa à ceux de Cochin, de Trancore à ceux de Ceylan, Xavier ne semble remarquer que leur dénuement matériel et leur désarroi fondamental. Ces populations émeuvent sa charité, mais ne parlent pas à son intelligence. Il ne comprend pas leur religion : pour lui, ce sont des "adorateurs du diable". Il se heurte, par méconnaissance totale, aux pratiques des brahmanes. On lui propose d’aller vers la Malaisie et les Îles Moluques, mais il hésite à s’embarquer et ne prend la décision de partir qu’après une longue retraite. Ravivant la foi des rares communautés chrétiennes, François, labourant les mers, va à leur rencontre. Toujours fidèle à sa méthode, il supplie aussi la métropole de lui envoyer des compagnons pour évangéliser.
Les dernières années de François, de 1548 à 1552, seront pour lui l’occasion de découvrir la civilisation sino-japonaise fortement influencée par le bouddhisme. En 1548, Anjiro et deux autres Japonais sont solennellement baptisés à Goa. De son propre chef, quelque peu déçu de l’expérience indienne, et attiré par la haute civilisation chinoise, François décide de partir pour le Japon avec l’intention de lui présenter la foi au Christ. L’accueil des Japonais est mitigé, souvent bienveillant. François admire en eux le très haut niveau d’instruction, l’intérêt pour la science, l’amour de la vérité. Pourtant, malgré le bon vouloir de ce cher Antijo et de sa famille, nombreuses seront les incompréhensions.
Avec les deux compagnons jésuites qui l’accompagnent, François commence par apprendre le japonais. Armés de quelques rudiments de cette langue, ils rédigent un traité de la foi chrétienne qui leur sert d’introduction dans les nombreuses discussions qu’ils entendent avoir avec les moines bouddhistes et les notables féodaux de ce pays où le message chrétien était apporté pour la première fois. Les baptêmes ne seront pas nombreux, pas plus de sept cents. Cependant, un embryon de communauté chrétienne se forme autour d’un petit seigneur local ; communauté suffisamment fervente pour que la lumière de la foi survive aux persécutions contre les chrétiens.
Il part ensuite pour Shanghuan, aux portes de la Chine, et meurt loin de tous, sans autre assistance que celle du fidèle Antoine, un Chinois converti, ne sachant même plus parler sa langue d’origine, et d’un contrebandier portugais, Jacques Vaz.
Au cours de ces quatre dernières années, François ne fait que pressentir la nécessité de l’acculturation pour manifester l’universalité du message évangélique. Cette voie sera reprise quelques années plus tard par les successeurs jésuites de François-Xavier.
 
Texte intégral du discours de Benoît XVI à Ratisbonne

(RV- Dimanche 17 septembre 2006) Texte intégral des « souvenirs et réflexions » partagés par Benoît XVI dans son discours à l’Université de Ratisbonne, face aux représentants de la science : (Source La Croix)
 
«C’est pour moi un moment émouvant de me retrouver une fois encore à l’université et de pouvoir y tenir une fois encore une conférence. Mes pensées se retournent de même vers les belles années au cours desquelles, après une belle période à l’Institut supérieur de Freising, j’ai commencé mon activité académique comme enseignant à l’université de Bonn. C’était encore le temps – 1959 – de l’ancienne université. Pour les différentes chaires il n’y avait ni assistants, ni secrétaires, mais en revanche des rencontres directes avec les étudiants et avant tout des professeurs entre eux. Dans les salles des enseignants, on se rencontrait avant et après les cours. Les contacts avec les historiens, les philosophes, les philologues, et naturellement aussi entre les deux facultés de théologie étaient très vivants.

Chaque semestre avait lieu ce qu’on appelait un ‘Dies academicus’, au cours duquel les professeurs de toutes les facultés se présentaient devant les étudiants de l’ensemble de l’université : ainsi devenait possible une réelle expérience de l’Universitas. A travers toutes les spécialisations, qui nous laissent parfois muets les uns envers les autres, nous faisions l’expérience de former cependant un tout, et qu’en tout nous travaillions avec la même raison dans toutes ses dimensions, avec le sentiment que nous avions à assumer une responsabilité commune dans l’usage correcte de la raison – voilà ce que l’on pouvait vivre.

L’université était très fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu’elles aussi, dans la mesure où elles s’interrogent sur la raison de la foi, accomplissent un travail qui appartient nécessairement au tout de l’‘Universitas scientiarum’, même si tous ne pouvaient pas partager la foi dont les théologiens s’efforcent de montrer qu’elle s’ordonne à la raison commune. Ce lien interne avec le cosmos de la raison ne fut pas dérangé le jour où l’on entendit un de nos collègues déclarer que dans notre université existait une chose remarquable : deux facultés qui s’occupent de quelque chose qui n’existe même pas – de Dieu. Qu’à l’encontre d’un scepticisme aussi radical, il demeure nécessaire et raisonnable de s’interroger sur Dieu avec la raison, cela restait indiscutable dans l’ensemble de l’université.

Tout cela m’est revenu à l’esprit lorsque récemment j’ai lu une partie du dialogue publié par le professeur Khoury (de Münster) entre l’empereur byzantin lettré Manuel II Paléologue et un savant persan dans le camp d’hiver d’Ankara en 1391, sur le christianisme et l’islam, et sur leur vérité respective. L’empereur a sans doute mis par écrit le dialogue pendant le siège de Constantinople entre 1394 et 1402. On peut comprendre ainsi que ses propres exposés soient restitués de façon bien plus explicite que les réponses du lettré persan. Le dialogue s’étend à tout le domaine de ce qui est écrit dans la Bible et dans le Coran au sujet de la foi ; il s’intéresse en particulier à l’image de Dieu et de l’homme, mais aussi au rapport nécessaire entre les « trois Lois » : Ancien Testament – Nouveau Testament – Coran. Dans mon exposé, je ne voudrais traiter que d’un seul aspect – au demeurant marginal dans la rédaction du dialogue –, un aspect en lien avec le thème foi et raison qui m’a fasciné et me sert d’introduction à mes réflexions sur ce thème.

Dans le 7e dialogue édité par le professeur Khoury (‘dialexis’, «controverse»), l’empereur en arrive parler du thème du ‘djihâd’ (guerre sainte). L’empereur savait certainement que dans la sourate 2, 256, il est écrit : «Pas de contrainte en matière de foi» – c’est l’une des sourates primitives datant de l’époque où Mohammed lui-même était privé de pouvoir et se trouvait menacé.

Mais l’empereur connaissait naturellement aussi les dispositions inscrites dans le Coran – d’une époque plus tardive – au sujet de la guerre sainte. Sans s’arrêter aux particularités, comme la différence de traitement entre « gens du Livre » et « incroyants », il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnamment abrupte au sujet de la question centrale du rapport entre religion et contrainte. Il déclare : « Montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foi qu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive. »

L’empereur intervient alors pour justifier pourquoi il est absurde de répandre la foi par la contrainte. Celle-ci est en contradiction avec la nature de Dieu et la nature de l’âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, et ne pas agir raisonnablement (‘sunlogô’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est un fruit de l’âme, non du corps. Donc si l’on veut amener quelqu’un à la foi, on doit user de la faculté de bien parler et de penser correctement, non de la contrainte et de la menace. Pour convaincre une âme raisonnable, on n’a besoin ni de son bras, ni d’un fouet pour frapper, ni d’aucun autre moyen avec lequel menacer quelqu’un de mort.»

La principale phrase dans cette argumentation contre la conversion par contrainte s’énonce donc ainsi : Ne pas agir selon la raison contredit la nature de Dieu. Le professeur Théodore Khoury, commente ainsi : pour l’empereur, «un Byzantin, nourri de la philosophie grecque, ce principe est évident. Pour la doctrine musulmane , Dieu est absolument transcendant, sa volonté n’est liée par aucune de nos catégories, fût-elle celle du raisonnable». Khoury cite à l’appui une étude du célèbre islamologue français R. Arnaldez, affirmant qu’«Ibn Hasm ira jusqu’à soutenir que Dieu n’est pas tenu par sa propre parole, et que rien ne l’oblige à nous révéler la vérité : s’Il le voulait, l’homme devrait être idolâtre» (1).

Ici s’effectue une bifurcation dans la compréhension de Dieu et dans la réalisation de la religion, qui nous interpelle directement aujourd’hui. Est-ce seulement grec, de penser qu’agir contre la raison est en contradiction avec la nature de Dieu, ou est-ce une vérité de toujours et en soi ? Je pense qu’en cet endroit devient visible l’accord profond entre ce qui est grec, au meilleur sens du terme, et la foi en Dieu fondée sur la Bible.

En référence au premier verset de la Genèse, Jean a ouvert le prologue de son Évangile avec la parole : ‘Au commencement était le Logos.’ C’est exactement le terme qu’emploie l’empereur : Dieu agit avec logos. Logos désigne à la fois la raison et la Parole – une raison qui est créatrice et peut se donner en participation, mais précisément comme raison. Jean nous a ainsi fait don de la parole ultime du concept biblique de Dieu, parole dans laquelle aboutissent tous les chemins, souvent difficiles et tortueux, de la foi biblique, et trouvent leur synthèse. Au commencement était le Logos, et le Logos est Dieu, nous dit l’évangéliste. La rencontre du message biblique et de la pensée grecque n’est pas un hasard. La vision de saint Paul à qui se fermèrent les chemins vers l’Asie et qui vit en songe au cours de la nuit un Macédonien et l’entendit l’appeler : ‘Viens à notre aide’ (Actes 16, 6-10) – cette vision peut être interprétée comme un condensé de la nécessaire rencontre interne entre foi biblique et questions grecques.

Cette rencontre était depuis longtemps en marche. Déjà le nom de Dieu très mystérieux émanant du buisson ardent, qui sépare ce Dieu de tous les dieux aux noms multiples et le nomme simplement l’Être, est une contestation du mythe, qui n’est pas sans analogie interne avec la tentative de Socrate de dépasser et de surmonter le mythe. Le processus commencé au buisson ardent parvient à une nouvelle maturité à l’intérieur de l’Ancien Testament durant l’Exil, où le Dieu d’Israël, alors privé de pays et de culte, se proclame comme le Dieu du ciel et de la terre et se présente avec une simple formule, dans la continuation de la parole du buisson ardent « Je le suis ». Avec cette nouvelle confession de Dieu s’opère de proche en proche une clarification qui s’exprime efficacement dans le mépris des idoles, lesquelles ne sont que des ouvrages fabriqués par les hommes (cf. Ps 115).

C’est ainsi que la foi biblique à l’époque helléniste, s’étant opposée avec une extrême vigueur aux autorités hellénistes qui voulaient faire adopter par la contrainte les manières de vivre des Grecs et le culte de leurs divinités, alla de l’intérieur à la rencontre de la pensée grecque en ce qu’elle avait de meilleur pour un apaisement réciproque, telle qu’elle s’est en particulier réalisée plus tard dans la littérature sapientielle. Aujourd’hui, nous savons que la traduction de l’Ancien Testament de l’hébreu en grec réalisée à Alexandrie – la Septante – est plus qu’une simple traduction du texte hébreu (appréciée peut-être de façon pas très positive) ; à vrai dire, il s’agit d’un témoin textuel indépendant et d’un pas spécifique important de l’histoire de la Révélation, par lequel s’est réalisée cette rencontre d’une manière qui acquit une signification décisive pour la naissance et l’expansion du christianisme. En profondeur, il y va, dans la rencontre entre foi et raison, des lumières et de la religion authentiques. A partir de l’essence de la foi chrétienne et en même temps à partir de l’essence de l’hellénisme, qui s’était fondu avec la foi, Manuel II a pu effectivement déclarer : Ne pas agir « avec le Logos » est en contradiction avec la nature de Dieu.

La probité exige qu’on doive considérer ici que, au cours du Moyen Âge tardif, se sont développées en théologie des tendances qui ont fait éclater cette synthèse entre le grec et le chrétien. Contre le soi-disant intellectualisme augustinien et thomiste commence, avec Duns Scot, une position du volontarisme qui conduisit finalement à dire que nous ne connaissons de Dieu que sa ‘voluntas ordinata’. Au-delà, il y a la liberté de Dieu, en vertu de laquelle il aurait également pu faire le contraire de tout ce qu’il a fait. Ici se dessinent des positions qui peuvent être rapprochées totalement de celles d’Ibn Hazm et qui peuvent tendre vers l’image d’un Dieu arbitraire, qui n’est pas tenu par la vérité et le bien. La transcendance et l’altérité de Dieu sont placées si haut que notre raison, notre sens du vrai et du bien ne sont plus de réels miroirs de Dieu, dont les possibilités mystérieuses, derrière ses décisions effectives, nous restent éternellement inaccessibles et cachées.

A l’encontre de cette position, la foi chrétienne a toujours affirmé fermement qu’entre Dieu et nous, entre son esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une réelle analogie, dans laquelle les dissimilitudes sont infiniment plus grandes que les similitudes, mais cela ne supprime pas l’analogie et son langage (cf. concile Latran IV). Dieu ne devient pas plus divin si nous l’éloignons dans un volontarisme pur et incompréhensible, mais le véritable Dieu est le Dieu qui s’est manifesté dans le Logos, et qui a agi et qui agit par amour envers nous. Certes, l’amour « surpasse » la connaissance et demande en conséquence de prendre en considération plus que la simple pensée (cf. Eph 3, 19), mais il reste néanmoins amour du Dieu-Logos ; c’est pourquoi le culte de Dieu chrétien est ‘logiké latreia’ – culte de Dieu en accord avec la Parole éternelle et avec notre raison (cf Rm 12, 1).

La rencontre intime qui s’est réalisée entre la foi biblique et les interrogations de la philosophie grecque n’est pas seulement un événement concernant l’histoire des religions, mais un événement décisif pour l’histoire mondiale qui nous concerne aussi aujourd’hui. Quand on considère cette rencontre, on ne s’étonne pas que le christianisme, bien qu’il soit né et ait connu un développement important en Orient, ait finalement trouvé son véritable impact grec en Europe. Nous pouvons aussi dire, à l’inverse : cette rencontre, à laquelle s’est ensuite ajouté l’héritage de Rome, a fait l’Europe et reste au fondement ce qu’on peut appeler à juste titre l’Europe.

Cette thèse – que l’héritage grec critiquement purifié appartient à la foi chrétienne – fait face à l’exigence d’une déshellénisation qui domine de façon croissante le débat théologique depuis le début de l’époque moderne. Si l’on y regarde de plus près, on peut observer que ce programme de déshellénisation a connu trois vagues, sans doute liées, mais pourtant différentes les unes des autres dans leur fondement et dans leurs buts.

La déshellénisation apparaît d’abord en lien avec les fondements de la Réforme du XVIe siècle. Les réformés se sont situés face à la tradition scolastique de la théologie, qui avait totalement systématisée la foi sous la détermination de la philosophie, pour ainsi dire une détermination étrangère de la foi par une pensée qui n’émane pas d’elle. La foi n’apparaissait plus comme Parole vivante et historique, mais comme domiciliée dans un système philosophique. La ‘scriptura sola’ recherche, à l’inverse, la forme originaire de la foi telle qu’elle est donnée originairement dans la Parole biblique. La métaphysique apparaît comme une assertion qui provient d’ailleurs et dont il faut libérer la foi, en sorte qu’elle soit de nouveau totalement elle-même. Avec une radicalité que ne pouvaient pas prévoir les réformés, Kant a fonctionné à partir de ce programme, quand il disait qu’il a dû écarter la pensée pour faire place à la foi. En cela, il a ancré la foi exclusivement dans la raison pratique et lui a dénié l’accès à la totalité de la réalité.

La théologie libérale des XIXe et XXe siècles apporta une deuxième vague dans le programme de déshellénisation, dont Adolf von Harnack est le plus éminent représentant. Au temps de mes études comme dans les premières années de mon activité académique, ce programme était aussi fortement à l’œuvre dans la théologie catholique. La distinction que faisait Pascal entre le Dieu des philosophes et le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, servait de point de départ. Dans ma leçon inaugurale à Bonn en 1959, j’ai essayé de m’en expliquer.

Je ne voudrais pas reprendre tout cela à nouveau ici. Mais je voudrais du moins essayer brièvement de faire ressortir la différence entre cette nouvelle et deuxième déshéllénisation et la première. Comme pensée centrale apparaît, chez Harnack, le retour à Jésus simple homme et à son simple message, antérieurs à toutes les théologisations et aussi à l’hellénisation : ce simple message représente le vrai sommet du développement religieux de l’humanité. Jésus a congédié le culte pour la morale. Il est finalement présenté comme le père d’un message moral plein d’amitié pour les hommes. L’enjeu fondamental, c’est d’accorder de nouveau le christianisme avec la raison moderne, justement en le libérant des éléments apparemment philosophiques et théologiques, comme la foi en la divinité du Christ ou au Dieu trinitaire.

Dans la mesure où elle s’aligne ainsi sur une explication historico-critique du Nouveau Testament, la théologie a de nouveau droit de cité dans le cosmos de l’université : la théologie est, pour Harnack, essentiellement historique et ainsi rigoureusement scientifique. Ce qu’elle découvre sur le chemin de la critique de Jésus est pour ainsi dire l’expression de la raison pratique et par là elle a aussi sa place dans l’ensemble universitaire. A l’arrière-plan, on perçoit l’auto-limitation moderne de la raison, telle qu’elle a trouvé son expression classique dans les Critiques de Kant, mais telle aussi qu’entre temps elle a été radicalisée encore par la pensée scientifique.

Cette conception moderne de la raison repose sur la synthèse, confirmée par le succès technique, entre le platonisme (cartésianisme) et l’empirisme, pour le dire brièvement. D’un côté, on présuppose la structure mathématique de la matière, à savoir sa rationalité interne, qui rend possible de la comprendre et de l’utiliser comme force effective : ce présupposé fondamental est pour ainsi dire l’élément platonicien de la compréhension de la nature. De l’autre côté, il y va de la fonctionnalité de la nature pour nos intérêts, sur quoi seule la possibilité de la vérification ou de la falsification par l’expérience livre la certitude. Le poids entre les deux pôles peut être placé davantage sur l’un ou sur l’autre côté. Un penseur positiviste aussi rigoureux que J. Monod s’est décrit comme un platonicien convaincu, c’est-à-dire un cartésien.

Cela entraîne pour notre question deux orientations fondamentales. Seule la forme de certitude qui se donne dans le jeu concerté des mathématiques et de l’expérience autorise à parler de scientificité. Tout ce qui prétend être science doit se soumettre à ce critère. Aussi, les sciences qui se rapportent aux réalités humaines – telles que l’histoire, la psychologie, la sociologie, la philosophie – essaient de s’adapter à ce canon de la scientificité. Il est important encore, pour nos réflexions, que la méthode en tant que telle exclut la question de Dieu et la fait apparaître comme non-scientifique ou préscientifique. Mais par là, nous nous trouvons devant un rétrécissement du rayon de la science et de la raison qui doit être mis en question .

Nous allons y revenir. Il faut d’abord constater qu’essayer de faire de ce point de vue une théologie « scientifique », le christianisme n’est plus qu’un fragment misérable. Mais nous devons dire plus : l’homme lui-même en cela est diminué. Car les questions humaines spécifiques : d’où venons-nous et où allons-nous, les questions de la religion et de la morale, ne peuvent pas trouver une place dans la raison communément définie par la « science » et doivent être transférées dans la subjectivité. La subjectivité décide à partir de ses expériences ce qui lui paraît supportable d’un point de vue religieux, et la « conscience » subjective devient finalement l’unique instance éthique.

Mais de cette manière, morale et religion perdent leur capacité de formation collective et relèvent de l’arbitraire. Cette situation est dangereuse pour l’humanité : nous le constatons en voyant les pathologies de la religion et de la raison, qui doivent nécessairement se manifester là où la raison est si réduite que les questions de la religion et de la morale ne relèvent plus de son domaine. Ce qui, dans les essais éthiques, provient des règles de l’évolution ou de la psychologie et de la sociologie est tout simplement insuffisant.

Avant d’en arriver aux conséquences ultimes auxquelles je tends en tout cela, je dois brièvement signaler la troisième déshellénisation, qui a lieu actuellement. Au regard de la rencontre avec la multiplicité des cultures, on dit volontiers aujourd’hui que la synthèse avec la culture de la Grèce a été une première inculturation, réalisée dans l’Eglise antique, qu’on ne devrait pas imposer aux autres cultures. Ce serait leur droit de contourner cette inculturation pour revenir au simple message du Nouveau Testament, afin de l’inculturer à nouveau dans leurs espaces. Cette thèse n’est pas simplement fausse, elle est exagérée et inexacte. Car le Nouveau Testament est écrit en grec et porte en lui-même la rencontre avec l’esprit grec qui avait mûri auparavant dans la formation de l’Ancien Testament. Bien sûr, il y a des couches dans le devenir de l’Eglise antique qui ne doivent pas entrer dans toutes les cultures. Mais les choix fondamentaux, qui concernent le lien de la foi avec la quête de la raison humaine, appartiennent à cette foi elle-même et sont adaptés à son développement.

J’en viens à ma conclusion. L’essai d’autocritique de la raison esquissé ici à gros traits n’implique pas du tout la conception selon laquelle il faudrait revenir en deçà de l’‘Aufklärung’ et congédier les vues de la modernité. La grandeur du développement moderne de l’esprit est reconnue sans restriction : nous sommes tous reconnaissants pour les grandes possibilités qu’elle a ouvertes à l’homme et pour les progrès de l’humanité qui nous sont offerts. L’éthique de la scientificité est en outre volonté d’obéissance envers la vérité et, par suite, expression d’une attitude fondamentale qui appartient aux choix fondamentaux du christianisme.

Il s’agit non d’un retrait, ni d’une critique négative, mais d’un élargissement de notre concept et de notre usage de la raison. Car avec toute la joie que nous éprouvons à la vue des nouvelles possibilités de l’homme, nous voyons aussi les dangers qui croissent avec ces possibilités et nous devons nous demander comment en devenir maîtres. Nous le pouvons seulement si raison et foi s’unissent d’une manière nouvelle ; si nous surmontons l’auto-limitation de la raison à ce qui est falsifiable dans l’expérience, et si nous ouvrons de nouveau à la raison toute sa largeur. En ce sens, la théologie appartient à l’Université non seulement comme discipline relevant de l’histoire et des sciences humaines, mais comme spécifiquement théologie, comme question sur la raison de la foi et à son large dialogue avec les sciences.

Ainsi seulement nous devenons capables d’un authentique dialogue entre cultures et religions, dont nous avons impérativement besoin. Dans le monde occidental domine largement l’opinion que seule la raison positiviste et les formes de la philosophie qui en dépendent sont universelles. Mais précisément, cette exclusion du divin hors de l’universalité de la raison est perçue, par les cultures profondément religieuses du monde, comme un mépris de leurs convictions les plus intimes. Une raison qui est sourde au divin et repousse les religions dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures.

En outre, comme j’ai essayé de le montrer, la raison scientifique, avec son élément platonicien, porte en elle-même une question qui tend au-delà d’elle et des possibilités de sa méthode. Elle doit tout simplement accepter comme un donné la structure rationnelle de la matière, tout comme la correspondance entre notre esprit et les structures rationnelles qui règnent dans la nature, un donné sur lequel est fondé sa méthode. Mais la question ‘pourquoi il en est ainsi’ demeure, et doit être transmise par les sciences de la nature à d’autres niveaux et à d’autres manières de penser – à la philosophie et à la théologie.

Pour la philosophie et d’une autre manière pour la théologie, l’écoute des grandes expériences et intuitions des traditions religieuses de l’humanité, en particulier de la foi chrétienne, est une source de connaissance, contre laquelle on ne se protègerait qu’en restreignant de façon inadmissible notre capacité d’écouter et de trouver des réponses. Il me vient ici à l’esprit un mot de Socrate à Phédon. Les discours précédents ayant évoqué beaucoup d’opinions philosophiques fausses, Socrate déclare : « On comprendrait aisément que quelqu’un, devant tant de faussetés, passât le restant de sa vie à haïr et à mépriser tous les discours sur l’être. » Mais de cette manière, il perdrait la vérité de l’être et s’attirerait un très grand dommage.

L’Occident est menacé depuis longtemps par le rejet des questions fondamentales de la raison et ne peut en cela que courir un grand danger. Le courage pour l’élargissement de la raison, non la dénégation de sa grandeur – tel est le programme qu’une théologie responsable de la foi biblique doit assumer dans le débat actuel. « Ne pas agir selon la raison (selon le Logos) s’oppose à la nature de Dieu », répliqua Manuel II, depuis sa vision chrétienne de l’image de Dieu, à son interlocuteur persan. C’est dans ce grand Logos, dans cette large raison que nous invitons nos partenaires au dialogue des cultures. La trouver toujours à nouveau, telle est la grande tâche de l’Université.»

(Traduit de l’allemand par Marcel Neusch)(1) Les citations de la controverse sont empruntées par Benoît XVI à l’ouvrage Entretiens avec un musulman, de Manuel II Paléologue (édition Sources chrétiennes) ; elles sont traduites ici selon la reprise qu’en fait le pape . Par contre, les citations de Th. Khoury et de R. Arnaldez, tirées de la même édition, sont reprises selon l’édition originale parue au Cerf (note du traducteur).
 
 

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De la Vérité en Politique !

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), bien mis à mal par les dernières échéances électorales du lustre passé, publie un nouvel ouvrage : "De la Vérité en Politique".

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Bien sûr que je suis d'accord avec ce qu'il écrit et déclare dans cette interview.

Seule la Vérité Triomphe (Satyameva Jayaté), n’est-ce pas ?

 

Mais que n'a-t-il d'yeux pour regarder ce qui se passe dans chacune des fédérations et en particulier celle du Rhône.

La Vérité suppose la transparence.

Cette transparence existe-t-elle au sein de notre mouvement ?

La Vérité suppose que formation critique soit donnée à nos sympathisants et militants!

Cette formation critique a-t-elle jamais été délivrée ?

La Vérité suppose que dépistage des faux-semblants, des postures et impostures soit.

Et pourtant n’est-il pas vrai de dire que là encore on s’oriente vers ce genre de choses ?

Je ne peux m’empêcher de retranscrire ici cette petite phrase dans le dernier message reçu de la part de la fédération du Rhône et de son président départemental.

 

« NOTRE STRATEGIE

- Notre Mouvement affiche sa volonté de présenter une liste aux élections municipales à Lyon, seul ou en partenariat avec les partis dont le programme et les idées sont les plus proches – et compatibles – avec les nôtres

- Notre Fédération adopte une position ouverte à toute approche et/ou partenariat avec d’autres formations politiques. »

 

Quels partis et formations politiques sont visés par cette petite phrase ?

Je n’ai pas eu de réponse à ma question. Je n’en suis pas chagriné. Je m’y attendais ! Cela participe de l’attitude bien naturelle des  « Top Chefs de la cuisine électorale locale et nationale »

N’y a-t-il pas lieu de penser que s’agissant d’élections à deux tours, il convient d’affronter le premier tour en déclinant sa propre identité, sa propre doctrine philosophique aux électeurs plutôt que de se mettre dans un schéma de second tour en décidant d’alliances prédéfinies pudiquement nommées « partenariat » avant que le premier tour ne commence?

Je sais bien que nombre de sympathisants ou de militants pressés de siéger sur un strapontin ou de voir figurer leur nom sur une liste s’en sont allés vers l’Union des Désirs Inassouvis.

Je sais bien  que les petits désirs d’avenir personnel et de « carrière » font partie intégrante de certains ego. «Je m’voyais déjà en haut de l’affiche…. chanson culte à offrir à ceux-là, n’est-ce pas ? 

Je sais bien que certains d’entre eux malgré tout, sont ou ont été des amis de tel ou tel.

Mais quand même ne faut-il pas rester fidèle à ce qui devrait faire l’engagement politique ?

Exercice de Transparence – Formation-Vérité !

Le principe démocratique impose cet exercice.

Puissent nos instances fédérales et nationales l’entendre et faire en sorte que cela soit rapidement suivi d’effet !

 

Voici donc l’entretien accordé par François Bayrou au Point !

"Il n'y a pas de redressement possible si les citoyens n'ont pas conscience de la vérité de la situation."

C'est le message que François Bayrou développe dans son nouveau livre, De la vérité en politique (Plon) et sur lequel il revient aujourd'hui dans une grande interview accordée à l'hebdomadaire Le Point.

Le Point - On n’attendait certes pas de vous que vous prôniez le mensonge, mais quant à faire de la vérité l’alpha et l’oméga de la politique, c’est sans doute estimable, mais est-ce bien réaliste et même raisonnable ?


François Bayrou - Mais c’est la question clé ! Il n’y a pas de redressement possible si les citoyens n’ont pas conscience de la vérité de la situation ! Regardez : près d’un an après l’échéance électorale, toutes les illusions se sont effondrées l’une après l’autre : le retour facile de la croissance, la baisse du déficit, le retournement de la courbe du chômage. Et c’est le même scénario depuis vingt ans ! Bercés à chaque élection par des promesses mirifiques, les Français ont cru qu’on pouvait éviter les réformes et l’effort. L’état actuel, catastrophique, du pays est donc la conséquence directe de ce refus de la vérité. S’ils avaient su quelle était la réalité de la dette, de l’effondrement de la production, de l’éducation, les électeurs auraient dit stop !

Et voilà pourquoi votre fille est muette ? Faute de vérité…
Si l’on reprend les engagements mirobolants de 81, 95, 2007 ou 2012, et si on les confronte à la réalité, on voit que ces campagnes de facilité, détournant l’attention des vrais problèmes, ont été de la non-assistance à pays en danger.

À quoi bon dire la vérité si c’est pour perdre les élections ?
À quoi bon gagner des élections pour se condamner à l’impuissance et à l’échec ?

Le problème n’est-il pas plutôt celui de la lâcheté des gouvernants une fois arrivés au pouvoir ?
Pas seulement. Ce sont surtout leurs engagements mensongers qui les paralysent. Pourquoi aussi bien Hollande que Sarkozy ont-ils choisi d’annoncer en 2012 des taux de croissance impossibles et des promesses intenables ? Pourquoi ont-ils choisi la démagogie ? Parce que les institutions y conduisent ! Ils ne pouvaient pas ignorer où nous en étions. Mais notre système est tel que ce qui se joue à la Présidentielle, c’est tout ou rien. Tout le pouvoir ou aucun pouvoir. Donc, tout est bon, toutes les facilités, pour ramasser le gros lot. La victoire va au mieux disant démagogique. Mais quand ils ont gagné, les gouvernants se trouvent impuissants. Les réformes parce qu’elles n’étaient pas dans le contrat, deviennent impossibles à réaliser. La preuve en est faite en France depuis vingt ans ! Tant d’illusions et de chimères nous ont conduits à la situation catastrophique qui est la nôtre aujourd’hui. L’exigence de vérité n’est pas seulement morale : elle est devenue la condition même de l’action.

Ceci dit, plus vous-même avez dit la vérité, moins bon a été votre score. Il est plus profitable de gifler un gosse chapardeur, ça vous a profité en 2002.
Ce geste aussi disait la vérité du père de famille que je suis ! Pour le reste, j’ai un contrat de loyauté avec mes concitoyens et avec ma propre vie. Je n’accepte pas un pouvoir obtenu par la fraude et de ce fait à coup sûr voué à l’échec.

Et si le peuple ne veut pas entendre la vérité, que faut-il faire ? Changer de peuple ?
Continuer sans répit le combat ! La lutte pour ouvrir les yeux des Français est la seule qui puisse un jour changer les choses. Ce fut la lutte solitaire des Républicains sous le second Empire, la lutte de Gambetta, celle de Jules Ferry, de Clémenceau, celle de Churchill, de de Gaulle pendant plus de dix ans.

Vos deux références sont Pierre Mendès France et Raymond Barre, deux hommes estimables mais, finalement, des loosers, non ?
Vous ne devriez pas employer de tels mots. L’un et l’autre, à leur manière, ont été l’honneur de notre pays. 30 ans après sa mort, Pierre Mendès-France reste une référence et tous ceux qui l’ont battu ont été effacés. Les deux hommes ont perdu dans l’ordre électoral mais dans l’ordre civique ils ont laissé une marque indélébile. C’est mieux que d’être un conformiste triomphant, un « idiot inutile ».

Vous postulez à leur succession ?
Je me contente que leurs valeurs soient les miennes. Mais une chose a changé : à leur époque on pouvait encore se permettre de ne pas les entendre ! Aujourd’hui, il y a le feu en France !

Et tant pis si ça vous prive du pouvoir ?
Le pouvoir impuissant ne m’intéresse pas. Être « Monsieur le Ministre »devant qui on enlève son chapeau, et se retrouver sans influence réelle sur les choses, c’est le contraire de ce que je veux. Au contraire, le vrai pouvoir qui affronte les réalités, qui est en phase avec un peuple et qui l’entraîne, qui définit une vraie stratégie, celui-là est enthousiasmant. C’est ma responsabilité d’aujourd’hui de défendre devant les Français le chemin qui seul permettra d’en sortir. Et de les encourager à écarter les mirages.

Quels mirages ?

Le mirage de la facilité, de la dérive financière, de la sortie de l’euro, du retour à une monnaie constamment dévaluée, la recherche de boucs émissaires. Au bout de cette voie, il y a le malheur.

Vous dites donc qu’il y a un autre chemin à suivre ?
Il existe un autre chemin, et c’est pour la France un chemin positif, une politique qui peut être étonnamment et rapidement fructueuse. Une fois que nous aurons compris que les problèmes ne viennent pas d’ailleurs, qu’ils sont chez nous, la définition de la politique d’urgence coule de source. D’abord redessiner l’État. Avec 57 pour cent du PIB consacrés aux dépenses publiques, dont une grande part est improductive et même empêche la société d’avancer, une meilleure gestion permettra de progresser à pas de géant. Et l’autre face du combat, la plus importante, se joue sur la production, toutes les productions. C’est là que notre ligne de bataille est enfoncée. C’est là que nous devons agir.

Comment agir ?
En comprenant qu’il faut d’abord cesser de gêner ceux qui sont en première ligne de la production, de l’entreprise, de la création, de l’invention. Laissez-les entreprendre et agir ! Aidez les si vous le pouvez ! Et d’abord par l’éducation de la nation. Soutenez-les ! Vous verrez leur potentiel ! La politique de soutien à ceux qui entreprennent peut seule faire grandir le gâteau. Car s’il ne grandit pas, aucune coupe, pour sévère qu’elle soit, ne nous permettra de retrouver l’équilibre.

Pourquoi avez-vous choisi de soutenir François Hollande ?
Parce que la campagne de Nicolas Sarkozy avait été celle de la division des Français, de l’exaspération des affrontements. Rien n’est plus dangereux. En période de crise, on a très vite un pays à feu et à sang. L’alternance était devenue le seul moyen d’éviter les dérives.

Alors, pas de regrets ?
J’avais deux attentes vis-à-vis de F. Hollande. Un climat de paix civile, de pratique plus républicaine et apaisée ; et l’espoir qu’il fasse abandonner à la gauche ses illusions économiques. Sur ce dernier point, les doutes ne sont pas levés, loin de là. Les intentions affichées sont bonnes mais ne correspondent ni aux engagements pris, ni à la majorité parlementaire, ni aux décisions claires d’un pouvoir qui assume…

Si vous aviez à faire un bilan plus précis…
Notre engagement au Mali, très juste et nécessaire. La négociation syndicale : convenable. Le rapport Gallois : bonne direction mais aucune décision claire. Les nominations aux emplois publics : aucun progrès. Les économies : à confirmer.

Le cumul des mandats ?
Si cette promesse n’était pas tenue dès 2014, ce serait une escroquerie.

Les 75 pour cent d’impôts ?
Démagogique, et nuisible à l’image de la France aux yeux du monde. Un taux marginal de 50 pour cent serait plus juste et rapporterait bien davantage.

Le mariage pour tous ?
Un autre statut, l’union, aurait donné les mêmes droits sans provoquer d’affrontements. Mais c’est l’affrontement qu’on voulait.

La suppression du jour de carence ?
Faute grave contre l’égalité public/privé, contre la justesse et la justice.

Hollande, louvoyeur, menteur ou pas à la hauteur ?
Aucun de ces trois mots désobligeants. Il est devant son rendez-vous : aura t-il le courage de dépasser son passé, son camp, son parti pour proposer les choix décisifs ? Cela me paraît inéluctable, mais osera-t-il ?

Vous croyez à ce scénario ?
S’il n’assume pas, ce sera l’échec brutal. Avec le risque d’une irruption d’extrémisme. Tout y pousse. La politique est en échec. L’Etat est devenu autobloquant, y compris pour ses propres décisions. Personne ne peut plus comprendre aujourd’hui comment fonctionnent l’État ou les collectivités locales. Même chose pour l’Europe à la tête de laquelle on installe des responsables parce qu’ils existent peu et pour qu’ils n’existent pas. Tout cela est un labyrinthe pour les citoyens. Or, quand ils ne peuvent rien comprendre et que ça va très mal, les gens deviennent furieux.

Vous ne vous sentez pas vaguement seul ?
La solitude n’est pas à craindre quand on mène le nécessaire combat. J’ai connu des difficultés électorales parce que je refusais l’abaissement de mon pays. Et je l’ai fait avec autour de moi une équipe soudée et courageuse.

Le Parlement ne vous manque pas ?
Il y a quelque chose de frappant : ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal, ni Alain Juppé, ni Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon, ni moi-même, ni évidemment Nicolas Sarkozy, ne sommes à l’Assemblée. Les plus indépendants, ceux qui ont joué un rôle clé ne montent pas à la tribune. On est loin d’un Parlement qui pèse, où on entend toutes les voix libres et fortes.

Vous ne doutez pas ?
Non. Je crois en la force du réel et en la force des idées. Et quand les idées et le réel se rencontrent, alors il n’y a pas de place pour le doute.

Propos recueillis par Michel Richard, publié le 14 mars

 

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