La Santé : un droit pour tous !

Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 11:43

Nous sommes dans un pays vraiment extraordinaire !

 

Il vaut mieux en effet pour être informé de ses missions, avoir un œil sur les media (presse écrite et audiovisuelle).

 

Ainsi,  depuis la semaine dernière, les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ont appris que désormais les généralistes toujours appelés médecins traitants pourraient vacciner contre le virus de la grippe AH1N1v, à leur cabinet.

 

Or, il me semble que pareille information aurait dû mériter une communication directe du ministère de tutelle auprès des nouveaux missionnés ! Il n’en est rien !

Je n’ai reçu aucune information officielle par lettre tant du ministère de la santé que de l’assurance-maladie, m’informant de cette mission nouvelle et désormais possible selon les media !

 

Quel est le dispositif choisi pour me faire approvisionner en vaccins ?

Ai-je le droit (ce qui me semble être un devoir de responsabilité) de prescrire le vaccin que je souhaite ?

Comment et ce de manière concrète, sera assurée la traçabilité du processus vaccinal dont je serais par mon acte responsable ?

 

Je passe sur la rémunération car dans cette mission que je considère de service public, je ne vois aucun inconvénient à l’assurer gratuitement !

 

Nous sommes donc encore une fois dans une opération de marketing politique !

 

 

Par jcjos - Publié dans : La Santé : un droit pour tous !
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 05:21

Début décembre je recevais un mail d'un de mes anciens patients. Je lui ai répondu aussitôt et je me suis dit que ma réponse pourrait faire l'objet d'un article. J'en avais espéré la publication dans mon quotidien favori auquel je suis abonné depuis plus de 20 ans mais sans doute mon mail a dû passer en "pourriel". J'aurais dû l'adresser par voie postale. (Je vais sans doute le faire.. et on verra bien ...)

 


Du virus A H1N1v et la grande campagne de vaccination gouvernementale !



Cher Patient,

 

Je vous remercie de m’avoir fait part de vos interrogations par votre mail reçu ce 3 décembre que je reproduis in extenso mais de manière « anonymisée » car vous me donnez ainsi une occasion particulière d’expression sur ce sujet brûlant et je vous en sais gré. Et quel plaisir personnel en constatant votre souvenir de votre ancien médecin de famille et de la confiance que vous continuez à lui accorder, alors que vous avez quitté Lyon depuis quelque temps déjà.

 

 

« Bonsoir, 

Nous avons été sollicités par le collège pour faire vacciner nos enfants. Bien que défavorable dans un premier temps, nous nous posons quelques questions au regard de la campagne de vaccination fortement relayée par les médias. Certains médecins déconseillent cette vaccination ! Quelles en sont les raisons ? D’autres professionnels de la santé la préconisent expressément ! Pourquoi cet empressement ?  Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre position sur ce sujet ? Que devons-nous faire ? Que nous conseillez-vous pour nos enfants ? Et pour nous-mêmes ? 

Dans l’attente de vous lire, » 

 

Je vais tâcher de vous répondre au mieux en reprenant chacune de vos questions.

 

1. Tout d'abord de quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'un virus de la grippe, vaste famille appelée Influenza, du groupe et de la souche H1N1. Cette souche existe depuis longtemps d'ailleurs et si vous avez la curiosité de regarder la composition du vaccin contre la grippe dite saisonnière, vous verrez qu'il y a une souche H1N1.
En fait il s'agit d'un variant du virus de la grippe A H1N1 et on devrait pour être précis l'écrire H1N1v. Il se dit aussi que cette souche aurait circulé en 1957 ce qui pourrait expliquer le peu de cas chez des personnes nées avant 57.
Les anglo-saxons qui n'ont pas de scrupule à dire les choses comme elles sont, ont continué à appeler cette grippe " swine flue", mais notre gouvernement sous la pression des éleveurs bien marris après l’affaire dite de la vache folle (encéphalite spongieuse bovine), n'a pas jugé utile de continuer d'appeler cela « grippe porcine ».

 

Ce virus a la particularité, fâcheuse au demeurant d’être très contaminant et de toucher des personnes jeunes, en bonne santé et sans antécédents particuliers. C’est à mon sens cela qui a justifié une telle ampleur de la part de tous les gouvernements, puisque c’est notre jeunesse et nos forces vives de demain qui sont exposées à un risque vrai. Et là nous rentrons aussi dans une dimension politico-économique vraie.

 

Ce virus a été isolé dès l’année dernière et naturellement vu les progrès considérables en virologie, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour réaliser un vaccin spécifique au H1N1v.

Sachez que le processus de fabrication est heureusement bien rodé et que la notion de temps n’est plus un critère de réflexion utile.

 

Donc nous avons un virus et un vaccin.

Mais il y a de fait trois sortes de vaccins qui ont été fabriqués selon l’empressement ou la volonté de tel ou tel de l’industrie pharmaceutique d’être les premiers et de remporter un marché.

 

Première sorte de vaccin : celui à base du virus entier mais inactivé (ce que l’on peut voir au niveau de la rougeole ou de la rubéole). Il provoquera par nature une réaction secondaire reflétant la maladie à minima dont on veut se protéger (exemple de l’éruption possible 15 jours après l’injection par le ROR).

 

Deuxième sorte de vaccin : celui à base des fragments antigéniques. Celui-ci est donc plus « pur ». C’est le cas par exemple des nouveaux vaccins existants (grippe saisonnière…). Afin d’augmenter la réaction antigène – anticorps et le processus immunogène, des adjuvants peuvent être associés (exemple du vaccin contre l’hépatite B mais aussi de ceux que l’on a au niveau du quintavalent ou de l’hexavalent)

Ces adjuvants sont en général à la base d’effets secondaires propres.

 

Troisième sorte de vaccin : celui à base de fragments antigéniques et sans adjuvant. C’est a priori celui qui aura le moins d’effets secondaires et qui sera pratiqué chez les femmes enceintes et les nourrissons.

 

2. Pourquoi un tel emballement médiatique ?

 

Les mauvaises langues pourraient dire que mettre cette affaire en gros plan, permet à nos gouvernants de taire les effets de la crise sociale et économique que la classe moyenne en particulier subit.

Je pense aussi, que comme le coq, le gouvernement ne voulant pas risquer une seconde affaire « canicule » et ayant dans ses cartons et ses casernes du matériel en péremption à partir de septembre 2009 (en stock depuis la menace épidémique du H5N1 (grippe aviaire), a fait donner l’artillerie lourde (cocorico !).

Les journalistes comme à leur habitude depuis quelques années n’ont fait que relayer les informations distillées par le gouvernement sans exercer ce pourquoi ils ont été formés, c'est-à-dire leur sens critique.

Alors pourquoi tant d’empressement aujourd’hui ?

 

Mon analyse est la suivante et je ne sais si elle juste mais elle me parait recevable.

En effet, il faut savoir que chaque année et depuis plus d’une décennie, il est « offert » aux personnes âgées et à risque particulier (diabète, asthme etc..) un bon pour la vaccination contre la grippe saisonnière. Cette commande est ainsi programmée d’une année sur l’autre.

 

Si d’aventure, le gouvernement avait donné l’AMM (autorisation de mise sur le marché) dès la production des différents vaccins contre le H1N1v, nul doute que personne ne  se serait vacciné contre la grippe saisonnière. Ce qui aurait constitué un gâchis considérable et une perte économique.

Je pense donc que c’est sciemment que le gouvernement a mis en sourdine sa communication sur le sujet dès fin août afin que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière puisse se faire comme chaque année.

 

Quant à l’organisation de la campagne de vaccination de masse, ayant cédé à certaines injonctions du Samu, cela a été dévolu au niveau civil, alors que lors de la menace « grippe aviaire » tout cela était confié à la rigueur militaire, seule à mon sens capable de faire face avec efficacité à une telle menace.

Si bien que à défaut d’organisation, nous avons aujourd’hui des actions désordonnées.

 

Dans cette organisation, les médecins généralistes ont été écartés immédiatement alors que lors de la menace aviaire, ils y étaient associés.

Cela est assez évident à y regarder de plus près.

En effet, il s’agit simplement de la notion même de la responsabilité prise lors de tout acte.

Si un généraliste doit injecter quelque chose il sera de toutes façons décideur de ce qu’il doit injecter !

Et bien évidemment, il aurait prescrit le vaccin fragmenté sans adjuvant pour le bénéfice de son patient en terme de tolérance.

 

Or n’oublions pas que le gouvernement et on ne sait pour quelles raisons vraies (une commission d’enquête parlementaire a été demandée mais sans écho) avait déjà commandé 94 millions de doses vaccinales auprès de quatre laboratoires (Baxter® –Glaxo® – Novartis® et Sanofi Pasteur®). Or depuis Juillet, tout le monde sait qu’une seule dose suffit !

D’autre part, une vaccination de masse afin de minimiser les coûts pouvait justifier le conditionnement du vaccin en multi dose et c’est ce qui délibérément a été choisi. Cela est important à considérer car c’est l’argument massue que le gouvernement oppose aujourd’hui aux représentants des syndicats de généralistes pour ne pas les associer à la campagne de vaccination.

Or le conditionnement multi dose expose et on l’a vu récemment, à des erreurs (surdosage à l’injection) et aussi à un risque infectieux plus important de fait.

Cela étant au cas où le gouvernement viendrait à reconsidérer sa posture méprisante envers les médecins généralistes et de famille, en souhaitant les associer à la campagne de vaccination, au vu de la sacrée pagaïe actuelle, il se poserait toujours cette question de responsabilité de l’acte médical que j’évoquais supra. En tout état de cause, je pense que l’association des généralistes ne pourra se faire désormais sans cette exigence : le devoir et le droit de la prescription raisonnée comme lors de tout acte médical.

 

3. Vous avez effectivement pu entendre que des médecins s’opposaient à cette vaccination. Je dirais sans être méchant qu’il y a toujours eu dans notre corporation des « médecins » opposés à toute vaccination et qu’ils sont souvent  la  caution de mouvements sectaires existants. Et comme une tribune peut s’ouvrir alors ils enfoncent la brèche.

 

4. Pas assez de recul ?

Cette question n’a pas de sens et rappelons nous simplement que nous avons le même recul que lors de la mise sur le marché du vaccin contre la grippe saisonnière.

 

5. Effets secondaires ?

Oui mais ils sont inhérents à toute thérapeutique mais mathématiquement amplifiés en raison de la vaccination de masse (cf l’exemple de la campagne de vaccination contre l’hépatite B dans les années 90).

On pourrait limiter ce risque d’effets secondaires en ayant le choix de la prescription mais nous n’avons pas le choix vu que c’est le gouvernement qui décide de ce qu’il injecte.

Sachez que les pharmacies ne peuvent en commander et ce par ordre !

 

6. Par ailleurs et il faut le dire aussi, si nous n’avons que peu de chances d’être champions du monde de football, notre pays sera sans doute le champion du monde de cas recensés. Or il faut savoir que depuis juillet, il nous est impossible de savoir si il s’agit véritablement du variant H1N1v, les généralistes n’ayant pas le nécessaire en terme de dépistage rapide (TDR) et les laboratoires ayant eu ordre de ne pas effectuer les prélèvements, (cela étant dévolu aux seuls services hospitaliers dits d’urgence. Mais il faut savoir que  depuis deux ou trois semaines plutôt, les services hospitaliers seuls habilités par ordre gouvernemental à prélever ne le font plus !!!

Ce qui veut dire que tout ce qui ressemble à une grippe (fièvre et toux) est recensé comme H1N1v.

 

Mais ce que le gouvernement n’avait pas prévu dans sa logique comptable, est que l’épidémie surviendrait plus tôt qu’il ne l’espérait. D’où les empressements voire les avis de panique.

 

Tout cela étant, je pense, je crois et je le redis encore : ce virus est un virus particulier, très contaminant, moins agressif que l’on croyait mais « frappeur » de personnes jeunes et sans antécédents de fragilité.

Et tout naturellement je conseille fortement de se faire vacciner en se rappelant toujours des contre-indications possibles à toute vaccination.

C’est ainsi que je pense que tout antécédent d’ordre dysimmunitaire doit faire réfléchir sur la balance « bénéfice risque ».

Et vous concernant, je vous aurais prescrit (si le gouvernement avait consenti aux  médecins généralistes le droit de prescrire) le vaccin fragmenté sans adjuvant.

 

En conclusion il faut mesurer la balance « bénéfice- risque » et en toute sincérité mais aussi en toute conscience je préconise à chacun de se faire vacciner.

 

J’espère avoir répondu à vos interrogations) et vous remercie encore de votre confiance en vous souvenant de votre ancien médecin de famille.

 

Je vous transmets en pièce jointe un article paru dans la revue Prescrire® (revue indépendante de l’industrie pharmaceutique) du mois de novembre.

 

A Lyon ce 4 décembre

 

Jean-Claude Joseph

www.jcjos.com

Par jcjos - Publié dans : La Santé : un droit pour tous !
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 15:03

Inacceptable, indécent et insultant !

 

Notre système de protection sociale et sanitaire a été fondé sur un principe singulier et noble, mettant ainsi l’épaisseur du portefeuille hors-jeu.

En effet instigué par Pierre Laroque en 1947, le système dit de répartition implique la solidarité pour la maladie et l’accident de travail du bien portant au malade, pour la retraite du jeune actif au retraité, pour l’emploi de celui qui en a vers celui qui à un moment donné de son existence, s’en trouve privé.

 

Depuis quelques années et notamment par la dérive amorcée sous les gouvernements socialistes dans les années 80 avec l’instauration du forfait hôtelier improprement appelé hospitalier, le principe de la solidarité dit de répartition telle que définie supra est bafoué.


Le comble est survenu lors de la campagne présidentielle en 2006 quand l’un des candidats devenu depuis président de la République a osé déclarer sans ciller qu’il n’était pas "inconcevable de considérer  l’assurance maladie comme une assurance automobile" et justifier ainsi la mise en place de franchises dites médicales.

 

C’est ainsi qu’aujourd’hui ceux qui sont souffrants doivent payer parce qu’ils le sont. Déjà est évoquée la suppression de la prise en charge à 100% pour les malades atteints d’affection de longue durée, et aujourd’hui il est confirmé et ce dès janvier 2010, la taxation sous couvert du mot « fiscalisation » des indemnités journalières tant liées aux accidents de travail que pour les maladies professionnelles.

 

Cela est intolérable, inacceptable et insultant pour tous ceux qui lors de leur activité professionnelle ont été accidentés.

 

Le Mouvement Démocrate ne l’accepte pas et sa réaction ne s’est pas faite attendre.

Ainsi jeudi, François Bayrou a exprimé son indignation sur les ondes face à cette nouvelle attaque de notre principe de solidarité conçu en 1947 et qui s’achemine de plus en plus et de manière insidieuse vers le modèle où plus l’épaisseur du portefeuille sera grosse et plus le choix et la capacité du soin se fera.



Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Bayrou.

François Bayrou : Bonjour.

Alain Duhamel a souligné le volontarisme du chef de l'Etat, hier, lors de son intervention télévisée, avant l'ouverture du G20. Ceci vous a-t-il convaincu, François Bayrou ?

Oui, c'était la mise en scène d'une action politique volontariste censée tout changer.

Vous êtes ironique !

La seule question qu'on se pose, c'est qu'est-ce qui change ? C'est les résultats qui manquent et je dirai que les résultats manquent de plus en plus.
 
Il y en aura peut-être, vendredi, des résultats puisque le chef de l'Etat parlait du G20 et de la réunion aujourd'hui à Pittsburgh.

On verra ! Il a beaucoup accentué sur les bonus des traders, comme on dit, c'est-à-dire des gens qui sont dans les salles de marché devant leurs ordinateurs ; mais pour moi, les traders ne sont pas la cause de la crise, ils en sont un symptôme mais pas du tout la cause de la crise. La cause de la crise c'est dans le mélange des genres des banques entre leur travail de protection de l'épargne du consommateur, des comptes en banque de vous, de moi et de tous ceux qui nous écoutent, et les risques insensés pris pour faire de la spéculation. C'est ce mélange-là, protection de l'épargne d'un côté et risques insensés : un jeu comme au casino de l'autre qui a entrainé de la crise. Est-ce qu'on porte remède à ça ? Jusqu'à maintenant, non. Et donc, c'est les résultats qui manquent et je voudrais bien que ce soit aux résultats qu'on s'intéresse.

Sur cette partie-là, on fera le point, demain soir, après le sommet du G20 à Pittsburgh. Le Président de la République a aussi évoqué beaucoup de problèmes de politique intérieure, il a notamment donné son accord au projet de soumettre à l'impôt les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux accidentés du travail. Nicolas Sarkozy a justifié ceci par le souci de l'équité fiscale. Pourriez-vous voter une telle mesure, François Bayrou ?

Sûrement pas. Sûrement pas, parce que ce que Nicolas Sarkozy - et l'UMP qui propose cette mesure - a oublié de dire qu'une personne qui est victime d'un accident du travail, c'est quelqu'un qui perd toute la partie de son salaire lié à l'activité, c'est-à-dire les primes, les heures supplémentaires, s'il en fait, et c'est une partie importante  du salaire sur bien des bulletins de salaire, et il perd 40% du salaire. Les indemnités pour accidents du travail, c'est si je ne me trompe pas, 60% du salaire pendant le premier mois. Eh bien, une personne qui perd toute la partie de l'activité liée à ces primes et 40% du salaire, simplement parce qu'il a été victime d'un accident pour aller à son travail, ou à son travail, il me semble qu'il ne devrait pas être la cible de : impôts nouveaux, et c'est lui qu'on va charger. Vous voyez...

L'argument de l'équité ne vous convient pas ?

Non. Tout se passe comme si en France, c'était toujours les plus fragiles qu'on ciblait. Les accidentés du travail, les mères de famille à qui on a annoncé, je ne sais pas si ça se fera, qu'on supprimait l'allocation pour élever des enfants...

C'est la Cour de Cassation qui a demandé une modification de la législation.

Non, non, pas du tout... Absolument pas. Là, vous évoquez les retraites des mères de famille...

Ah oui, pardon.

Et j'évoquais l'allocation pour éducation des jeunes enfants pendant les trois premières années. Mais ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui ont de très gros salaires, ceux qui ont des revenus et des patrimoines très importants, ceux-là sont protégés par la loi, ceux-là, on a décidé une fois pour toutes qu'on ne leur demanderait aucun effort. Et c'est ce déséquilibre-là, les plus fragiles ou en tout cas, ceux qui ne le méritent pas, ciblés et au contraire, les plus privilégiés protégés que je trouve anormal.

Alain Duhamel le notait, c'est un mot qui, aujourd'hui, est beaucoup commenté. Le Président de la République a utilisé le mot de "coupable" pour désigner les personnes actuellement jugées dans le procès Clearstream. Lapsus ou pas ? Comment avez-vous entendu, reçu ce mot ?

Ah, monsieur Freud aurait dit que c'était un lapsus révélateur. Et révélateur de quoi ? Révélateur de l'ambiguïté de la position qui est celle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire. Il est à la fois, partie civile, c'est-à-dire celui qui a déposé plainte et qui se plaint et le garant de la justice, et même le supérieur hiérarchique du Parquet. Eh bien, ce déséquilibre-là, cette position anormale, elle ne devrait pas être acceptée dans une république qui a des principes.

Vous savez, le Président de la République ne peut même pas être appelé comme témoin devant un tribunal. Il ne peut pas être poursuivi quelque soient les faits qui lui sont reprochés. Il ne peut même pas être appelé ! Il me semble qu'il y a là un déséquilibre qui fait que naturellement, la situation qui est la sienne n'est pas normale.

Et si c'est un lapsus, après tout ça arrive à tout le monde des lapsus  !

Ca arrive à tout le monde.

Ca n'est pas plus grave que cela. La Justice de votre point de vue, peut rendre tout de même ou faire tout de même sereinement son travail ?

Ah j'espère que la Justice est suffisamment indépendante, que les magistrats sont suffisamment indépendants pour ne pas être, comment dirais-je, influencés par une décision de cet ordre. Mais c'est totalement anormal que quelqu'un puisse être partie civile et en même temps, supérieur hiérarchique de magistrats présents dans cette enceinte, des magistrats du Parquet, et en même temps garants à la tête du Conseil supérieur de la Magistrature de tous les magistrats de France.

Le Président de la République a aussi évoqué l'évacuation des immigrés à Calais, mardi. Eric Besson, à votre place, justifiait cette opération par la nécessité de faire appliquer, partout sur le territoire, la loi républicaine. Comprenez-vous comme cela, François Bayrou ?

J'aimerais bien que ce soit ça. Mais annoncer plusieurs jours à l'avance, une opération de police, ça veut dire que vous dites aux passeurs, aux trafiquants : échappez-vous ! Et deuxièmement, cette "jungle", comme on dit, puisque c'est le nom qu'on a donné à cet espace horrible dans lequel ils étaient, ça fait suite à Sangatte. Eh bien, vous vous souvenez Sangatte ? On avait mis en scène, on avait dit que : plus jamais ! Ce qui est frappant, c'est que la jungle c'était pire que Sangatte et que ce qu'on risque d'avoir ça risque d'être pire encore que la jungle.

Il ne fallait pas évacuer ?

Non, il faut garantir des conditions de propreté et de sécurité telles qu'il n'y ait pas d'espace hors droit sur le territoire national ; et dans cet espace qui serait un espace garanti et sûr, alors on pourrait faire œuvre de police, ce qui est nécessaire.

Alba Ventura, journaliste au service "Politique" de RTL, a recueilli une confidence qu'elle n'a pas pu vérifier. Donc je vais le faire en direct, François Bayrou : vous discuteriez avec Georges Frèche, d'une éventuelle alliance pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon !

Eh bien je j'ai pas rencontré Georges Frèche depuis au moins cinq ans.

Et personne, chez vous, ne le rencontre ?

Et personne chez moi, ne le rencontre.

Pas d'alliance MoDem - Georges Frèche ?

Personne, chez moi, ne le rencontre. Je veux dire clairement à tous ceux qui spéculent sur des conversations souterraines, qu'il n'y a pas de conversations souterraines sur ces affaires de régionales et qu'il est clair que ce sera une décision de l'ensemble de notre mouvement, le jour où nous mettrons la question de la stratégie pour les régionales, à l'ordre du jour.

Les pendules sont à l'heure ! François Bayrou était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie
Par jcjos - Publié dans : La Santé : un droit pour tous !
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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 12:06
Ce matin recevant mon Libé quotidien  je suis tombé sur un article de Didier Tabuteau concernant l'Assurance-maladie et sa "réforme".

Une santé moins solidaire
Didier Tabuteau responsable de la chaire santé à Sciences-Po.
Libération QUOTIDIEN : mardi 12 février 2008
 

 Qu’est-ce qu’un demi-euro ou un euro pour se faire soigner ? La question faussement naïve revient régulièrement dans le débat sur les franchises. La modicité de la somme dissimule en réalité un enjeu crucial pour l’avenir de l’assurance-maladie. La Sécurité sociale repose en matière de santé sur une solidarité entre les bien portants et les malades. Il ne s’agit pas, comme en matière de retraite, d’accumuler des durées de cotisations pour bénéficier en retour d’une pension. L’objectif devrait être, pour chacun d’entre nous, de payer cotisations et CSG pendant toute notre vie sans rien recevoir en contrepartie. L’idéal n’est-il pas de vivre toute sa vie en bonne santé et de décéder brusquement à un âge le plus avancé possible ?

La contribution des malades à leurs dépenses de santé, en particulier par l’instauration d’un ticket modérateur, a pourtant été inscrite dès l’origine dans les textes. Or la «responsabilisation» des malades par l’argent, pour reprendre l’argumentation moralisante avancée, a des effets délétères. Elle dissuade les moins fortunés, malgré la CMU, mais aussi nombre de familles aux revenus intermédiaires, de recourir précocement aux soins ou de s’engager dans des démarches de prévention. Sans oublier les renoncements à des appareillages indispensables comme les prothèses dentaires ou auditives. Mais elle n’a que peu d’effets sur les catégories les plus favorisées, qui bénéficient de surcroît des meilleurs contrats de protection complémentaire. Quoi qu’il en soit, le coût supporté par l’usager, directement lorsqu’il n’a pas d’assurance complémentaire ou de mutuelle, ou indirectement lorsqu’il en dispose, ne se résume pas aux montants, encore limités, des franchises. Pour mesurer les effets de la réforme en cours, il faut prendre en compte le «reste à charge» (RAC), c’est-à-dire l’ensemble des sommes dues au-delà du remboursement par la Sécurité sociale. Par exemple pour un acte médical, ce «RAC» ne se limite pas au forfait de 1 euro résultant de la loi de 2004, mais résulte de l’addition de ce forfait, du ticket modérateur de 30 % et d’un éventuel dépassement tarifaire. Pour une consultation d’un médecin généraliste pratiquant les tarifs de la Sécurité sociale, cela représente près de 8 euros sur 22 et pour celle de médecin spécialiste exerçant en secteur 2, tarifée à 50 euros, près de 35 euros ! On est loin du 1 euro brandi par les défenseurs de la réforme.
En outre, l’argument de la responsabilisation financière bute sur les réalités de la dépense de santé. 10 % des assurés, les plus gravement malades, représentent les deux tiers des dépenses. Personne ne peut penser que des hospitalisations ou des chimiothérapies révèlent les excès d’un consumérisme médical ! Quant aux autres dépenses, un tiers du total, elles répondent pour l’essentiel à de véritables besoins sanitaires. La maîtrise des dépenses, si elle est d’une impérieuse nécessité pour garantir la bonne utilisation des deniers sociaux, ne doit pas passer par la pénalisation économique des malades. Insidieusement, l’augmentation du reste à charge peut fissurer les fondements mêmes du système d’assurance-maladie. Demi-euro par demi-euro, la part de la Sécurité sociale dans le remboursement des dépenses de santé, du moins en médecine de ville et en dehors des affections de longue durée, diminue progressivement. A ce rythme, l’assurance-maladie n’assurera bientôt plus qu’une fraction minoritaire de la dépense.
On peut imaginer, dans un scénario catastrophe, qu’à terme ces dépenses courantes soient totalement laissées à la charge des assurés sociaux. Dans cette perspective, accroissements du ticket modérateur, forfaits et franchises peuvent apparaître comme les instruments d’une «politique du salami», qui débite, méthodiquement, par fines tranches successives les renforts de la protection solidaire. Ces mesures font le lit, ingénument ou délibérément, d’une privatisation au moins partielle de l’assurance-maladie. Avec son cortège de risques pour la santé publique et le spectre d’une médecine à autant de vitesses qu’il existe de contrats d’assurance complémentaire. Mais aussi avec la menace d’un encadrement de leurs pratiques sans commune mesure avec les «contraintes» aujourd’hui exercées par l’assurance-maladie. Derrière le développement des franchises et des dépassements d’honoraires, c’est l’avenir de la protection maladie fondée sur la solidarité qui se joue. La lutte contre les gaspillages, pour légitime qu’elle soit, ne doit pas être le paravent de stratégies poursuivant d’autres fins.
Dernier ouvrage paru :Les contes de Ségur, les coulisses de la politique de santé (1988-2006), Ophrys santé, 2006.


Il soulève à mon sens un des points fondamentaux de ce qui est présenté comme la réforme "majeure" de l'assurance-maladie par ce gouvernement et le précédent (ne l'oublions-pas!), la mise au placard de ce qui faisait la spécificité de la prise en charge de la maladie dans notre pays.
Je partage son analyse d'aujourd'hui, même si je pense qu'il participa, alors qu'il était au cabinet de Claude Evin, ministre des affaires sociales de Michel Rocard, à l'éclosion de ce changement d'orientation, sous le couvert  de l'expression " maitrise médicalisée des dépenses de santé" inventée à cette époque et maniée depuis, par tous les gouvernements successifs comme une ligne de vertu pour justifier toutes les opérations de simple ordre comptable. 
L'analyse de Michel Rocard, alors premier ministre et de son ministre des affaires sociales était sous-tendue par cette réflexion publiée dans une interview parue dans Impact médecin du 12 janvier 1990 :
 " Pourquoi le secteur de la santé serait-il celui où les progrès technologiques n'engendrent jamais des gains de productivité mais toujours des coûts supplémentaires ? "
Ainsi pour la première fois et de manière tranchée on abordait la notion de productivité en matière de santé et il fallait donc raisonner dans ce domaine comme dans n'importe quel domaine économique. A cette époque j'animais la COMERLY (COordination des MEdicaux de la Région de LYon) et j'étais aussi un des responsables de la coordination nationale des médecins, créée en réaction à un avenant à la convention médicale  amené en catimini en plein mois d'août 1989. Nous avions vivement réagi à l'époque devant notamment l'utilisation du 49-3 pour faire passer la réforme et la mise en œuvre de conventions séparées et nous estimions déjà dans notre réflexion que nous allions de toutes façons, changer d'orientation dans la prise en charge de la santé qui verrait ainsi la solidarité s'amoindrir au profit de l'assurantiel pur par simple effet pervers.
Je crois que toutes les réformes comptables qui ont suivi, ont gardé comme base cette notion de productivité, oubliant simplement que, au travers des chiffres d'une activité de santé, il s'agissait de considérer des êtres humains souffrants.
Je serai pour ma part plus direct que Didier Tabuteau car je ne crois pas une seule seconde que les mutuelles (l'assurance complémentaire d'aujourd'hui) iront ou pourront de par leur éthique, aller vers une logique assurantielle basée sur le profit. 
Il me semble donc tout à fait logique que le "Reste A Charge" sera alors le créneau d'assurances privées dont le credo n'est pas par essence la solidarité. Il faut se rappeler que les AGF s'étaient engouffrées un peu prématurément dans ce créneau en proposant une  assurance particulière ("Avantage" il me semble et qui prétendait assurer le meilleur intervenant, le meilleur soin, le meilleur hôpital, la meilleure clinique ) sitôt la loi du 13 août 2004 et sa convention médicale du 17 janvier 2005 promulguées.
En effet, la réforme ayant permis la création d'un "vide" (le RAC), la mise en place du système des franchises permet désormais l'installation confortable et désirée d'assurances privées dans ce vide non remboursé par le système d'assurance- maladie obligatoire mais aussi  complémentaire puisque le gouvernement a interdit aux mutuelles de prendre en charge ces franchises. Je voudrais d'ailleurs rappeler que lors de sa campagne de 1995, Edouard Balladur dont le directeur de campagne n'était autre que Nicolas Sarkozy, évoquait la nécessité de souscrire une telle assurance qu'il qualifiait de supplémentaire.  CQFD ?
Ainsi progressivement, insidieusement notre modèle basé sur une solidarité particulière, celle des biens portants aux malades comme le définissait Pierre Laroque en 1947, aura disparu pour laisser la place à un modèle ressemblant étrangement à ce qui peut se voir au pays du Lac Léman.  
 
Espérons que  cette réflexion reprise par  Didier Tabuteau dans son article d’aujourd’hui,  soit  enfin l'objet d'un débat clair et courageux, associant tous ceux qui restent attachés aux principes fondateurs de notre Sécurité Sociale, et notamment dans le cadre des Etats généraux de l'organisation des soins (EGOS) dont la première phase s'est achevée vendredi.   
PS : il est toujours possible de signer la pétition contre les franchises médicales !
Par jcjos - Publié dans : La Santé : un droit pour tous !
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