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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

Bien entendu, il me faut réagir devant cette manipulation des esprits commune aux deux partis dominants qui sont aujourd’hui menacés dans leurs habitudes de partage des pouvoirs depuis 1981.
 
On le voit bien, tant que François Bayrou était à un certain niveau des sondages, il ne pouvait laisser croire à une menace, à cette révolution des esprits qui gagne le pays.
 
Depuis quelques jours, que se passe-t-il au sein des états-majors du Parti Socialiste et de l'UMP ? Une sorte d'effervescence quant à la stratégie à adopter et la meilleure n'est-ce pas, est de faire croire à ce qui n’est pas et ne peut être. Ces manipulations des esprits au travers du mal dit et du non-dit représentent  de surcroît un mépris profond à l’égard des citoyens que nous sommes. Comme si nous ne savions rien de la marche de nos institutions ! Comme si nous n’étions guère capables de réfléchir plus loin que le bout de notre nez !
 
Depuis quelques semaines tant de la candidate du PS que du candidat de l’UMP, nous parviennent des arguments contestant la démarche de François Bayrou.
Ces arguments sont curieusement largement relayés par les média tant audiovisuel qu’écrit et permettent de laisser croire aux citoyens que nous sommes, que ce qui est avancé par l’UMP et le PS serait vrai.
 
En vrac, nous avons pu entendre :
- Bayrou serait le candidat du « ni-ni ».
- Bayrou élu président n’aurait pas de majorité pour gouverner.
- Bayrou président, ce serait ipso facto le retour à la Quatrième République
Et puis aussi la grande question !
Qui Bayrou va-t-il prendre comme premier ministre ? Comme si la personnalisation était l’arme suprême du politique, comme si on ne pouvait avoir de choix que parmi celles et ceux qui gravitent dans les coursives du pouvoir depuis 25 ans. La politique n’a-t-elle donc pas matière dans le débat d’idées ?
 
Je ne m’étendrais pas sur la forme employée par l’UMP et son candidat, ou le PS et sa candidate, pour faire valoir leurs points de vue. Je sais depuis longtemps leur façon de critiquer ceux qui ne sont pas de leur bord, leur ostracisme méprisant à l’égard de toute novation, mais leur attitude est d’une violence inouïe et d’un mépris assez extraordinaire. On peut bien sûr laisser dire que cette violence est naturelle s’agissant d’une « bataille électorale » mais est-ce sain pour la démocratie ?
Avez-vous entendu comme le candidat de l’UMP s’est gaussé du « candidat au tracteur » ? Comme si travailler la terre rendait de facto inapte à la fonction présidentielle. Quel mépris pour les électeurs!
Remarquez-vous comme la seule tactique de la candidate du PS est de diaboliser le candidat de l’UDF et de faire croire aux électeurs que donner leur voix à Bayrou serait la donner à la droite ? Quel mépris pour les électeurs !
 
Ainsi pour eux, Bayrou serait le candidat du « ni-ni ».
Rappelons-nous que cette expression fut magnifiée par François Mitterrand lors du débat entre les deux tours de la présidentielle de 1988 l’opposant à Jacques Chirac. C’était « ni nationalisation – ni privatisation » ! Déjà Chirac évoquant ce « ni-ni » laissait croire que ce serait l’immobilisme. Qu’en est-il advenu ? Honnêtement ? La France a-t-elle été immobile ? Il y eût simplement une autre façon de gouverner sans dogme cette fois.
Aujourd’hui on veut nous faire croire à la nécessité absolue d’une droite identifiée et d’une gauche identifiée. On veut nous faire croire que l’UMP et le PS en sont « naturellement » les représentants ? Mais quand même est-ce oublier ceux qui s’en réclament et qui s’en situent tangentiellement ? On veut nous faire croire que hors de cet affrontement « droite - gauche » il n’y aurait point de salut, mais pour qui, pour quoi ?
Alors quand il est dit que Bayrou n’aurait pas de majorité pour gouverner, la question ne mériterait-elle pas d’être posée aussi au candidat de l’UMP et à la candidate du PS ?
Bien sûr le candidat de l’UMP peut se prévaloir de la majorité qui existe aujourd’hui à l’assemblée nationale. Mais n’est-ce pas un peu court comme argument ? Qui peut croire sincèrement que cette majorité sera reconduite ? Qui a déjà oublié les soubresauts de la vie parlementaire depuis 2002 ? Qui a déjà oublié les évènements qui ont bousculé la cohésion de notre pays depuis deux ans (émeutes des banlieues, rejet du TCE, manifestations d’une jeunesse estimant être la laissée pour compte de la nécessaire cohésion nationale) ?
Et s’agissant du PS et de sa candidate, cette question est encore plus vraie. Pourront-ils continuer les alliances comme autrefois et faire comme si on pouvait tout oublier et notamment les clivages idéologiques en leur sein entre les socio démocrates, les socio libéraux, les étatistes ou souverainistes et encore les alter, les antilibéraux ? Qui a déjà oublié les déchirements au sein du PS avec l’exclusion notamment de Laurent Fabius du Secrétariat national après le référendum ? Qui a déjà oublié les déchirements occasionnés par la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002 ? Pourront-ils échapper au nécessaire aggiornamento de leur mouvement ? A qui peuvent-ils faire croire que tout est résolu sous couvert d’une candidature marquée par le rayonnement de l’image ?
 
Ne peut-on craindre que les législatives ne donnent une majorité claire tant au candidat de l’UMP qu’à la candidate du PS ?
Peut-on croire que les aspects programmatiques en guise de promesse, de l’une ou l’autre, suffiront à résoudre les ressentis, le vécu de chacun d’entre nous  et permettront une majorité claire?
 
Cet aspect de la majorité parlementaire est important, si important que le  PS et l’UMP persistent à faire croire que « naturellement » il ne peut y avoir que ce qui a déjà rythmé la vie politique depuis 25 ans. Un « naturel partage des affaires du pays » entre leurs deux partis.
S’agissant de l’UMP qui se réclame « gaulliste », il me semble curieux qu’il ait volontairement oublié les fondamentaux de la Constitution de la Cinquième République, en laissant croire que ce serait le retour à la quatrième république. S’agissant de celle-ci, c’est oublier assez facilement que sous cette république de nombreuses avancées ont été menées (la reconstruction du pays après guerre, la mise en place de la sécurité sociale inscrite comme droit dans la constitution, le droit de vote des femmes, le début de la décolonisation, la construction de l’Europe avec le traité de Rome entre autres). Mais si la sixième ne sera pas a priori comme la cinquième, la cinquième n’est pas comme la quatrième. En effet la Constitution indique que le président est élu au suffrage universel afin de mener à bien le projet présenté au peuple et pour lequel il a été élu. Notre constitution donne ainsi la primauté au Président de la République. Par ailleurs on peut constater que le peuple marque sa cohérence en donnant une majorité législative au Président nouvellement élu. On voit mal comment ce qui fut vrai pour François Mitterrand ou Jacques Chirac ne pourrait l’être pour François Bayrou. Ou alors doit on envisager que le candidat de l’UMP et la candidate du PS jugent les français incohérents ?
 
On comprend mieux aujourd’hui pourquoi il a été si difficile de modifier le calendrier des élections législatives. Rappelez-vous ! Lors de l’adoption par référendum en l’an 2000 du quinquennat, il est apparu que les élections législatives se produiraient avant l’élection présidentielle. Or cette modification institutionnelle avait été imaginée et proposée pour justement éviter la cohabitation.  Ne pas changer l’ordre des élections était donc un calcul tactique pour le RPR qui allait devenir l’UMP, mais  aussi pour le PS, car ces deux partis pouvaient sans risque continuer de gouverner ou présider, s’arrangeant entre eux, comme avant, comme toujours.
Je me souviens que François Bayrou avait surpris l’opinion en qualifiant ce calendrier de « dingo » suscitant au passage la morgue et le mépris de ceux qui composent la majorité actuelle. Je crois que c’est vraiment à ce moment là qu’il a marqué sa différence en tapant enfin du poing sur la table, en se révoltant contre un ordre établi.
 
Mais devons-nous en rester  à ces calculs, à cette petite cuisine ? Un projet de rassemblement est proposé, rassemblement pour l’ambition de vivre ensemble sans ostracisme, sans dogmatisme.
N’est-il pas temps de se regarder, de se parler, de s’entendre et de nous forger un destin commun ?
Alors plus que le « ni – ni », n’est ce pas le « et – et » ou le « plus – plus » qu’il faut envisager au travers de la candidature de François Bayrou ?
Si l’expression « prendre les meilleurs de chaque camp » me parait un peu simpliste, je crois qu’il est indéniable que face à un projet clairement identifié, face à un intérêt commun, celui de notre cohésion, il est possible et souhaitable de se regarder, de s’entendre, de se parler et d’apporter nos compétences d’où que l’on vienne, à notre destin commun.
Ce que propose François Bayrou est une démarche qui ne se fige pas dans des habitudes, dans un confort d’habitude. La vie est mouvement et cette démarche enfin proposée au peuple bouleverse effectivement nos habitudes, notre petit confort d’habitudes.
Cette démarche est une démarche de progrès en opposition au « conservatisme argumenté » par l’UMP et le PS. Un conservatisme qui se résume à quelques expressions «  ne changeons rien à ce qui se passe depuis 81 » ou encore « gardez les mêmes et faites nous confiance ».
 
Bouleverser cet « ordre établi et empirique » demande du courage, un courage sincère et personnel.
En laissant croire que cela n’est pas possible, la candidate du PS et le candidat de l’UMP estiment de fait que nous, citoyens de France, n’aurions pas de courage, ce courage là !
En laissant croire que cela n’est pas possible, la candidate du PS et le candidat de l’UMP estiment de fait que nous, citoyens de France, serions incapables de voir plus loin que le bout de notre nez !
En laissant croire que cela n’est pas possible, la candidate du PS et le candidat de l’UMP méprisent de fait ceux qui chaque jour démontrent leur capacité, quelque soit leur « étiquette », à faire des choses ensemble et pour le bien commun.
 
François Bayrou dans sa candidature exprime cette foi dans notre capacité à rompre avec notre confort d’habitudes.
François Bayrou dans sa candidature exprime cette foi dans notre courage, dans notre volonté de dépasser nos anciens clivages pour vivre mieux et ensemble,
Il me semble évident qu’une fois élu,  une majorité se formera autour de lui, une majorité regroupée non pas en fonction d’un quelconque intérêt personnel mais pour permettre au président nouvellement élu de mettre en oeuvre le projet de vie présenté au peuple français et adopté par lui.
 
Mais et c’est ce que redoutent tant le PS et l’UMP, la décomposition de ce qui a été commencera dès les résultats du premier tour. Cela est d’une évidence ! Et je crois que c’est ce qui explique la violence de leurs attaques envers François Bayrou. Ce n’est pas dans un souci de démocratie mais juste dans la préservation de leurs habitudes et de leur petit confort.
Je me dis aussi, en pensant à tous ceux qui, dans ces deux formations ne peuvent s’épanouir, que qualifier Bayrou au second tour, permettra de rendre un signalé service à ces deux formations aujourd’hui en fin de cycle en les obligeant à procéder enfin à leur aggiornamento.
Ainsi la recomposition pourra-t-elle enfin se réaliser en réunissant ceux animés par le Progrès et laissant dans d’autres marques ou étiquettes les conservateurs qu’ils soient de l’ancienne droite républicaine ou de l’ancienne gauche dite de gouvernement.
 
En ce sens la qualification de François Bayrou au second tour est aussi synonyme de Mouvement et de Progrès.
 
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