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Le blog de Jean-Claude JOSEPH

Ce matin dans Marianne, un très bel article écrit par son directeur adjoint, à la rédaction, Jack Dion.

Force est de constater que ces analyses pour autant justes et pertinentes  arrivent en retard. 

Nous verrons si leçon aura été comprise en 2017 !

Medias et "intellectuels bien pensants" ne font comme si le lambda n'avait guère de substantifique moelle, en imposant leur propre vision et en confisquant le nécessaire débat !

Jack Dion de Marianne dans son article fait un parallèle avec le Brexit, le non au TCE alors que d'entrée de jeu,  il était admis que l'inverse était flagrant si un peu de réflexion certes terre à terre avait été de mise.

J'aurais volontiers fait un parallèle avec l'évidence du "oui au quinquennat" imposé par ces bons esprits en 2000. Nous en voyons aujourd'hui ses limites pour ne dire son incongruité.

Nous constatons  également que nulle réflexion n'est faite quant à la pertinence de primaires ouvertes et sa non-conformité constitutionnelle à mes yeux quant au mode électoral des élections présidentielles.

Le premier tour de ces élections n'est-il pas de fait une primaire ?

Ainsi le peuple est forcé de prendre part, même à  son corps et esprit défendant à ce qui ne devrait être qu'une affaire interne aux partis et réservé à leurs seuls encartés.

Comme en 2002, ces "politiquement corrects", nous définissent et nous imposent  des prétendants évidents à leurs seuls yeux, au trône.

C'est oublier la réalité, celle que subissent tant de concitoyens qui n'ont plus aucune espérance et qui enragent jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année de ne payer que davantage sans jamais rien espérer en retour de leurs euros versés.

Mon opposition aux primaires qui faussent ipso facto le débat permis par le premier tour des présidentielles, n'est pas nouvelle.

Autoriser des primaires dites ouvertes  c'est tourner le dos au principe du premier tour de la présidentielle.

Je n'avais eu de cesse d'en dénoncer les travers lors de la première mouture, permettant à Madame Royal d'être la candidate du parti socialiste.

A cette heure  est admise la pertinence des primaires de la droite conservatrice (je dis bien "la droite" car il s'agit bien de cela, le vocable centre n'étant qu'un cache sexe destiné à calmer quelque autre velléité).

Je regrette que le parti auquel j'appartiens se prête à cette mascarade, même si son président François Bayrou affirme jour après jour qu'il n'y participera pas n'étant pas adhérent de ce parti associé à son affidé l'UDI (Union des Désirs Inassouvis).

Quelle cohérence entre les dires de son leader et la réalité des fédérations du Mouvement Démocrate, qui confisquant le nécessaire débat militant n’assure que la promotion d'une participation à ces primaires de droite en soutenant celui qui fut le secrétaire général puis le président du RPR.

N’est-ce pas oublier que la seule doctrine de ce parti s'agissant de ceux que l'on qualifie de centristes est celle-ci ?

"Les centristes on les roule dans la farine et on les fait frire" (Jacques Chirac, fondateur du RPR)

Cela étant, je ne jouerai pas l’esprit naïf et j’ai bien conscience qu’au-delà de la réalité de la présidentielle, se jouent d’autres calculs à plusieurs bandes et en particulier l’espérance d’un siège !

Nous revoici ainsi dans de simples petits calculs personnels.

Croire que ces calculs ne puissent être perçus par le « vulgum  pecus », c’est autoriser un vote que l’on affirmera après coup qu’il ne pouvait être prévisible.

ce 9-XI-2016

jcjos

Pourquoi ils n’ont rien compris au phénomène Donald Trump

Mercredi 09 Novembre 2016 à 11:40

Jack Dion

Directeur adjoint de la rédaction de Marianne

Dans les médias, après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, c’est la sidération, comme si rien ne laissait prévoir ce résultat. Pourquoi une telle cécité ?

Dans les médias, il n’est question que de séisme, de tremblement de terre, de 21 avril à l’américaine, voire de « 11-Septembre politique », comme on peut le lire dans Mediapart

Certes, nul ne peut se réjouir de l’élection de Donald Trump, un homme qui est à la politique ce que Bernard Tapie est aux affaires, DSK au féminisme, ou Jérôme Cahuzac à la morale. 

On a beau avoir connu, avec Ronald Reagan, un ex-cow-boy de l’écran à la Maison-Blanche, puis avec George W. Bush, un président capable d’envahir un pays (l’Irak) au prix d’un mensonge d’Etat, on ne pouvait imaginer qu’il était possible de tomber plus bas.

Eh bien c’est fait, malheureusement. Mais si Donald Trump l’a emporté alors qu’il avait contre lui les médias, les experts, les marchés, les sondeurs, les intellectuels et les vedettes du show-biz, c’est en raison d’un séisme que toutes ces bonnes âmes ont préféré ignorer, à quelques exceptions près, dont Bernie Sanders et ses supporters, ce qui n’est pas rien.

Le retour du réel

Sur les ondes de France Inter, quelques heures après l’annonce de la déflagration, on a entendu l’éditorialiste du journal Les Echos, Dominique Seux, lancer sur un ton attristé : « Qu'avons-nous fait pour en arriver là ? » 

Ce que l’« on » a fait, c’est que l’on a écouté trop longtemps sans réagir Dominique Seux et ses clones, ces gens qui répétaient en boucle que la crise n'était plus qu'un mauvais souvenir aux Etats-Unis, que la croissance était repartie de plus belle, que le modèle américain pétait la forme, qu'il était temps pour les autres de s'en inspirer, et que pour toutes les raisons susdites, Hillary Clinton ne pouvait que gagner. 

On connaît la suite. Elle s’appelle le retour du réel.

Le réel, c’est un pays en proie à la plus grave menace d’éclatement social et culturel depuis les années 30. Le réel, c’est une explosion sans précédent des inégalités. Le réel, c’est l’abîme qui sépare les privilégiés et les élites mondialisées. Le réel, ce sont des usines fermées, des entreprises délocalisées, des emplois raréfiés, des salariés déprimés, et des électeurs frustrés.

Le réel, c’est une immigration massive (11 millions de clandestins sans doits et sous-payés !) encouragée par le patronat pour accentuer le dumping social et la guerre des pauvres contre les pauvres. Le réel, c’est le bide de l’ère Obama à l’exception de l’Obamacare, qui a joué de son image pour faire oublier un bilan se ramenant à un grand vide.

Le réel, c’est le rejet de la famille Clinton, considérée à tort ou à raison comme le symbole de l’entre-soi, de l’arrivisme et du copinage. Le réel, enfin, c’est un candidat qui a surfé sur toute ces frustrations pour l’emporter alors qu’il est lui-même le représentant type de l’Amérique du fric.

Clinton, un discours convenu et rejeté

Le réel, c’est un Donald Trump que l’on a réduit à ses propres outrances - ce qui n’est guère compliqué - en oubliant que sur nombre de sujets (la folie du libre-échange, les délocalisations, la misère ouvrière, le rejet de l’élite), il a su développer une démagogie d’autant plus efficace qu’en face, Hillary Clinton s’est contentée de reprendre un discours convenu, attendu et rejeté. 

Cette dernière est même allée jusqu’à traiter les électeurs de Trump de personnes « pitoyables », étalant ainsi un mépris de classe qui n’a sans doute pas été pour rien dans sa déroute. Sans doute n’en serait-on pas là si Bernie Sanders avait été le candidat démocrate, mais l’Histoire en a décidé autrement.

Et voilà comment on en est arrivé à un résultat que les experts en tout et en rien n’ont pas vu venir, car eux-mêmes vivent dans une bulle. 

Tout comme ils ont été incapables de prévoir le Brexit, ou quelques années plus tôt la victoire du non au traité constitutionnel européen en 2005, il était inconcevable à leurs yeux qu’un homme aussi détestable que Donald Trump puisse l’emporter. Toutes proportions gardées, c’est la même cécité qui les conduit à ne rien comprendre au phénomène Le Pen en France, lequel n’est pas sans analogie avec l’effet Trump. 

Face à la colère qui conduit nombre de citoyens déboussolés à se tourner vers le FN, ils se contentent encore trop souvent de condamnations morales, sans prendre en compte un mouvement de fond qui se joue des barrières de la diabolisation.

Mieux vaudrait s’en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard.

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